Naviguer sur la Loire

Naviguer sur la Loire

Quatrième de couverture

De 2008 à 2013, la direction de l'inventaire du patrimoine de la Région Centre-Val de Loire a conduit une étude sur les aménagements portuaires de la Loire dans ses quatre départements traversés par le fleuve ainsi que dans la Nièvre côté rive droite en Bourgogne, concernant 84 communes sur environ 330 kilomètres. Cet ouvrage, présentant une riche iconographie issue des fonds d'archives (cartes, plans, cartes postales...), restitue cette étude en replaçant les vestiges actuels des ports ligériens dans leur contexte, celui de la navigation en Loire à la fin du XVIIIe et au XIXe siècle. Le lecteur est ainsi invité à descendre le fleuve au fil de l'eau de Nevers (Nièvre) à Candes-Saint-Martin (Indre-et-Loire) et à découvrir les différents aspects de la navigation ligérienne et les ouvrages qui s'y rattachent : ports, gares d'eau, bacs, marques de crues, bornes, digues submersibles... Au cours de cette descente de Loire, de nombreux sujets liés à la circulation sur le fleuve sont également traités, en particulier l'adaptation de la navigation aux caractéristiques de la Loire, l'entretien de son lit, les ouvrages liés à l'abordage, la fixation du chenal, les techniques de navigation, l'essor et le déclin du trafic...
Bien que la navigation commerciale ait disparu depuis près d'un siècle, les aménagements portuaires de la Loire témoignent de l'activité des hommes en faveur d'une Loire navigable. Ils constituent un patrimoine exceptionnel, marqueur de l'identité ligérienne, à protéger et mettre en valeur.

Extrait de Naviguer sur la Loire

Une voie fluviale majeure

De 2008 à 2013, la direction de l'inventaire du patrimoine de la Région Centre-Val de Loire a réalisé une étude sur les aménagements portuaires de la Loire suite à un recensement des cales et des quais du fleuve et de ses affluents conduit en 2005-2006 par la direction régionale de l'environnement du Centre (DIREN). Cette étude a porté sur le tracé de la Loire dans les quatre départements traversés par le fleuve en région Centre-Val de Loire soit environ 330 kilomètres : le Cher (et la Nièvre côté rive droite en région Bourgogne), le Loiret, le Loir-et-Cher et l'Indre-et-Loire. Il s'agissait d'enrichir le recensement par des données historiques et iconographiques recueillies dans les fonds d'archives (nationales, départementales, municipales, École nationale des ponts et chaussées...).
Le présent ouvrage restitue une partie des résultats de ce travail en replaçant les vestiges actuels des ports ligériens dans leur contexte, celui de la navigation en Loire à la fin du XVIIIe et au XIXe siècle.

Géographie et hydrologie de la Loire moyenne

La Loire est le plus long fleuve de France (1 012 kilomètres). Elle prend sa source au mont Gerbier-de-Jonc (Ardèche) dans le Massif central et achève son périple dans l'océan Atlantique à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Son bassin couvre environ un cinquième du territoire français (115000 km²).
On distingue trois sections sur le fleuve :
- La Loire amont, de la source jusqu'au bec d'Allier (Cuffy) ;
- La Loire moyenne, du bec d'Allier au bec de Maine (Bouchemaine, près d'Angers) ;
- La basse Loire, ou Loire inférieure, du bec de Maine jusqu'à l'estuaire. Dans son périple entre Nevers et Candes-Saint-Martin, la Loire traverse le Nivernais, le Berry, la Sologne, l'Orléanais, la Beauce, le Blésois et la Touraine, ce qui correspond à la Loire moyenne, excepté les sept kilomètres séparant le bec d'Allier de Nevers, relevant de la Loire amont.
La Loire moyenne se caractérise par la présence de nombreuses îles, d'un réseau important de bras secondaires, de bancs de sable et de bras morts et, particulièrement en aval de Gien (Loiret), par une plaine d'inondation endiguée par des levées.
Entre Nevers et Candes-Saint-Martin, le fleuve reçoit de nombreux affluents, qui pour la plupart, et particulièrement les plus importants (Allier, Cher, Indre, Vienne), sont situés sur la rive gauche du fleuve. On distingue le lit mineur (espace fluvial occupé par l'écoulement des eaux avant débordement) du lit endigué (espace où le fleuve est enserré dans des levées) et du lit majeur (zone recouverte par les crues les plus fortes). Au milieu du XIXe siècle, la largeur du lit endigué dans le Loiret est d'un kilomètre en moyenne mais seulement de 300 mètres à Orléans et de 260 mètres à Gien. Celle du lit endigué du Val de Blois varie de 250 m à 800 mètres. En Touraine, cette largeur est d'un kilomètre en moyenne et de 270 mètres à Tours. Ces variations importantes s'expliquent en partie par la présence ou l'absence d'îles et par la situation urbaine ou rurale. Le lit majeur s'étend, quant à lui, sur cinq kilomètres de largeur en moyenne sur le linéaire étudié ici.