Transform : l'enseignement du projet de reconversion, transformation, réhabilitation au sein de l'Ensa Normandie

Transform : l'enseignement du projet de reconversion, transformation, réhabilitation au sein de l'Ensa Normandie

Quatrième de couverture

TRANS-FORM

L'enseignement du projet d'architecture de reconversion/ transformation / réhabilitation au sein de l'Ensa Normandie

La TRANS-FORM (ation) de l'architecture existante n'est pas seulement une affaire de spécialistes et de techniciens, mais bien une discipline profondément ouverte sur notre quotidien. L'Ensa Normandie s'est emparée de cette question depuis 1999 en interrogeant le patrimoine industriel, les typologies de l'habitat urbain et l'architecture des Trente Glorieuses, représentatifs des enjeux urbains et paysagers du territoire normand.

Progressivement, les enseignements se sont structurés en formation initiale, dans le cycle master autour de cours magistraux de théorie, de trois ateliers-projets (S 07, S 09 et S10), d'une thématique éponyme, et plus spécifiquement dans une formation post-diplômante, le Master Diagnostic et Réhabilitation des Architectures du Quotidien (DRAQ) en partenariat avec l'Université du Havre, pour ouvrir la voie d'une véritable identité de l'Ensa Normandie.

À lire comme un guide pratique pour les étudiants, les enseignants et tous ceux qui sont soucieux du cadre de vie et de l'architecture, l'ouvrage, enrichi d'illustrations des travaux d'étudiants, développe une méthodologie du projet de réhabilitation qui s'appuie sur le corpus des enseignements diversifiés de l'Ensa Normandie.

Extrait de Transform : l'enseignement du projet de reconversion, transformation, réhabilitation au sein de l'Ensa Normandie

HISTORIQUE ET DÉCLINAISON DES ENSEIGNEMENTS DE LA RÉHABILITATION

«La destination et la fonction des édifices sont les conditions passagères de l'architecture»
Auguste Perret

Un cycle de séminaires, organisé par la Direction de l'architecture et du patrimoine (DAPA) en 2002 dans différentes écoles d'architecture, et coordonné par Jean-Michel Knop, avait réuni divers spécialistes de la question de l'enseignement de la réhabilitation (publication «projeter l'ancien»), discipline alors absente de la plupart des écoles d'architecture en France, et réservée, sous la forme de post-diplômes, à quelques institutions axées principalement sur les monuments historiques (École de Chaillot, École d'Avignon, etc.), malgré le fait que ce secteur était déjà majoritaire dans l'activité du bâtiment, et que la réhabilitation était inscrite clairement dans les textes de la réforme de l'enseignement. L'une des principales questions avait été de définir si cet enseignement relevait de la formation généraliste de l'architecte en cycles licence et master, ou si elle relevait d'un enseignement spécialisé. Cette problématique s'est traduite concrètement à l'Ensa Normandie par un processus échelonné sur plusieurs années, sous la forme de deux formations, l'une de base, intégrée au cycle master général (une coloration «réhabilitation»), l'autre distincte et spécifique, le Master DRAQ. (diagnostic et réhabilitation des architectures du quotidien), ces deux modules étant articulés sur des enseignements partiellement mutualisés dans un atelier-projet et certains cours spécifiques.

L'Ensa Normandie, à partir notamment de la création du Master DRAQ, a formé de nombreux étudiants au projet de réhabilitation. La mise en synergie dans un même enseignement d'étudiants de formation architecturale (Ensa Normandie et autres écoles d'architecture françaises et étrangères) et de formation scientifique (étudiants en génie civil, issus principalement de l'Université du Havre), au sein du Master DRAQ, permet de croiser des cultures différentes sur un même objectif de projet, avec la prise en compte de divers paramètres, rarement pris en compte dans les écoles d'architecture, notamment les questions structurelles et normatives (thermique, structure, incendie, accessibilités handicapés, etc.). Cette formation, créée en 1999 sous la forme d'un DESS par Francis Nordemann, directeur de l'école à cette époque, accueille chaque année une promotion de 20 à 25 étudiants.

Dans une deuxième phase, plusieurs modules et formations en cycle Master général, à coloration «Réhabilitation», ont été élaborés sous l'égide de Fabienne Fendrich, directrice de l'école, avec notamment les ateliers de projet des semestres S07/S09 («Construire dans le construit» et «Architecture en situation»), et tout récemment l'atelier de projet PFE S10 «TRANS-FORM». Cette offre permet aujourd'hui aux étudiants qui le souhaitent d'effectuer un parcours qui propose sur deux années une appréhension progressive de la discipline Réhabilitation, échelonnée sur trois trimestres de master.

L'apprentissage de l'existant est également initié en cycle Licence par des exercices de projet, de relevés, et un cours portant sur les théories de la réhabilitation, en 3e année.

L'accent est mis sur les problématiques relatives à un territoire, la Normandie, marqué par son histoire particulièrement riche, ses processus de désindustrialisation producteurs de friches (notamment issues de l'industrie textile et des activités portuaires), et ses reconstructions de l'après deuxième guerre mondiale (Le Havre, Rouen, Caen, Neufchâtel-en-Bray, etc.). L'insertion du projet dans des problématiques contemporaines, et notamment sur des territoires en crise, permet une confrontation à une réalité économique et géographique spécifique ; les étudiants sont initiés au contexte et aux jeux d'acteurs de la région, chaque projet faisant l'objet d'une rencontre et d'une présentation des travaux réalisés aux décideurs (élus, techniciens de l'urbanisme, etc.).