Aïe ! un poète : suivi de Quelques conseils de lecture pour entrer en poésie

Aïe ! un poète : suivi de Quelques conseils de lecture pour entrer en poésie

Quatrième de couverture

Extrait :

La poésie, ça vous barbe ; c'est inutile, vous n'avez pas le temps, ce n'est pas sérieux, c'est bon pour les petites filles boudeuses ou les illuminés solitaires et romantiques, c'est charmant comme un bouquet de fleurs, mais, à choisir, mieux vaut un steak sur la table. Et puis, de toute façon, on n'y comprend rien !

Biographie :

Né en 1950. Publie régulièrement à Cheyne depuis 1984. Prix Artaud 1984, Prix Apollinaire 1994, Grand Prix du Mont Saint-Michel 1999 et Prix Max Jacob 2006. Directeur artistique du Printemps des poètes.

Extrait de Aïe ! un poète : suivi de Quelques conseils de lecture pour entrer en poésie

Pas la peine de nous faire cette tête de condoléances, de hausser les épaules, de froncer les sourcils, de lever les bras au ciel ou de vous gratter le menton, l'oeil goguenard.

Ni de filer en douce.


Ça existe encore, des poètes ? Mais il y en a aujourd'hui plus que la Terre n'en a jamais portés, hommes ou femmes, jeunes ou vieillards, parleurs ou chanteurs, faiseurs de livres ou crieurs des rues et je parie qu'il n'y a pas de lieu au monde, de l'Afrique au Groenland, de la Sibérie aux Caraïbes, qui n'ait ses poètes.


Vous voulez savoir à quoi ça ressemble, un poète ? Mon Dieu, à rien de particulier ! Ça ne se porte pas sur le visage. Pas d'uniforme et pas d'insigne à la boutonnière. Pas de diplômes et pas de médailles. C'est dedans que ça se passe. Si ça se reconnaît, c'est peut-être à une certaine façon de parler des choses, même les plus ordinaires : plus secrète, plus grave, plus étonnée ou plus gourmande. En prononçant chaque mot comme s'il en valait mille, comme s'il disait bien ce qu'il dit mais aussi mille fois plus encore.