Le bleu de tes yeux

Le bleu de tes yeux

Quatrième de couverture

«Toi, dis à ta mère qu'elle est la prochaine.
Puis ce sera ton tour...»

Cela fait désormais cinq ans que le petit Timmy vit sous la menace du tueur qui a abattu froidement son père devant lui. Est-ce dans l'espoir de retrouver la trace de l'assassin que sa mère Laurie, célèbre productrice télé, lance une série choc sur des cold cases ?

Le premier épisode revient sur l'affaire du «Gala des Lauréates» : il y a vingt ans, la mondaine Betsy Powell et son mari organisaient une grande soirée en l'honneur du diplôme de leur fille et de ses trois amies. La nuit même, Betsy mourait étouffée... Réunis pour la première fois, les acteurs du drame s'apprêtent à reconstituer la scène du crime dans un climat de suspicion générale. Surexposée médiatiquement, Laurie ne risque-t-elle pas d'attirer l'attention de l'inconnu qui a juré de la tuer ? Mené de main de maître, un suspense fascinant signé par une Mary Higgins Clark au sommet de son art.

Extrait de Le bleu de tes yeux

Extrait du prologue

Le Dr Greg Moran poussait Timmy, son petit garçon de trois ans, sur la balançoire du terrain de jeu de la 15e Rue Est de Manhattan, à quelques pas de leur appartement.
«Plus que deux minutes», dit-il, et il rit en donnant au siège une nouvelle poussée suffisamment forte pour faire plaisir à son jeune casse-cou, mais sans risquer de le voir passer par-dessus le haut de la balançoire. Longtemps auparavant, il avait été témoin d'une telle scène. Personne n'avait été blessé parce que c'était un siège de sécurité pour enfant. Malgré tout, avec ses longs bras et sa stature d'un mètre quatre-vingt-dix, Greg était toujours très prudent quand Timmy s'amusait sur une de ces balançoires. Médecin urgentiste, il n'était que trop habitué aux accidents.
Il était dix-huit heures trente, et le soleil du soir projetait de longues ombres à travers le terrain de jeu. L'air était maintenant un peu plus frais, rappelant que le week-end du Labor Day approchait. «Plus qu'une minute», prévint Greg d'un ton ferme. Avant d'emmener Timmy s'amuser, il avait été de garde pendant douze heures aux urgences et le service, surchargé comme d'habitude, avait passé la nuit sur les dents. Deux voitures remplies d'adolescents avaient fait la course sur la Première Avenue et s'étaient percutées et fracassées. Par miracle, tout le monde s'en était sorti vivant, mais trois gosses avaient été sérieusement blessés.
Greg lâcha la balançoire. Il était temps de la laisser ralentir et s'arrêter. Que Timmy n'ait pas protesté signifiait qu'il était sans doute prêt à rentrer à la maison, lui aussi. De toute façon, ils étaient maintenant seuls.
«Docteur !»
Greg se retourna et se trouva face à un homme de taille moyenne solidement charpenté, le visage recouvert d'un foulard. Il tenait une arme pointée sur sa tête. Instinctivement, Greg fit un grand pas de côté pour s'écarter le plus loin possible de Timmy. «Ecoutez, mon portefeuille est dans ma poche, dit-il calmement. Servez-vous.»
«Papa.» La voix de Timmy était empreinte de frayeur. Il s'était retourné sur le siège de la balançoire et regardait l'homme armé dans les yeux.
Durant ses derniers instants sur terre, Greg Moran, trente-quatre ans, médecin réputé, mari et père très aimé, tenta de se jeter sur son agresseur, mais il n'avait aucune chance d'échapper au tir fatal qui l'atteignit avec une précision mortelle en plein front.
«PAPPAAAAA», hurla Timmy.
L'agresseur courut jusqu'à la rue, puis s'arrêta et se retourna. «Toi, dis à ta mère qu'elle est la prochaine, cria-t-il. Puis ce sera ton tour.»