Enfants abandonnés, enfants sans père : comment retrouver la filiation ?

Enfants abandonnés, enfants sans père : comment retrouver la filiation ?

Quatrième de couverture

La Convention internationale relative aux droits de l'enfant reconnaît à chacun, «dans la mesure du possible, le droit de connaître ses deux parents» et la France admet dans le Code de l'action sociale et des familles «l'importance pour toute personne de connaître ses origines et son histoire». Mais la pratique est loin de la théorie. L'abandon anonyme ou le silence du seul parent connu bloquent en général l'accès à la vérité. Ce secret mal vécu est source de mal-être sur une, deux, voire trois générations. Plus loin dans le temps, ces filiations ou ces fratries brisées posent simplement des énigmes généalogiques irritantes, qu'on ne sait pas toujours comment résoudre.
Spécialiste de ce thème, Myriam Provence livre ici tous ses conseils de recherche. Avec réalisme bien sûr, car il n'est pas toujours possible de retrouver les filiations manquantes. Mais avec optimisme, car sa connaissance des fonds d'archives et des arcanes de l'Assistance publique lui permet d'exploiter tous les indices à disposition. Si les langues ne veulent pas se dénouer, lever le secret se fait pas à pas, document après document.
Après un préambule donnant des repères historiques, le guide est divisé en deux grandes parties : les enfants trouvés, nés sous X et adoptés sont abordés en premier lieu sous le titre «Enfants abandonnés» ; ceux dont on ne connaît qu'un seul des deux parents sous le titre «Enfants naturels». Les conseils sont donnés en fonction de l'époque de recherche.
À vous ensuite de vous transformer en enquêteur et de ramener à la lumière les secrets d'hier.

Généalogiste à Paris depuis 1987, vice-présidente du Sygène, l'alliance des généalogistes professionnels, Myriam Provence a publié plusieurs guides de généalogie, le dernier paru portant sur la conservation et le classement des papiers de famille.

Extrait de Enfants abandonnés, enfants sans père : comment retrouver la filiation ?

Introduction

Rechercher les filiations autour d'un enfant abandonné est une quête délicate, quelle que soit l'époque concernée. Rechercher pour soi-même ou pour un parent proche est plus malaisé encore car, dans l'abandon, il y a toujours deux victimes, la mère et l'enfant, et des souffrances extrêmes. Articles de presse, émissions de télévision, débats publics mettent de nos jours en évidence le mal-être de ces femmes et ces enfants séparés.

L'abandon d'un enfant est un fait social qui a longtemps été occulté. Mais, préférant l'exposition à l'avortement ou à l'infanticide, la société a mis en place depuis plusieurs siècles des structures d'accueil. L'enfant est alors enregistré et son existence révélée par les documents. Cette longue histoire de l'abandon peut être racontée grâce aux archives. Mais peut-on écrire l'histoire d'un enfant abandonné ? Peut-on résoudre toutes les énigmes ? Identifier une mère ? Un père ? Compléter sa généalogie ?

Sous l'Ancien Régime, le baptême de l'enfant servait d'acte de naissance. Depuis la création de l'état civil, tout enfant est enregistré dans les trois jours qui suivent sa naissance. Au baptême ou à la naissance, l'enfant a le droit à un nom et a le droit de connaître ses parents. Or, depuis que l'accouchement sous X existe en France, l'enfant souffre d'une absence d'identité familiale. Comment retrouver sa mère biologique ? Son père ? Les nouvelles dispositions législatives lui permettent-elles d'accéder à ses origines ? Si votre généalogie compte un enfant naturel, reconnu ou non, légitimé ou pas, ou si vous êtes vous-même un enfant naturel, qu'est-il possible de connaître sur les origines familiales ?

La société a aussi pris en charge des enfants à la mort des deux parents, ou du seul parent connu, ou bien des enfants délaissés à cause d'un handicap, de la découverte d'une maladie, d'une naissance adultérine, de maltraitances... Le parcours de ces enfants suit fréquemment celui de l'enfant abandonné.

Quelle que soit la manière dont l'enfant est nommé, que ce soit «enfant de personne», «sans famille», «bâtard», «délaissé», «rejeté», «abandonné», «exposé», «trouvé», «admis», «reçu», «déposé», «orphelin», «naturel», «légitime», «illégitime», «infirme», «sous x», «pupille», «enfant de la Nation», «enfant de la Patrie», etc. la société l'a rejeté parce qu'il était né ou vivait hors des normes reconnues et l'a recueilli pour mieux le séparer des autres enfants, voire pour l'utiliser.

Dans ce guide, après un préambule donnant les repères historiques nécessaires, deux parties regroupent des recherches qui vont être similaires : les enfants trouvés ou nés sous X sont abordés sous le titre «Enfants abandonnés», les enfants dont on ne connaît qu'un seul des deux parents ensuite sous le titre «Enfants naturels». L'enfant peut aussi avoir été adopté. Quelles recherches mener alors ?

Enfin, cette présentation n'interdit pas aux chercheurs de transposer certains conseils et astuces d'un cas à l'autre car il n'existe pas toujours de frontière stricte, en termes de recherches, entre l'enfant abandonné et l'enfant naturel.