La rage est mon énergie : mémoires

La rage est mon énergie : mémoires

Quatrième de couverture

JOHN LYNDON, alias JOHNNY ROTTEN, des Sex Pistols, créateur du groupe Public Image Ltd (PiL), est une icône de la contre-culture, une icône de la musique, une icône de la mode et de la politique. Celui qui a écrit les chansons incendiaires «God Save the Queen» et «Anarchy in the UK» est devenu une légende en révolutionnant la musique à deux reprises. Leader et porte-parole de toute une jeunesse révoltée, il a très vite quitté les Sex Pistols et s'est réinventé avec PiL, se libérant de tous les costumes qu'on lui avait collés.
De sa naissance dans un quartier défavorisé de Londres où, tout petit, il a contracté une méningite en jouant dans des flaques pleines de pisse de rat, à la création des Pistols, de la scène musicale londonienne aux tournées extravagantes de PiL, Lydon raconte sa vie hors du commun. Dans une langue bien à lui et avec un humour décapant, il se souvient des descentes de police, de la drogue, de sa carrière d'acteur à New York avec Harvey Keitel, de ses sessions avec les plus grands musiciens, de ses plongées avec les grands requins blancs. Voici ses mots, puissants comme des balles.

Andrew Perry, qui a écrit le livre avec John Lydon, l'a interviewé pendant plus de vingt ans. Il collabore à Q, Mojo et le Daily Telegraph.

Les coups de coeur de la presse

Ce livre est recommandé par :
Cédric Fabre - L'Humanité du 18 décembre 2014
Eric Loret - Libération du 23 octobre 2014
- Le Nouvel Observateur du 16 octobre 2014

Extrait de La rage est mon énergie : mémoires

Extrait de l'introduction

May the road rise with you

La rage est une énergie. Il n'y a rien de plus vrai, putain. Ce sont peut-être les meilleures paroles que j'aie jamais trouvées. Quand j'écrivais «Rise», la chanson de Public Image Ltd, je ne réalisais pas l'impact émotionnel qu'elle aurait sur moi ni sur ceux qui l'ont écoutée depuis.
Je l'ai écrite presque comme ça, sans réfléchir, quelques minutes avant de la chanter pour la première fois, dans la maison de Los Angeles où je venais de m'installer. C'est une idée très forte et spontanée.
«Rise» parle de l'Afrique de Sud et du régime de l'apartheid. Je regardais ces affreux reportages sur CNN. Des paroles comme «They put a hotwire to my head, because of the things I did and said» font référence aux méthodes de torture utilisées là-bas par le gouvernement. Insupportable.
On voyait ces reportages à la télé et dans les journaux. On avait l'impression d'être impuissants face à la réalité. Donc, dans «Rise», «Anger is an energy» était une déclaration frontale qui voulait dire : «Ne voyez pas la rage comme une chose négative, ne la refoulez pas, utilisez-la pour être créatifs.» J'ai combiné cette phrase avec un autre refrain : «May the road rise with you». Quand j'étais gosse, mes parents le disaient souvent - comme la moitié des habitants du quartier, des Irlandais eux aussi. «May the road rise, and your enemies always be behind you !» Ça signifie qu'il y a toujours de l'espoir et que la violence n'est pas la solution à tout. La rage ne mène pas nécessairement à la violence. La violence résout très rarement les choses. En Afrique du Sud, ils ont fini par trouver une manière plutôt pacifique de s'en sortir. Si on utilise cette énergie soi-disant négative appelée «rage», une seule action positive peut suffire à arranger les choses.
Quand j'ai fini par enregistrer la chanson correctement, mon producteur et moi, on passait notre temps à s'engueuler, comme toujours. Mais parfois, ce n'est pas inutile de s'engueuler - c'est bon pour l'inspiration. Quand «Rise» est sortie au début de l'année 1986, c'est devenu un hymne absolu, alors que la presse me disait fini, dans une impasse. Eh bien, ils avaient tort : il y avait une ouverture et j'y suis allé. La rage est une énergie. Que rien n'arrête.
Aujourd'hui, c'est très émouvant pour moi de chanter cette chanson sur scène, parce qu'il y a une vraie connexion avec le public. J'ai l'impression d'être un comédien sur les planches - je sens que les gens se reconnaissent dans ce que je dis, dans le propos et le message de la chanson. Ils la comprennent complètement et partagent ça avec moi. C'est à vous couper le souffle, vraiment. Souvent, j'en oublie ma place. Ça m'impressionne tellement d'entendre les spectateurs la chanter que ce sont eux qui prennent le pouvoir. Pour moi, c'est une vraie victoire : ça signifie qu'ils ont compris quelque chose de fort et de généreux.