Dark secrets. Volume 3, Le tombeau

Dark secrets. Volume 3, Le tombeau

Quatrième de couverture

Quand on découvre six cadavres dans la montagne, une affaire non résolue revient en pleine lumière

Dans les montagnes du Jämtland, deux randonneuses découvrent la main d'un squelette enfoui dans la terre. Alertée, la police locale met au jour non pas un, mais six cadavres. L'identification des corps s'avère difficile, car les analyses ADN prouvent que parmi eux, deux adultes et deux enfants appartiennent à la même famille ; or aucune famille n'a été portée disparue depuis dix ans...
Au même moment, un journaliste d'investigation enquête sur la disparition d'un homme, dix ans plus tôt. Pourquoi les services secrets suédois s'étaient-ils intéressés à l'époque à un simple Afghan en situation irrégulière ?
Sébastian Bergman, le profiler brillant mais arrogant et cynique, va s'emparer de cette affaire complexe. Réintégré dans la cellule de la Crim', il va devoir démêler les fils d'un écheveau de plus en plus trouble, tout en tentant de consolider ses liens avec Vanja, sa fille biologique.

Un thriller psychologique fascinant, dans la grande tradition suédoise.

Michael Hjorth et Hans Rosenfeldt sont tous deux auteurs et scénaristes de séries télé. Michael Hjorth est aussi le producteur de la sitcom suédoise Svensson Svensson, qui a rencontré un grand succès.

MICHAEL HJORTH. Né en 1963 à Visby (Suède), Michael HJORTH est passionné depuis toujours par la littérature et le cinéma. Il est aujourd'hui l'un des meilleurs scénaristes de la Scandinavie, et écrit aussi bien des comédies que des scènes de crime et d'horreur. Fondateur de la société de production Tre Vänner, il est à l'origine du succès de sitcoms suédois.

HANS ROSENFELDT. Né en 1964 à Boras (Suède), Hans ROSENFELDT a d'abord exercé plusieurs métiers comme gardien d'otaries, puis est devenu professeur et enfin acteur. Il a toujours eu la passion de l'écriture et c'est en 1992 qu'il a commencé à créer des scénarios pour la télévision, et a aujourd'hui participé à une vingtaine de séries dramatiques.

Extrait de Dark secrets. Volume 3, Le tombeau

Cette fois, elle s'appelait Patricia.
Patricia Wellton.
Nouveau lieu, nouveau nom.
Au début, elle avait eu du mal à s'habituer quand les portiers d'hôtels et les chauffeurs de taxi l'interpellaient.
Mais cette époque était révolue. A présent, son nouveau patronyme s imprimait dans son cerveau dès qu'elle tenait sa nouvelle pièce d'identité entre ses mains.
L'avion avait atterri à Stockholm peu après dix-sept heures ce mercredi-là, puis elle avait pris l'Arlanda Express pour rejoindre le centre. C'était son premier séjour dans la capitale suédoise, mais sa visite de la ville s'était résumée à un bref arrêt dans un restaurant pour déguster un plat du jour plutôt fade.
A vingt et une heures, elle avait pris le train de nuit pour Östersund. Elle avait réservé un compartiment entier dans le wagon-lit. Pas parce qu'elle se croyait suivie, bien que son portrait-robot fût sûrement affiché dans de nombreux commissariats de police, mais parce qu'elle n'avait jamais aimé dormir en présence d'inconnus. C'était déjà le cas quand, adolescente, elle partait en tournoi avec son équipe de volley. Ou pendant sa formation, à la base comme sur le terrain.
Et a fortiori quand elle était en mission.
Une fois le train parti, elle s'était rendue dans le wagon-restaurant pour acheter une petite bouteille de vin et un paquet de cacahuètes avant de se retirer dans son compartiment. Elle avait alors entamé l'ouvrage qu'elle venait d'acheter, intitulé Je sais ce que vous pensez vraiment, affublé du sous-titre pour le moins original de «Déchiffrez le langage corporel tel un avocat de la défense». La femme qui s'appelait à ce moment-là Patricia Wellton ne comprenait pas en quoi les avocats de la défense étaient censés avoir un don particulier pour l'interprétation du langage corporel. Pour sa part, elle n'en avait rencontré aucun qui se fût particulièrement illustré dans ce domaine. Mais même si ce livre n'était pas très instructif, il avait au moins l'avantage d'être divertissant. Vers une heure du matin, elle s'était glissée entre les draps frais et avait éteint la lumière. Cinq heures plus tard, elle descendit à Östersund et se rendit à l'agence de location de véhicules Avis où elle avait réservé une voiture.
Une Toyota Avensis neuve de couleur anthracite, avec laquelle elle parcourut la centaine de kilomètres qui la séparait de la ville d'Are, en veillant à respecter les limitations de vitesse. Risquer une contravention ne servait à rien, même si, d'après son expérience, la police suédoise ne fouillait ni les véhicules ni les bagages pour de simples infractions à la circulation. Et si l'on découvrait son pistolet, sa mission serait compromise, car elle ne détenait aucun permis de port d'arme. Si un policier venait en effet à mettre la main sur son Beretta M9, ses vérifications lui apprendraient qu'il n'y avait aucune trace de l'existence de Patricia Wellton ailleurs que sur sa pièce d'identité. Elle se retint donc d'appuyer sur l'accélérateur, et longea tranquillement les pistes de ski verdoyantes avant de s'engager dans la petite ville qui surplombait le lac.
Elle fit une petite balade, puis choisit au hasard un snack-bar où elle commanda un panini et un coca light qu'elle engloutit en étudiant la carte routière. Il lui restait cinquante kilomètres à parcourir sur la E14 avant de se garer et d'effectuer les vingt derniers kilomètres au pas de course. Elle jeta un coup d'oeil à sa montre. Il lui faudrait environ trois heures pour atteindre son but, une heure pour effacer toutes les traces, deux pour regagner la voiture et faire son rapport... et elle serait de retour à temps à Trondheim pour attraper l'avion pour Oslo puis la correspondance qui la ramènerait chez elle.