La péninsule ibérique et le monde, 1470-1650

La péninsule ibérique et le monde, 1470-1650

Quatrième de couverture

Clefs-concours
S'adressant à tous les candidats aux concours, en particulier Agrégation et CAPES, Clefs-concours offre une synthèse par sujet. Conçu comme un repère par rapport aux monographies et aux cours et comme un outil de révision, chaque ouvrage est articulé autour de fiches thématiques permettant de faire le point sur les acquis de la recherche.
Synthèse des travaux les plus récents, Clefs-concours permet de s'orienter dans la bibliographie et de mettre en perspective l'évolution des savoirs.

Clefs-concours Histoire
Tous les titres sont organisés autour d'une structure commune :
- des repères : un rappel des faits qui constituent la trame événementielle de la question.
- des synthèses sur les personnages et lieux qui jalonnent le sujet.
- les grandes "thématiques", indispensables à la compréhension des enjeux de la question.
- des outils méthodologiques : chronologie, glossaire, bibliographie.
- un système de circulation entre les fiches et les références bibliographiques qui complète l'index.

Les auteurs
Etienne Bourdeu, ATER à l'université François Rabelais de Tours.
Antonio de Almeida Mendes, maître de conférences à l'université de Nantes.
Guillaume Gaudin, maître de conférences à l'université Toulouse 2.
Natividad Planas, maître de conférences à l'université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand.
Pascale Girard, maître de conférences à l'UPEM.
Natalia Muchnik, maître de conférences à l'EHESS.

Dans la même collection :
Les diasporas grecques - Rome, ville et capitale - Pays d'Islam et monde latin - Guerres et sociétés - Le Prince et les Arts - Circulations internationales -Sociétés anglaise, espagnole et française - Sociétés ouest-européennes, XVIIe s., documents -Monarchies espagnole et française - Les sociétés coloniales à l'âge des Empires -Culture et religion, XIXe - L'Amérique du Nord - Mutation des systèmes productifs - La France en villes - Géographie des conflits - Dictionnaire des conflits - Les épidémies -Nourrir les hommes - La mondialisation, un dictionnaire - Agir en fonctionnaire de l'État.

Extrait de La péninsule ibérique et le monde, 1470-1650

Extrait de l'introduction

Pour la troisième fois depuis 2000, le monde hispanique occupe une place centrale dans le programme d'histoire moderne de l'agrégation externe : la question proposée pour la session de 2014 est ainsi intitulée "la péninsule Ibérique et le monde, années 1470 - années 1640". D'une certaine façon, elle s'inscrit dans la continuité des "monarchies française et espagnole (milieu du XVIe siècle-1714)" lors des sessions 2000-2001 et des "sociétés anglaise, espagnole et française au XVIIe siècle" en 2007-2008.

Le temps semble désormais loin où l'on déplorait la quasi-absence des mondes ibériques dans les programmes de recrutement des enseignants et où l'on pouvait s'interroger de manière ouverte sur la connaissance de l'histoire de ces espaces en France [VINCENT, 1994]. Il faut sans doute voir dans cette évolution la concrétisation du renouveau historiographique qu'a connu l'histoire hispanique et, plus largement, ibérique durant cette même période. De manière plus spécifique encore, ce regain d'intérêt pour les mondes ibériques traduit également la prise de conscience qu'il est désormais difficile, sinon impossible, de saisir les processus historiques qui ont cours dans la France moderne sans les mettre en perspective avec ce qui se passe ailleurs, particulièrement dans des espaces qui ont un effet d'entraînement dans toute l'Europe (pour ne pas dire plus) de la première modernité. Deux exemples illustrent cette situation : l'étude du modèle monarchique espagnol et son influence en France ont permis de montrer que la monarchie absolue des XVIIe et XVIIIe siècles n'était pas surgie ex nihilo [Schaub, 2003] ; de même, l'enquête menée sur les liens entre les ligueurs français exilés et Philippe II d'Espagne a apporté de nouveaux éléments d'interprétation sur les guerres de Religion et la sortie de ce conflit [DESCIMON et RUIZ IBÁÑEZ, 2005]. Centrée sur les espaces portugais et hispaniques dans leurs relations avec le reste du monde, la nouvelle question d'histoire moderne invite précisément à prendre en considération ce renouveau historiographique pour penser à nouveaux frais le rôle joué et la part prise par les Ibériques dans les processus d'ampleur mondiale qui caractérisent la première modernité.

En retenant l'expression géographique de "péninsule Ibérique", deux choix ont été faits. D'une part, le Portugal est inclus dans le champ d'étude de la question. D'autre part, les différents royaumes hispaniques constitutifs de l'ensemble dirigé par les Rois Catholiques Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon à partir de 1479 sont à prendre en compte. Ces territoires multiples ne fusionnent jamais en un ensemble homogène mais conservent tout au long de la période (et au-delà) leur organisation politique et sociale spécifique, quand bien même ils finissent par avoir à leur tête un seul et même souverain en la personne de Charles Ier à partir de 1516. Cet agrégat est dominé par les royaumes de Castille et d'Aragon mais il comprend des royaumes aussi différents que ceux de Galice, de Murcie, de Séville, de Cordoue ou de Valence, par exemple. Il faut souligner qu'une des caractéristiques de la période ici étudiée tient à ce que l'espace péninsulaire connaît une progressive intégration et que la totalité des territoires situés au sud des Pyrénées devient possession des Rois Catholiques avant la fin du XVIe siècle : Grenade est conquise en 1492, Ferdinand d'Aragon s'empare de la partie méridionale de la Navarre en 1512, le Portugal échoit à Philippe II en 1580. Pourtant, à aucun moment il n'y a unification politique de la péninsule, seul le souverain est commun à chacun de ces territoires. Par conséquent, l'expression de "péninsule Ibérique" invite à dépasser la seule approche politique, trop simplificatrice, pour envisager des logiques géographiques, sociales, économiques, culturelles...

Le terme de "monde" renforce ce parti pris : dès le XVIIe siècle, il a un évident contenu géographique puisqu'il désigne "tout le circuit de la terre et de la mer". Mais la seconde entrée consacrée à ce mot rappelle qu'il peut avoir une portée religieuse, fût-ce par défaut : "monde" désigne également "les choses temporelles" [COVARRUBIAS, 1611]. Le champ recouvert est donc vaste et encourage une fois de plus à ne pas se limiter à un seul domaine du savoir.