Engagez-vous : la relance stratégique de la France : essai

Engagez-vous : la relance stratégique de la France : essai

Quatrième de couverture

La France semble à la traîne dans un monde qui change rapidement. Ses valeurs, ses intérêts, ses convictions paraissent de peu de poids face aux impératifs d'une gouvernance mondialisée dominée par des médias et des marchés qui laissent peu de place à la politique et anesthésient la démocratie.
Pour relancer la France, ce qui est l'objectif proposé par cet ouvrage, il faut changer le récit national français, repenser les perspectives européennes et méditerranéennes du pays, et remiser le magistère des vieilles lunes héritées de temps stratégiques révolus. La présentation qu'en fait l'amiral Jean Dufourcq, enseignant, chercheur et journaliste rompu aux analyses stratégiques, montre qu'il ne faut renoncer ni à la France ni à l'Europe. Toutes deux ont des atouts majeurs à faire valoir pour rester aux premiers rangs de l'histoire du XXIe siècle. Son analyse, forte et argumentée, est de celles qui interpellent le lecteur pour donner du sens à l'avenir et proposer une direction à suivre.
La voix des militaires est aujourd'hui à écouter plus attentivement et demain à intégrer plus soigneusement dans le paysage politique français qui ne saurait se passer durablement de leur concours loyal et avisé.

Jean Dufourcq, contre-amiral (2S), de l'Académie de marine, docteur en science politique, ancien des forces sous-marines, de l'IHEDN et du Centre d'analyse et de prévision du ministère des affaires étrangères. Rédacteur en chef de la Revue Défense Nationale de 2009 à 2014. Chercheur associé à l'École militaire et animateur de la Lettre bimensuelle d'analyse stratégique La Vigie.

Extrait de Engagez-vous : la relance stratégique de la France : essai

Extrait de l'avant-propos

Pour un nouveau récit stratégique français

Nous vivons des temps sans ressemblance, à l'étroit entre un passé qui nous sublime et un avenir qui nous démobilise. Le présent est immaîtrisable.
Avoir été semble désormais nous interdire de devenir. D'où ce flottement.
Comme si la planète de ce début du XXIe siècle n'était plus faite pour nous, comme si la France devait se retirer de l'histoire à venir.
Cet état d'esprit qui semble s'être installé subrepticement ces vingt dernières années a gagné le discours politique actuel qui intègre désormais ce déclinisme ambiant comme une composante sociopolitique installée de notre société. Ont d'ailleurs été exclus du débat républicain tous ceux qui affrontent la pratique qu'ont de la France ceux qui la dirigent depuis la guerre froide. Certains affectent de l'ignorer, d'autres s'en nourrissent ou tentent de réagir.
Faut-il s'y résoudre ? Non, bien évidemment. Le génie de la France exige que l'on enraye cette lente péremption du pays par les Français eux-mêmes.

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Souvent interrogé sur l'avenir de la France et les dangers qui la menaçaient, j'ai hésité entre deux discours, celui de la «raison raisonnante», bien trop convenu, et celui de la décadence assumée, bien trop alarmiste. Conduit à exposer mon analyse à des étudiants et experts de toutes origines, à Moscou, Paris, Bordeaux, Beyrouth, Pékin, Tunis, Alger, Tanger ou Singapour qu'intéressent le devenir et la sécurité de la France, j'ai finalement dû choisir entre ces extrêmes et mettre en ordre mes idées stratégiques.
Ce travail de formulation politico-militaire a été nourri et canalisé par de multiples réflexions pendant près de 20 ans.
Celles publiées dans la revue AGIR de la Société de Stratégie ont été rassemblées dans son Cahier n° 3, intitulé Esquisses Stratégiques, paru au printemps 2010. Celles publiées dans la Revue Défense Nationale ont fait l'objet d'un Cahier spécial intitulé De 3 voies pour la France (1988) à Dialectique navale (2014) diffusé à l'été 2014.
Cette mise en forme a été facilitée par les nombreuses activités militaires et politico-stratégiques que j'ai menées ces dernières décennies à Bruxelles, Rome et Paris. Des enseignements et conférences variés m'ont permis de préciser peu à peu ces réflexions et de les confronter à des points de vue contradictoires qui m'ont été infiniment précieux, notamment ces dernières années, les travaux de Nicolas Baverez, Jean-Pierre Chevènement, Régis Debray, Pierre Hassner, Pierre Manent ou Jacques Sapir...
J'ai eu récemment, et pendant cinq ans, la charge éditoriale de la Revue Défense Nationale (www.defnat.com) que je prolonge désormais par celle de la production en coopération d'une analyse bimensuelle de l'actualité stratégique qui concerne la France (www.lettrevigie.com). Je peux ainsi continuer à tester mes idées et à animer les débats qui m'importent.