La patience du diable

La patience du diable

Quatrième de couverture

LE MAL PEUT-IL CONTAMINER CEUX QUI LE TRAQUENT ?

Un go-fast pris en flag qui transporte bien pire que de la drogue...
Deux ados qui tirent sur les passagers d'un TGV lancé à pleine vitesse...
Des gens ordinaires découverts morts... de terreur. Le diable mène le bal, le monde est devenu fou. Lieutenant à la section de recherches de Paris, Ludivine Vancker comprend bientôt qu'un fil sanglant relie ces faits divers. Rien ne pourra l'empêcher de remonter la piste à sa source. Aux racines de la peur.

Après La Conjuration primitive, Maxime Chattam, dans ce thriller d'une maîtrise glaçante, sème plus que jamais le doute.

Né en 1976 à Herblay, dans le Val-d'Oise, Maxime Chattam fait au cours de son enfance de fréquents séjours aux États-Unis, à New York, à Denver, et surtout à Portland (Oregon), qui devient le cadre de L'âme du mal. Après avoir écrit deux ouvrages (qu'il ne soumet à aucun éditeur), il s'inscrit à 23 ans aux cours de criminologie dispensés par l'université Saint-Denis. Son premier thriller, Le 5e règne, publié sous le pseudonyme Maxime Williams, paraît en 2003 aux éditions Le Masque. Cet ouvrage a reçu le Prix du roman fantastique du festival de Gérardmer. Maxime Chattam se consacre aujourd'hui entièrement à l'écriture. Après la trilogie composée de L'âme du mal, In tenebris, et Maléfices, deux nouveaux romans, Le sang du temps (Michel Lafon) et Les Arcanes du Chaos (Albin Michel), ont respectivement paru en 2005 et 2006.

Extrait de La patience du diable

Extrait du prologue

La situation manquait cruellement d'excitation.
Et Silas le regrettait profondément. Il s'était fait toute une histoire de cet instant, il avait attendu avec impatience ce jour, ce moment, trépignant comme un enfant la veille de Noël, pour ne finalement ressentir qu'un soupçon de joie. Pierre, lui, était ravi, ses yeux brillaient et un rictus presque idiot ne quittait plus ses lèvres depuis leur arrivée dans la gare Montparnasse. En même temps, c'était lui le plus enthousiaste depuis le début, lui qui avait le moins rechigné à se lancer, et il en éprouvait la plus grande fierté à présent.
Silas se posta sous le panneau des départs, au milieu des effluves de viennoiseries chaudes. Il n'eut pas à chercher longtemps leur train, il s'affichait en grosses lettres, et la destination, Hendaye, brillait comme la promesse de longues et paisibles vacances, la promesse d'un repos mérité. Total.
Ce n'était pas vraiment des vacances, corrigea-t-il silencieusement, mais c'était tout comme.
La voie était déjà indiquée, il donna une bourrade à Pierre et lui désigna le panneau. Celui-ci, absorbé par la contemplation de la foule déjà massive qui remplissait le hall de la gare, sursauta.
- Viens, le train est là.
Les deux adolescents hissèrent leurs lourds sacs sur leurs épaules et se frayèrent un passage au milieu des forces vives du pays en pleine migration quotidienne. En passant devant un kiosque à sandwiches, Pierre s'arrêta pour acheter une bouteille de jus d'orange - non sans avoir au préalable taxé de l'argent à son compagnon -, il était assoiffé, et la vida d'une traite tandis que Silas en faisait de même avec une petite bouteille d'Évian qu'il laissa tomber sur le sol. Elle roula sur quelques centimètres et il la regarda se faire happer par la machine à broyer du petit matin : une Weston parfaitement cirée frappa dedans, la projetant sous la semelle d'un godillot de chantier qui lui broya le bec avant de l'expédier dans le flot grouillant, elle rebondit contre le talon de Ugg fourrées - bien que ce fut le début du mois de mai, cela n'étonna personne sinon Silas - et disparut dans le brassage de toutes ces jambes en mouvement : une machinerie hypnotisante et à la dynamique implacable. Personne ne pouvait arrêter une telle énergie.
Les deux adolescents se postèrent à l'entrée du quai, les bretelles des sacs leur sciant les épaules. Leur train était en gare, et il chargeait déjà ses cohortes de passagers.
- Ça te fait pas un petit quelque chose ? demanda Pierre, euphorique.
Mis à part les couleurs chatoyantes du TGV, Silas ne remarquait rien, ni en lui, ni à l'extérieur, il était d'une placidité déconcertante. Frustrante même.
- Non, pas encore.
- Tu déconnes ? T'es pas dingo, là ? Moi, je tiens plus en place ! T'as pris le son ?
- Oui, bien sûr. J'ai mon iPod chargé à bloc et mon casque.
- Lunettes de soleil ?
- Évidemment.
- Crème solaire et capotes ?
Cette fois, Silas fixa Pierre sans un sourire.