Un été sans toi

Un été sans toi

Quatrième de couverture

Rowena Tipton tombe de haut lorsque l'homme de sa vie lui annonce qu'il a décidé, avant de l'épouser, de partir pour un trek de six mois au Cambodge... sans elle !

Déboussolée, la jeune femme quitte l'Angleterre sur un coup de tête pour s'installer, le temps d'un été, au coeur des Hamptons. Dans cette région huppée où les enseignes de luxe voisinent avec les plages de sable blanc, trois colocataires haut en couleurs l'attendent et peut-être, aussi, des réponses à ses questions : réussira-t-elle à s'épanouir à des milliers de kilomètres de l'homme qu'elle aime ? Son couple survivra-t-il à cette séparation ? N'est-il pas temps pour elle de prendre un nouveau départ ?

«Un été inoubliable pour redécouvrir ses rêves enfouis»

Après avoir été journaliste pour des magazines de mode comme Tatler, Vogue et You, Karen Swan a choisi de se consacrer entièrement à l'écriture. Elle a quitté Londres et vit aujourd'hui dans le Sussex avec son époux et ses trois enfants.

Extrait de Un été sans toi

- On n'est pas en train de rompre.
- Ah non ? Alors comment appelles-tu le fait de disparaître à l'autre bout du monde, pendant la moitié de l'année, sans la personne avec qui tu as passé la moitié de ta vie ?
Rowena Tipton fit de son mieux pour empêcher ses larmes de couler, mais sa voix qui grimpa dans les aigus la trahit tout autant.
- Ne pas faire les choses... à moitié ?
Matt tentait de blaguer, mais il capta un regard qu'il ne connaissait que trop bien et qui signifiait clairement que ce n'était pas le moment. Il lui caressa la main. Elle avait toujours l'air si petite dans la sienne.
- J'appelle ça un nouveau départ.
- Mais pourquoi est-ce qu'on aurait besoin d'un nouveau départ ? On en a eu un il y a onze ans. J'aime bien notre milieu, moi.
Elle hoqueta et le regarda à son tour, sans chasser les cheveux qui lui balayaient le visage. De ses yeux marron foncé, émouvants - des yeux de biche, comme il disait -, elle s'efforçait de le ramener à la raison. Mais les augures n'étaient pas bons. Il aurait été bien plus facile de lui ôter cette idée de la tête sous un ciel bleu piqueté de nuages folâtres, poussés par le vent, des guirlandes de pâquerettes autour de leurs poignets. Pour commencer, elle aurait sorti son décolleté. Il n'aurait jamais pu l'emporter contre son décolleté. Mais elle était complètement couverte, emmaillotée même, et le temps était aussi triste que ses mots à lui. Le ciel aussi gris qu'un vieux torchon. Les chênes centenaires, qui faisaient cercle autour d'eux comme des aînés protecteurs, demeuraient nus, sans bourgeons. Tout semblait inerte et dénué d'énergie. Elle tendit l'oreille, à l'affût des premiers oiseaux du printemps, revenus de migration. Elle parcourut du regard le sol parsemé de mottes de terre à la recherche de fleurs, mais les jonquilles n'avaient fait qu'une timide apparition cette année. Les jacinthes des bois, quant à elles, n'avaient pas encore percé la terre de leurs extrémités vertes et pointues. On était mi-mars, mais la nature semblait endormie. Ce sommeil avait le don d'éparpiller les gens aussi efficacement qu'un coup de fusil : le parc était désert, les familles restaient à l'intérieur blotties autour des braises, derniers vestiges des flambées hivernales. Le soleil toujours invisible se laissait glisser au bas du ciel dans la perspective d'une nouvelle journée.
Matt lui glissa quelques mèches derrière l'oreille. Il enveloppa son visage de sa main et elle déposa sa joue contre sa paume. Le ton de sa voix était apaisant, ses yeux solidement plantés dans les siens.
- Parce ce que notre milieu est mollasson. Nous nous sommes enlisés dans une routine, mon coeur. On a besoin de rafraîchir un peu tout ça.
- Ce qui en langage codé veut dire «voir d'autres personnes», c'est ça ?
- Non, ce n'est pas ce que je veux dire. Ce n'est pas une rupture, Ro.
(...)