Pars avec lui

Pars avec lui

Quatrième de couverture

On retrouve dans Pars avec lui l'univers tendre et attachant d'Agnès Ledig, avec ses personnages un peu fragiles, qui souvent nous ressemblent. L'auteur de Juste avant le bonheur sait tendre la main aux accidentés de la vie, à ceux qui sont meurtris, à bout de souffle. Mais aussi nous enseigner qu'envers et contre tout, l'amour doit triompher, et qu'être heureux, c'est regarder où l'on va, non d'où l'on vient.
Il y a Roméo, pompier professionnel qui chute très gravement en sauvant la vie d'un enfant. Il y a Juliette, l'infirmière du service de réa où il va tenter de recoller les mille morceaux de son corps et de son coeur.
Ils souffrent tous les deux. Roméo de ne plus pouvoir s'occuper de Vanessa, sa petite soeur adolescente, rebelle et fragile. Juliette, d'éprouver des difficultés à concevoir un enfant, dont le désir est plus fort que tout, malgré un compagnon humiliant et violent.
Il y a aussi Guillaume, un collègue infirmier en quête d'équilibre. Et puis Malou, la grand-mère de Juliette, qui, à quatre-vingt-quatre ans, ne croit plus au hasard depuis bien longtemps. Cette rencontre accidentelle pourrait bien bouleverser le destin de tous ces personnages dont les chemins se croisent et s'éloignent sans jamais se perdre. Puisque c'est d'amour dont il s'agit.
Une histoire de vie où des personnages d'une extrême vérité cherchent à se délivrer d'un passé douloureux, trouvent dans le présent et les liens humains les remèdes aux peines de l'existence, et nous enseignent qu'être heureux, c'est regarder où l'on va, et non d'où l'on vient.

Agnès Ledig exerce le métier de sage-femme libérale en Alsace. En 2011, son premier roman, Marie d'en haut, connaît un succès immédiat et devient le coup de coeur du grand prix des lectrices de Femme Actuelle. En 2013, Juste avant le bonheur obtient le prix Maisons de la Presse et devient un best-seller (160 000 exemplaires vendus en France). Il paraît ce mois-ci chez Pocket.

Les coups de coeur de la presse

Ce livre est recommandé par :
Fabienne Pascaud - Télérama du 17 décembre 2014

Extrait de Pars avec lui

Puis le noir

Elle nous supplie à genoux de sauver son fils.
Je suis en première ligne, je n'ai pas le choix, je dois y aller. Ce n'est même pas une question de choix, mais d'honneur, de dignité. C'est pour ça que je fais ce métier.
Il s'agit d'une vie humaine, là, tout de suite, celle d'un enfant, l'enfant de cette femme à terre. L'action ne souffre aucune hésitation.
L'appartement en feu se situe au huitième étage. La cage d'escalier est inaccessible. La mère, terrorisée, hurle que son fils se trouve là-haut, seul dans l'appartement. Partie faire une course pendant qu'il dormait, l'attroupement était déjà constitué à son retour, en raison de l'épaisse fumée noire qui se dégageait des fenêtres. Elle nous implore en joignant ses mains et se balance d'avant en arrière. Je ne sais pas si c'est le signe d'une folie passagère ou un bercement à la recherche d'un impossible apaisement. Les deux peut-être. C'est une femme noire, en boubou sous un blouson informe, usé aux poignets et qui s'ouvre sur un ventre énorme annonçant la venue d'un bébé, des tongs aux pieds malgré le froid de ce mois de février. La voir ainsi à genoux, désespérée, me rend dingue.

Je m'appelle Roméo Fourcade, j'ai vingt-cinq ans et je suis pompier professionnel. Sergent-chef d'agrès EPA, la grande échelle dans le langage courant.
En intervention, j'avance comme le soldat au front, en essayant d'aller le plus loin possible au milieu des obus. La rage au ventre. La peur aussi. Il en faut un peu pour rester en vie.
- Sergent, sauvetage par l'extérieur au moyen de l'EPA, exécution !
J'obéis. Je monte dans la nacelle et fixe le mousqueton au harnais sous ma veste, juste avant qu'elle ne décolle du sol. J'ajuste la bouteille d'air comprimé sur mes épaules puis le masque sur mon visage. Le Roméo des temps modernes. Plus pratique pour grimper au balcon.
Si seulement c'était vers ma Juliette que je montais...
Tu parles !
L'espace d'un instant, je repense au SMS que j'ai reçu ce matin de Carine. Elle me quitte.
«Je m'en vais, je ne t'aime plus, désolée.»
Elle me quitte par SMS. La honte ! Elle est désolée, c'est déjà ça. La honte quand même ! Mais au-dessus du vide, du vrai vide, face à cet immeuble, je dois me concentrer. Un gosse m'attend là-haut, et sa maman me supplie au sol. Alors sans plus penser à rien je regarde vers la fenêtre transformée en cheminée. Arrivé à mi-hauteur, je distingue une voix derrière le bruit de ma propre respiration qui résonne sous le masque. Il est encore vivant. Les fumées noires qui se dégagent de la fenêtre laissent deviner la violence des flammes à l'intérieur. Je ferai tout pour le sauver. Tout.