Cabu swing : souvenirs & carnets d'un fou de jazz

Cabu swing : souvenirs & carnets d'un fou de jazz

, quelle place tiennent les livres dans votre vie ?

À Berlin, sur la place où ont eu lieu les autodafés de 1933, ils ont creusé un puits recouvert d'une glace. A travers on peut voir des étagères comme dans une librairie, mais sans aucun livre. Ca fait un effet terrible. Les livres, ce sont des marqueurs de la démocratie : plus il y en a, plus on respire.

Quatrième de couverture

Cabu aime le jazz, le «jazz qui déménage», celui qui transporte, pas celui qui «donne envie de se jeter dans la Seine» ! Et quand il swingue, Cabu dessine, parfois dans le noir, souvent debout, de préférence en rythme, le pied battant la mesure.

Ses premiers reportages musicaux, pourtant, il les fait pour Hara-Kiri dans des cabarets parisiens où se produisent les jeunes chanteurs de l'époque (Brel, Boby Lapointe, Gainsbourg...). Mais, à la mélancolie de la chanson française, il préfère de loin la joie de vivre du swing, de Trenet aux jazzmen américains.

C'est plus tard, notamment pour Charlie Hebdo, qu'il commence à arpenter les festivals et les salles de concert, rencontrant les personnages mythiques du jazz comme Cab Calloway, Lionel Hampton, Count Basie, Duke Ellington...

Ce recueil, à travers des centaines de dessins et de nombreux reportages réalisés depuis cinquante ans, nous dévoile le parcours de Cabu dessinateur de jazz. On le découvre ici reporter musical, chroniqueur radio sur TSF JAZZ, illustrateur de pochettes de disques.

Témoin de l'époque des monstres du jazz aujourd'hui disparus, Cabu nous livre ici un morceau d'histoire et un hommage au swing.

Le jazz, Cabu est tombé dedans quand il était petit. Il a toujours été fasciné par les bigbands, le swing, le jazz qui déménage. Il y est arrivé par Trenet, son idole, puis s'est formé au reportage en croquant toutes les stars des années 60 pour Hara Kiri : Brel, Johnny (qu'il ne supporte pas), les yéyé...

Mais, à la mélancolie de la chanson française, il préfère de loin la joie de vivre du swing. Pour Charlie Hebdo, il arpente alors les festivals et les salles de concert, rencontrant les personnages mythiques du jazz (Cab Calloway, Lionel Hampton, Count Basie, Duke Ellington...) et rapportant des centaines de dessins.

Cabu, témoin de l'époque des grands du jazz aujourd'hui disparus, nous livre un morceau d'histoire. Ce recueil, à travers l'essentiel de ses reportages depuis les années 50 à ses travaux contemporains, nous montre aussi comment le jazz a pu nourrir le dessinateur. Il illustrera ensuite des albums, des pochettes de disques, reproduites dans Cabu swing.

Aujourd'hui, il participe chaque jeudi matin sur TSFJAZZ à l'émission de Laure Albernhe.

Cabu est dessinateur à Charlie Hebdo et au Canard Enchaîné. Célèbre pour son Grand Duduche et sa participation à Récré A2 avec Dorothée, il est l'auteur de nombreux albums de reportages.
On le découvre ici reporter musical, chroniqueur radio sur TSFJAZZ avec Laure Albernhe, dessinateur de pochettes de disques, inconditionnel de swing.

Extrait de Cabu swing : souvenirs & carnets d'un fou de jazz

Un big band, c'est à dix-sept musiciens, trois selon la police...
PIERRE BOUTEILLER

Un musicien de jazz connaît mille notes et il joue devant vingt personnes, un musicien de rock connaît trois notes et il joue devant mille personnes
MANU CHAO

LE JAZZ QUI DÉMÉNAGE

J'ai grandi dans la petite ville de Châlons-sur-Marne, aujourd'hui rebaptisée Châlons-en-Champagne, jugé plus chic. Les occasions de sortir étaient rares, mais, chaque mois, les Jeunesses musicales de France (JMF) organisaient une soirée au théâtre municipal. C'était un véritable événement : j'y assistais aussi souvent que possible.

En 1952, 1953 et 1954, entre la quatrième et la seconde, je suis allé les voir. Ma mère m'accompagnait. Elle aimait la musique classique. Mon père appréciait presque exclusivement Tino Rossi, que je considérais comme le représentant de la «chanson gnangnan». Je n'ai d'ailleurs jamais compris comment Tino pouvait tant plaire aux femmes. C'était peut-être sa voix qui les titillait. Heureusement, il laissait ma mère de marbre.

Jack Diéval, pianiste de jazz jouant en trio, a intégré les JMF en 1952. Son passage au théâtre municipal a sûrement constitué mon premier contact avec le jazz, mais ça ne m'a pas passionné. La même année, j'ai aussi assisté à un concert de Jacques Loussier, invité par les JMF. Il a joué Bach en jazz, et je n'ai vraiment pas aimé.

À ce moment-là, Jean-Marie Boëglin (qui a publié mes premiers dessins dans L'Union de Reims en 1954), un journaliste de Châlons, m'a fait découvrir le premier album de Georges Brassens, sorti en 1952. C'était un disque choquant pour l'époque. La chanson Le Gorille, par exemple, était interdite à la radio nationale.