Français à la petite semaine

Français à la petite semaine

Quatrième de couverture

Après la Philosophie et les Maths... une nouvelle matière «à la petite semaine», le Français. En voiture ! Sur deux grands axes où se mêlent écart de conduite et de langage. Tunnel, stress, embouteillages pour un parcours où seuls fusent quelques noms d'oiseaux. Le sujet est double, le trajet quotidien en voiture prend les contre-allées pour nous entrainer dans les grands mystères du français.
II est même possible avec un papa énervé au volant de trouver un brin de douceur et de poésie dans tout ce trafic ! Aux textes vifs et drôles de Rachel Corenblit répondent les illustrations foisonnantes de Cécile Bonbon. Un très bon mélange ici aussi pour aborder une nouvelle «discipline» sans être trop discipliné.

Rachel Corenblit vit à Toulouse avec son mari et ses deux enfants. Après une formation universitaire en philosophie, elle enchaîne les petits boulots, animatrice, documentaliste vacataire dans une médiathèque, avant de s'orienter vers l'enseignement. Professeur des écoles pendant de nombreuses années, elle est aujourd'hui professeur de Lettres à Toulouse. Au Rouergue, elle est l'auteur de huit romans dans les collections zig zag, dacodac, doado, et son dernier roman dans la toute nouvelle collection boomerang, Plié de rire/Vert de peur, publié en 2012.

Cécile Bonbon vit et travaille à Toulouse. Après des études aux Beaux-Arts, elle travaille comme graphiste pendant quelques années et collabore ensuite avec de nombreux magazines ainsi qu'avec une marque de vêtements pour fillettes.
Illustratrice depuis plus de 12 ans, elle sème ses illustrations, ses bricolages et ses petits personnages de tissu dans la presse et l'édition jeunesse. Elle a publié de nombreux albums, tout d'abord au Rouergue en 2000, avec Petit Tour et Bonbon, dans la collection 12x12, puis chez Milan, Hatier, Didier Jeunesse, Points de suspension, Bilboquet, Élan Vert et Imaginarium, en Espagne. Son travail implique souvent l'utilisation du tissu qui s'intègre dans ses illustrations au trait.

Extrait de Français à la petite semaine

Le plus grand rêve de mon père, je le connais. C'est facile. Tous les matins, c'est lui qui nous dépose devant l'école, Toto et moi. Quand on entre dans sa voiture, on doit faire attention, avec nos cartables, à ne pas rayer sa carrosserie et on doit IMPÉRATIVEMENT lâcher le morceau de gâteau qu'on a réussi à emporter. Les miettes sont interdites. Comme les pieds sur la banquette et les traces de doigts sur les vitres et les mouchoirs que je laisse traîner en hiver ou les papiers de bonbons qu'il peut dénicher sous les sièges.
La voiture de papa, c'est son royaume. Son territoire. Faudrait presque des papiers pour avoir l'autorisation d'y entrer. La frontière entre le dedans et le dehors se délimite au claquement de la portière, qu'on doit refermer sans trop forcer. Je sors mon cahier de français, tous les matins, pour réviser et je croise son regard dans le rétroviseur. Il vérifie que nos ceintures sont bien attachées et que le rehausseur de Toto ne frotte pas trop contre le cuir et que nos mains sont propres. Son rêve, ce serait d'avoir une voiture rapide, puissante, rien que pour lui, sans sa famille pour l'envahir. À la place de son Espace, large comme un éléphant, il voudrait une Ferrari profilée et rouge.
Mais il est courageux et il finit par nous accepter sans trop se plaindre et il m'interroge sur mes leçons sans lâcher le volant.