Paris

Paris

Quatrième de couverture

LE PARIS DE PATRICIA DE GOROSTARZU EN 120 POLAROIDS.

«À nous deux Paris ! C'est ce qu'on dit dans les romans, dans les poèmes, dans les films, dans les chansons. De tout temps, jeunes Rastignac, venus de loin ou de tout près, on a rêvé cette ville avec la force de ceux qui se croient tout permis... A nous deux ! On s'y est écorché les genoux, râpé les mains, on s'y est émerveillé... On y a bu des cafés interminables pour faire durer les quelques sous qu'on avait en poche, on y a été fille, femme, on y a été amoureux... A nous deux ! On a remis des pièces dans le flipper, on a relevé les manches, fermé les poings, on a ouvert les bras, tendu les mains, on a lancé des pavés dans la mare, des mots dans l'arène, on a ri, on a pleuré, on a été meurtri parfois, déçu aussi. Alors on s'éloigne, on tourne les talons... Mais quand on revient, c'est toujours pareil, on se dit que c'est beau, que ça vaut le coup, qu'ailleurs ne vaut pas ici, et on soupire, et on replonge. C'est reparti pour un tour...»

PARIS BY PATRICIA DE GOROSTARZU IN 120 POLAROIDS.

Paris, here we come ! That s what people say in novels, poems, films and songs. Young Rastignacs, coming from near or far, by RER or low-cost airline, have always dreamt of this city, firmly believing that anything is possible... Here we come ! We have skinned our knees and scraped our hands; we have been enchanted ; We have drunk interminable cups of coffee to stretch out the few coins in our pockets; we have been girls, women; we have been in love... Here we come ! We have dropped coins into the pinball machines again, rolled up our sleeves, clenched our fists, opened our arms, stretched out our hands, we have laughed and cried, and we have been scarred sometimes, disappointed as well. And then we pulled away, turned our backs... But when we come back, we say that's it's beautiful, that it's worth it, that nothing is as great as it is here, and we sigh and we're ready to do it ail over again...

L'AUTEUR

Patricia de Gorostarzu a grandi entre la France, l'Afrique du Sud et l'Australie. Elle commence à photographier dès l'âge de 14 ans, et s'est d'abord passionnée pour l'Amérique (album Vintage America qui lui permet de rentrer dans les collections de la Maison Européenne de la Photographie). Elle a été consacrée " Photographe de l'année " par France Info en 2009.

Tania de Montaigne est journaliste (elle a coprésenté avec Alexandre Héraud le magazine culturel Ouvert la nuit sur France Inter) et écrivain (Toutes les familles ont un secret, Flammarion, 2014).

Extrait de Paris

Patricia de Gorostarzu

NÉE EN 1962 À PARIS, Patricia de Gorostarzu a reçu son premier appareil à l'âge de 14 ans. Après avoir travaillé «pour les autres», comme tireuse dans des laboratoires photographiques, elle se sent prête à vivre de son art et se lance en 1990. Elle travaille alors avec les plus grandes marques de l'industrie du luxe qui font appel à son savoir-faire pour réaliser des visuels publicitaires. Simultanément elle se tourne vers le milieu de la musique et du spectacle et réussit à gagner les faveurs de nombreux labels qui lui confient la réalisation d'une quantité impressionnante de pochettes de disques.
C'est en 2000 qu'elle commence à travailler à son tout premier ouvrage pour lequel elle traverse l'Atlantique et parcourt la mythique «Route 66» avec une chambre photographique 20 x 25 et une développeuse Polaroid. En 2002 paraît son magnifique D'Est en Ouest, publié aux éditions Flagstaff, «Coup de Coeur» de la FNAC, qui lui vaudra un grand succès auprès du grand public et la reconnaissance de ses pairs.
Depuis, Patricia n'a cessé d'enchaîner les projets, les publications et les expositions...
Lorsqu'on rencontre Patricia de Gorostarzu pour la première fois, on ne peut s'empêcher de penser à l'élégance et à la créativité parisiennes qui font référence dans le monde entier. Son allure de jeune femme moderne qui mêle sophistication et naturel, toujours agrémentée d'une pointe d'originalité qui n'appartient qu'à elle ; son côté spontané, voire un brin candide, sans pour autant se laisser aller dans une quelconque mièvrerie, ont de quoi surprendre lorsque l'on découvre les images qu'elle sort de ses vieux appareils Polaroid. C est lorsque Patricia vous parle de son art avec sa voix cristalline que l'on découvre sa vraie personnalité. On comprend immédiatement que cette artiste est avant tout une femme passionnée et déterminée, pourvue d'une vision singulière et bienveillante du monde qui l'entoure. On commence à saisir pourquoi son oeil parvient comme nul autre à déceler la beauté d'un paysage ou d'un personnage, même si celui-ci semble banal pour la majorité d'entre nous ! Patricia de Gorostarzu est une poétesse de l'image, dotée d'une sensibilité qui n'a d'égal que son immense talent. Son travail remarquable sur ce qu'il reste des vestiges du rêve américain, ses portraits d'artistes comme de gens ordinaires, ses «road trips» citadins à New York et à Marseille ont déjà fait l'objet de nombreuses expositions et de superbes publications. Aujourd'hui c'est à Paris, sa ville natale, que Patricia nous emmène... Elle a choisi de nous raconter la ville en hiver, car pour elle, c'est sans le feuillage de ses arbres que Paris est parfaitement mis en lumière pour se montrer, de jour comme de nuit, sans pudeur et dans toute sa splendeur. Sans jamais cesser de suivre ses intuitions et ses pulsions, Patricia de Gorostarzu parvient à saisir la magie des lieux et des monuments. Certains sont connus de tous et ont déjà été photographiés des centaines de millions de fois. D'autres sont totalement anonymes, voire tout à fait improbables, personne ne les remarque ou ne songe à les immortaliser. Ses clichés ne sont jamais retouchés ni recadrés. L'artiste pousse même le vice jusqu'à laisser les bords techniques autour de ses images. Ainsi, vous pouvez contempler le Paris de Patricia de Gorostarzu. Un Paris intemporel, un Paris poétique, un Paris un brin insolite...

Fabrice Peltier