Culture New York

Culture New York

Quatrième de couverture

Démesurée et séductrice, opulente et spectaculaire, New York occupe une place à part dans le monde. Pendant des siècles, elle fut la ville d'accueil de millions d'immigrés venus chercher une vie meilleure. Aujourd'hui encore, sa population cosmopolite n'y parle pas moins de deux cents langues. Cette diversité fut l'une des clés de sa croissance et de son rayonnement. La ville aux taxis jaunes abrite par ailleurs de prestigieuses universités et bibliothèques, et n'a cessé d'attirer écrivains, musiciens, chorégraphes, peintres et cinéastes originaires du reste du pays et du monde entier. «New York n'est pas une ville finie, c'est une ville en devenir.» Puisse cette formule de Le Corbusier s'imposer pour longtemps encore.

Extrait de Culture New York

Introduction

Depuis des siècles, des millions d'hommes et de femmes courant après leurs rêves, ou simplement en quête d'une terre meilleure, ont découvert les États-Unis en y entrant par New York, «la porte d'or», selon les mots de la poétesse Emma Lazarus, gravés sur le piédestal de la statue de la Liberté. Si, quand on évoque la ville, on pense d'abord à Manhattan, elle n'est cependant que l'un des cinq boroughs (arrondissements) qui la forme. À ce coeur battant, il faut rajouter le Bronx, le Queens, Brooklyn et Staten Island, et prendre alors la mesure des dimensions de la ville et l'extraordinaire variété de ses habitants. Rassemblant en tout quasi 20 millions de personnes, la densité de la population y est exceptionnelle, atteignant presque les 7 000 habitants au kilomètre carré, tandis que cette densité dépasse les 27 000 personnes au kilomètre carré à Manhattan. Par son activité trépidante, ses innombrables échanges avec le reste des États-Unis et du monde, ses quartiers si divers, il est facile d'oublier que Manhattan est un minuscule bout de terre entouré d'eau : «Parfois, au-delà des gratte-ciel, le cri d'un remorqueur vous surprend dans votre insomnie, écrivait déjà Albert Camus, et vous vous souvenez que ce désert de fer et de ciment est une île.» Que l'on se promène le long des larges et chics avenues de l'Upper East Side, que l'on se perde à travers les rues étroites de Chinatown, que l'on s'étourdisse au fil des enseignes lumineuses de Times Square, New York échappe à toute classification. Protéiforme, tour à tour sinueuse ou géométrique, colorée ou grise, riche ou pauvre, New York est portée par l'énergie qui la traverse et qui a fait d'elle un mythe.

UNE PROUESSE ARCHITECTURALE

À New York, les bâtiments les plus anciens datent du XIXe siècle, et ceux de l'époque coloniale sont rares. C'est probablement pour cette raison que dans l'imaginaire collectif, la ville symbolisa très tôt la modernité. Elle est en effet célèbre dans le monde entier pour sa skyline, la ligne d'horizon dessinée par la multitude de ses gratte-ciel, qui se multiplièrent à partir de la fin du XIXe siècle. Ainsi, New York est depuis toujours une ville en avance sur son temps, son architecture faisant le pari de l'innovation aussi bien en termes techniques qu'esthétiques, comme le reflètent ses buildings, mais aussi les ponts qui relient Manhattan à la terre ferme ou encore la gare de Grand Central. Si, au fil d'une promenade, certains édifices semblent plus anciens comme la cathédrale Saint-Patrick ou Triniry Church, deux églises perdues au milieu des gratte-ciel, il ne faut pas s'y tromper : ce style du gothic revival triompha à New York dans la seconde moitié du XIXe siècle, les architectes copiant méticuleusement le gothique médiéval européen. Quant aux habitations des New-Yorkais, elles sont autant hétéroclites qu'est cosmopolite leur population. On trouvera aussi bien d'anciennes usines réaménagées en lofts avec leurs grandes baies vitrées et leurs armatures d'acier que de luxueux immeubles reconnais-sablés, de loin, à leurs portiers et à leurs tapis déroulés sur le trottoir, ou encore de petites maisons flanquées d'une volée de marches surmontée de jolis perrons.

UNE FENETRE SUR LE MONDE

Grâce à la richesse créée par sa diversité, New York est vite devenue une référence en matière intellectuelle et culturelle. Aucun domaine artistique n'est oublié, et que l'on soit passionné par l'histoire des dinosaures, la peinture de la Renaissance, l'architecture médiévale ou l'Égypte ancienne, il existera toujours un musée ou une fondation où l'on pourra approfondir jusqu'à plus soif ses curiosités. Mais New York n'est pas qu'un musée, loin de là, et la multitude des endroits qui vivent la nuit expliquent pour une part qu'on l'ait surnommée «la ville qui ne dort jamais». Peu de villes peuvent en effet rivaliser avec ce qu'elle a à offrir une fois la nuit venue. Du Lincoln Center et sa Metropolitan Opéra House aux clubs de jazz de Harlem et de Greenwich Village en passant par Broadway et ses théâtres bondés, les innombrables divertissements qu'offre la ville se comptent par dizaines. Enfin, New York est également l'un des coeurs du monde de l'art contemporain mondial, où les artistes utilisent ses murs comme support ou ses galeries comme vitrines. Ainsi, qu'il s'agisse de faire vivre des traditions centenaires ou d'inventer celles de demain, les mondes passés, présents et futurs venus de tous les horizons cohabitent harmonieusement ou en tout cas se confrontent dans une émulation stimulante, illustrant merveilleusement la devise traditionnelle de Brooklyn, héritée de ses fondateurs hollandais : «Eendraght Maeckt Maght» («L'union fait la force»).