Les plus belles histoires de Pilote. Les années 70 : 1970-1974

Les plus belles histoires de Pilote. Les années 70 : 1970-1974

Quatrième de couverture

«Mâtin, quel journal !» En ce temps-là, l'hebdomadaire Pilote ne s'amusait pas seulement à réfléchir : il s'amusait aussi à publier, en plus des séries «À suivre» qui ont fait sa renommée, de nombreux récits complets signés par ses plus grands auteurs. Sous une superbe couverture de Jean Soie à l'esprit underground en hommage au grand Robert Crumb, cette anthologie propose une sélection d'histoires courtes publiées entre 1970 et 1974, année où Pilote abandonne sa périodicité hebdomadaire pour, sous la houlette de Guy Vidal et la responsabilité bienveillante de René Goscinny, devenir un mensuel.

Ils sont tous là. D'Alexis à Gotlib, de Fred à Mandryka, de Claire Bretécher à Jean Giraud ou de Philippe Druillet à Pierre Christin et Jean-Claude Mézières (la liste est longue, qu'ils nous pardonnent de ne pas les citer tous !), les dessinateurs et scénaristes qui ont fait la réputation de Pilote sont réunis dans ce recueil. Le lecteur retrouvera avec plaisir et nostalgie des publicités d'époque, dont la fameuse pub pour le dentifrice Ultra Brite dont Jean Giraud s'est inspiré pour dessiner la couverture de Chihuahua Pearl. Mais aussi des annonces pour des albums à paraître, des nouvelles illustrées et des illustrations en pleine page, à l'image de ce superbe portrait de Jimi Hendrix réalisé par Jean Soie ; et même un roman-photo, Les Écumeurs du Montana, mis en scène par deux fameux pistoléros. Jean Giraud et Jean-Claude Mézières !

Le patrimoine du 9e art. Surtout, ce même lecteur aura le plaisir de relire (ou de découvrir, selon la génération à laquelle il appartient) quelques récits complets qui sont aujourd'hui inscrits au patrimoine de la bande dessinée. Comme La Déviation de Jean Giraud, sous lequel commençait à poindre le style d'un certain Moebius, de savoureux extraits de la Rubrique-à-brac signés Gotlib ou un Dialogue de Claire Bretécher qui annonce ses célèbres Frustrés. Sans oublier les planches de Patrice Leconte qui n'était pas encore le réalisateur à succès de films comme Les Bronzés ou Tandem... À travers une centaine de récits courts et plus de deux cents pages, ce véritable best of du Pilote des années soixante-dix succède au volume consacré à la décennie précédente. Comme dirait l'un des personnages «crumbiens» dessinés sur la couverture, reconnaissable au signe de la paix et à une drôle de cigarette qu'il tient dans la main gauche : «Le pied !»

Extrait de Les plus belles histoires de Pilote. Les années 70 : 1970-1974

PILOTE, LA MACHINE À REMONTER LE TEMPS

Après le recueil consacré aux années 1960 paru l'année dernière, nous avons reçu de nombreux témoignages nous incitant à éditer un recueil d'histoires parues durant les années 1970 dans Pilote.

C'était inutile car nous nous étions déjà plongés dans ce vaste chantier, ressortant les «vieux» numéros de Pilote, précieux témoins de notre propre passé !

Les seventies constituent des années où l'effervescence était à son paroxysme. Aux côtés des grands noms de la bande dessinée déjà présents dans le magazine, de nouvelles signatures apparaissent. Elles allaient à jamais marquer l'histoire de la bande dessinée : Bilal, Druillet, Tardi, F'murrr, Ribera, Dionnet, Solé, Goetzinger, Pétillon, Forest, Caza, Clavé, etc.

Choisir au milieu de ces trésors fut cornélien, d'autant qu'il s'agit d'une sélection d'histoires courtes et que, une quarantaine d'années plus tard, certaines oeuvres ont connu un destin éditorial parfois complexe.

Nous avons également volontairement arrêté la sélection, pour ce recueil, à l'année 1974. Faute de place, bien entendu, mais aussi parce que cette année correspondait à un virage décisif pour Pilote : c'est en effet au numéro 760 que la formule hebdomadaire s'est interrompue pour laisser place à une nouvelle formule mensuelle.

Pilote était définitivement devenu le magazine de référence, le premier à proposer une bande dessinée pour un public «adulte». Les années 1970 et le passage à la formule mensuelle ont entériné cette philosophie éditoriale. Oui, un journal de bande dessinée pouvait être intelligent et drôle, impertinent et novateur.

1974 est aussi l'année où l'immense René Goscinny avait passé le flambeau de rédacteur en chef - tout en restant très présent - à celui qui allait désormais incarner l'âme de Dargaud : Guy Vidal.

L'Editeur