Du sang sur la Baltique

Du sang sur la Baltique

Quatrième de couverture

Par une belle journée de juillet, une foule impatiente assiste au départ du Tour de Gotland, la plus importante régate d'Europe du nord. Mais le voilier qui fait la course en tête abandonne soudainement. Son skipper, le vice-président de la prestigieuse Royal Swedish Yachting Society, vient d'être abattu. Et si cet avocat très médiatique, père de famille respectable, n'était pas celui que l'on croit ?
Maîtresse bafouée, concurrent jaloux... la liste des suspects s'allonge au fur et à mesure d'une enquête délicate où l'inspecteur Thomas Andreasson tente de percer à jour une élite mondaine prête à tout pour sauver les apparences. Même à tuer une seconde fois...

Après une brillante carrière juridique, la Suédoise Viveca Sten s'est lancée dans l'écriture. Sa série mettant en scène l'inspecteur Andreasson et Nora Linde sur l'île de Sandhamn connaît un succès phénoménal en Suède et dans une douzaine de pays. Elle vient d'être adaptée en série à la télévision suédoise.

Les coups de coeur de la presse

Ce livre est recommandé par :
Yann Plougastel - Le Monde du 4 septembre 2014

Extrait de Du sang sur la Baltique

Dimanche

La voix féminine égrenait lentement le compte à rebours sur le canal 16 de la radio de bord : «Dix, neuf, huit...»
La mer fourmillait de bateaux. Les grands voiliers de course aux coques rutilantes s'alignaient sur la ligne de départ à quelques encablures de Sandhamn. Autour d'eux, les spectateurs manoeuvraient leurs embarcations pour avoir un bon point de vue. La tension montait. Jumelles à la main, ils suivaient le spectacle qui se déroulait sous leurs yeux.
Un gros dragueur de mines prêté par la marine se tenait à tribord de la ligne de départ. Les grandes voiles se gonflaient comme des ballons pour profiter au mieux de la faible brise.
Toutes les conditions étaient réunies pour une régate passionnante.
La voix continuait le décompte :
«Sept, six...»
Les concurrents manoeuvraient habilement pour se mettre en position de départ. Un miracle qu'ils n'entrent pas en collision. Ils n'étaient parfois séparés que de quelques dizaines de centimètres dans leur lutte pour obtenir la meilleure place, au plus près de la bouée orange.
«Cinq, quatre...»
À trois, le pistolet devait donner le départ. Il fallait quelques secondes pour entendre le coup de feu.
Le vice-président du club nautique royal KSSS et avocat Oscar Juliander, sûr de lui, était campé à la barre de son Swan, une élégante beauté baptisée Emerald Gin. Dix-huit mètres soixante, quinze hommes d'équipage, le voilier construit dans un chantier naval en Finlande avait coûté les yeux de la tête : plus de douze millions.
Mais il les valait, jusqu'à la dernière couronne, pensa Oscar Juliander. Il faudrait se lever tôt pour l'empêcher de gagner. Cet été, il remporterait la coupe du Tour de Gotland, coûte que coûte.
Il était gonflé d'adrénaline. Mon Dieu, ce qu'il aimait la voile !
Il jeta un coup d'oeil alentour et nota avec satisfaction la présence de l'hélicoptère de la télévision qui tournait au-dessus de la zone. Cela ferait de belles images quand l'Emerald Gin franchirait en premier la ligne de départ.
Comme d'habitude, il n'avait rien contre l'idée d'être en vue dans les médias, et les médias n'avaient rien contre celle de le mettre en avant. Il suffisait de se maintenir dans le vent pour conserver cette position que tous lui enviaient.
Il serra les poings. Bientôt, très bientôt ils s'élanceraient vers Gotland.
L'étrave bouillonnait dans l'écume, à quelques mètres de la ligne. Il ne fallait pas la franchir en avance, sous peine de devoir recommencer. Une pénalité qui faisait perdre de précieuses minutes et pouvait coûter la course.
Il retint son souffle tandis que finissait le compte à rebours. Ils étaient si près maintenant qu'il aurait pu toucher la bouée.
La traînée de fumée du pistolet apparut dans le ciel et, un instant plus tard, le coup de feu retentit au-dessus de la mer.