Solo : une nouvelle aventure de James Bond

Solo : une nouvelle aventure de James Bond

Quatrième de couverture

1969. Espion chevronné, membre surdoué des services secrets de Sa Majesté, James Bond célèbre ses quarante-cinq ans avec une mission peu ordinaire : mettre un terme à la guerre civile qui déchire le Zanzarim, petit pays d'Afrique occidentale. Aidé par la ravissante Grâce mais piégé par les forces rebelles, il est grièvement blessé. Dès lors, il ignore les ordres de M, son énigmatique patron. Poussé par un désir téméraire de vengeance, il s'engage en solitaire dans une folle aventure, qui l'emmène à Washington. Il y découvre un réseau d'intrigues géopolitiques et devient le témoin d'autres atrocités.
007 tient sa revanche. Mais aura-t-il vraiment raison de son ennemi, l'homme aux deux visages ?

William Boyd, né à Accra (Ghana) en 1952, a étudié à Glasgow, Nice et Oxford, où il a également enseigné la littérature. Il est l'auteur de cinq recueils de nouvelles, récits ou essais, et de douze autres romans abondamment couronnés. Avec sa femme, il partage son temps entre la Dordogne et Chelsea, à deux pas de l'adresse londonienne de James Bond.

«Un triomphe ! Bond est de retour.»
The Observer

«Il faut bien du courage pour endosser l'habit de lan Fleming. William Boyd s'en tire à merveille.»
The Independant

«Une brillante imitation, qui surpasse parfois l'original !»
Robert McCrum

«Le suspense nous tient en haleine jusqu'à la dernière ligne. Mission accomplie !»
Financial Times

Les coups de coeur de la presse

Ce livre est recommandé par :
Philippe Lançon - Libération du 10 avril 2014
Christine Ferniot - Télérama du 5 mars 2014
Bernard Pivot - Le Journal du Dimanche du 2 mars 2014
Baptiste Liger - Lire, mars 2014

Extrait de Solo : une nouvelle aventure de James Bond

Les responsabilités commencent dans les rêves

James Bond rêvait. Chose curieuse, il sut aussitôt où et quand le rêve prenait place : pendant la guerre en Normandie alors que, très jeune, il marchait le long d'un sentier encaissé, un chemin de terre entre deux haies d'épines noires. Dans son rêve, à un tournant, il apercevait sur le bas-côté de la route boueuse, au creux d'un fossé peu profond, les corps détrempés de trois parachutistes anglais, les uns sur les autres. Choqué, il s'arrêtait d'instinct pour les regarder - le tas inerte qu'ils formaient aurait pu passer pour une bizarre levée de terre, une grosse excroissance végétale en train de pousser là, et non pour trois êtres humains -, mais un hurlement furieux venu de l'arrière lui ordonna d'avancer. Dans un champ, au-delà du fossé, un fermier derrière ses deux chevaux de trait labourait sa terre comme s'il n'y avait pas la guerre et que ces morts et cette petite patrouille de commandos remontant tant bien que mal, l'oeil aux aguets, l'allée menant à sa ferme, n'avaient rien à voir avec sa vie ni son travail.
Bond se réveilla et se redressa dans son lit, agité et troublé par ce rêve, son intense vivacité et son étrange précision. Son coeur battait très fort, aussi fort que lorsqu'il marchait le long de ce sentier boueux, droit vers son but, après avoir dépassé les parachutistes morts. Il songea à la date. Il pouvait la situer très exactement : c'était en fin de matinée, le 7 juin 1944, le lendemain du Débarquement, le jour J plus un. Pourquoi rêvait-il de la guerre ? Il s'aventurait rarement dans la forêt hantée que constituaient ses souvenirs de cette époque. Il se passa les mains dans les cheveux, avala sa salive, la gorge sèche, irritée. Trop d'alcool hier soir ? Il prit le verre d'eau à son chevet et but quelques gorgées. Puis se rallongea et repensa aux événements du 7 juin 1944.
Il sourit en son for intérieur, se glissa hors du lit et se dirigea tout nu vers la salle de bains adjacente. Le Dorchester avait les douches les plus puissantes de Londres et, sous la piqûre presque douloureuse des jets d'eau, Bond sentit les souvenirs traumatisants de cette journée de 1944 se dissoudre lentement et disparaître. Il tourna le robinet d'eau froide à fond pour les dernières vingt secondes, puis songea à son petit déjeuner. Le prendrait-il dans sa chambre ou en bas ? En bas, au restaurant, décida-t-il, tout serait plus frais.
Il se rasa et mit un costume en laine peignée bleu foncé avec une chemise bleu pâle et une cravate en tricot de soie noir. Alors qu'il ajustait le noeud, d'autres détails de son rêve lui revinrent spontanément à l'esprit. Il avait eu dix-neuf ans, lieutenant du Service de renseignement de la Marine, détaché en qualité d'«observateur» à Brodforce, une section de l'Unité d'assaut 30, un commando d'élite chargé spécialement de s'emparer des secrets de l'ennemi - documents, dossiers et dispositifs de codage -, tout le butin légitimement récupérable après la bataille. Bond était en fait à la recherche d'une nouvelle machine à chiffrer de la Wehrmacht, et espérait que leur attaque surprise en devancerait la destruction.