Stay alive

Stay alive

Quatrième de couverture

C'est une journée ensoleillée et vous êtes parti en pleine nature avec votre famille, pour descendre une rivière en canoë-kayak. L'après-midi touche paisiblement à sa fin quand soudain un coup de feu retentit... et votre vie bascule en un instant.
Une femme court dans votre direction, poursuivie par trois hommes armés. Il est évident qu'elle se trouve en danger de mort. Et maintenant vous aussi.
Vous ne le savez pas, mais elle cache un lourd secret. La nuit tombe. Vous courez, terrifié, désespérant de trouver un endroit sûr. Tout ce que vous savez, c'est que les hommes qui vous poursuivent ont déjà tué.
Et s'ils vous rattrapent, vous serez le prochain...

Simon Kernick est expert en criminologie, proche de la branche anti-terroriste britannique et de la NCS (National Criminology Squad). Il est l'auteur de plus de 20 thrillers à succès publiés en Grande-Bretagne.

Extrait de Stay alive

21 jours plus tôt

Amanda Rowan venait de franchir le seuil de sa maison, un sac contenant sa nouvelle paire d'escarpins dans une main, et ses clés dans l'autre, lorsqu'elle entendit un son qui la figea sur place.
Une exhalaison, soudaine, étouffée. Comme un petit souffle d'air s'échappant d'un pneu crevé. Qui provenait de l'étage.
Amanda écouta, se concentra, mais ne décela plus rien qu'un silence profond, seulement rompu par le tic-tac de la pendule ancienne, dans le couloir ; et, l'espace de quelques secondes, elle se demanda si elle n'avait pas rêvé.
Les lumières étaient allumées, dans toute la maison, et la Porsche de son mari était garée dehors, ce qui signifiait qu'il était là. Il n'aurait pas dû. Il était censé être en voyage d'affaires, à Manchester, jusqu'au lendemain après-midi. Tôt ce matin-là, Amanda l'avait vu partir au volant de sa voiture et elle l'avait même eu au téléphone depuis, en début de soirée, alors qu'il s'apprêtait à sortir dîner avec un client. Sauf qu'il n'y avait pas de client, pas plus que de dîner, comme le prouvait la présence de sa voiture trois heures après cet appel, à plus de trois cent vingt kilomètres de Manchester.
Quelque chose l'avait poussé à rentrer plus tôt. Et Amanda savait pertinemment de quoi il s'agissait.
Depuis des mois, George avait une maîtresse. Elle l'avait découvert, tout à fait fortuitement, quelques semaines plus tôt. Un soir, il avait oublié de se déconnecter de son compte de messagerie, sur l'un des deux iPads utilisés par le couple. Et lorsqu'Amanda avait allumé la tablette pour consulter son propre compte Hotmail, une longue liste de messages adressés à George par une certaine Annie Mac - dont Amanda n'avait jamais entendu parler - s'était affichée, chacun ayant pour objet des «Chéri, j'ai besoin de toi», et autres «Tu me manques tellement». Sonnée, mais au fond pas réellement surprise, Amanda avait ouvert le premier e-mail et l'avait lu jusqu'au bout. Elle n'avait pas ressenti le besoin de lire les autres. Elle avait compris l'essentiel.
Pourtant, elle ne put s'empêcher d'en vouloir à son mari d'être assez blasé pour oser ramener sa maîtresse au domicile conjugal. Peut-être cette femme était-elle à l'origine du bruit étrange surpris par Amanda ? Cela dit, ce son ne ressemblait ni de près ni de loin aux diverses exclamations pouvant être produites lors d'ébats sexuels.
Amanda posa son sac et referma la porte sans faire de bruit. Elle n'était pas supposée rentrer, ce soir-là, pas plus que George. Elle avait prévu de passer la nuit à Londres, chez son père ; mais c'était un vieil acariâtre et, comme toujours, ils avaient fini par se disputer. Cette fois, au lieu de laisser ses attaques fielleuses glisser sur elle comme elle le faisait toujours lors de ses rares visites chez lui, Amanda était partie d'une colère terrible, finissant par s'en aller comme une furie, avec pour seul au revoir une insulte lâchée en franchissant la porte. Elle avait sauté dans sa voiture et était rentrée tout droit chez elle.
C'était étrange, tout de même. Elle n'entendait pas de musique et le téléviseur était éteint. Or, ça ne ressemblait pas du tout à George : il avait toujours besoin d'un bruit de fond.