Grand atlas des empires coloniaux : premières colonisations, empires coloniaux, décolonisations : XVe-XXIe siècles

Grand atlas des empires coloniaux : premières colonisations, empires coloniaux, décolonisations : XVe-XXIe siècles

Quatrième de couverture

Riche de plus de 370 cartes et infographies originales en couleurs, ce Grand Atlas retrace toute l'histoire des colonisations du XVe au XXIe siècle.

Cet ouvrage, nourri des apports les plus récents de l'historiographie, permet de prendre la pleine mesure de l'histoire des colonisations, de la «découverte» de l'Amérique par Christophe Colomb en 1492 à l'héritage colonial d'aujourd'hui.

Le déploiement sans précédent de cette conquête «civilisatrice», rapidement destructrice, fondant de vastes empires coloniaux sur la traite négrière et l'esclavage, a soulevé de grands débats menés par Las Casas et les Lumières. Les Empires s'étendent aux Amériques, à l'Afrique et à l'Asie pour connaître leur apogée au XIXe et au début du XXe siècle avant de s'écrouler aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale. Le phénomène des décolonisations, trop souvent réduit à la lutte pour l'indépendance politique, requiert une émancipation économique, des luttes sociales et de grands leaders.

Véritable ouvrage de référence, le Grand Atlas des empires coloniaux constitue un outil indispensable pour les étudiants comme pour les amateurs et curieux.

° Plus de 370 cartes et infographies originales en couleurs.
° Un projet d'histoire globale et connectée qui porte une attention particulière aux colonisés.
° Un panorama inédit qui nourrit un vif débat, en France et dans le monde, sur l'héritage colonial.

Historien, Marcel Dorigny a été maître de conférences à Paris 8 jusqu'en 2014 - Jean-François Klein est maître de conférences à l'Inalco et chercheur au Centre Roland Mousnier (Paris 4). Professeur agrégé et docteur en histoire, - Jean-Pierre Peyroulou est membre du Centre d'études des mondes africains de Paris 1, du CNRS et de la revue Esprit. Pierre Singaravélou est professeur d'histoire contemporaine à Paris 1 Panthéon-Sorbonne et chercheur à l'UMR IRICE (CNRS/ Paris 1/Paris 4) - Marie-Albane de Suremain est maître de conférences à l'UPEC-ESPE de l'académie de Créteil et chercheuse au CESSMA, Paris 7. Cartographie : Fabrice Le Goff.

Extrait de Grand atlas des empires coloniaux : premières colonisations, empires coloniaux, décolonisations : XVe-XXIe siècles

Introduction générale

En ouvrant ce Grand Atlas des empires coloniaux, il est important de s'arrêter un instant sur le choix de son titre, car il n'est pas sans conséquence sur la nature même du fait colonial. Le terme «empire» peut-il légitimement désigner l'ensemble de l'expansion coloniale européenne ? S'il s'impose pour désigner la seconde phase de la colonisation, il n'en est pas de même pour la période «moderne» de l'histoire coloniale.

LES DÉFINITIONS DU MOT «EMPIRE»
En 1835, le Dictionnaire de l'Académie française, proposait cette définition :
«EMPIRE : L'étendue des pays qui sont sous la domination d'un empereur. L'empire d'Orient. L'empire d'Occident. L'empire de Russie. L'Empire romain s'étendait depuis l'Océan occidental jusqu'à l'Euphrate.»
Le terme «empire» n'intègre jamais l'expansion de l'Europe hors de son continent d'origine. Il en est de même dans L'Encyclopédie, pourtant publiée à partir du milieu du XVIIIe siècle, qui n'a pas innové en ce domaine bien qu'ayant longuement traité de la question coloniale. La magistrale Histoire du commerce et des établissements des Européens dans les deux Indes» de G. Th. Raynal parue entre 1770 et 1780 et qui est en fait une histoire de la colonisation européenne depuis le XVe siècle jusqu'aux années 1770, n'a jamais recourt à la notion impériale pour qualifier cette expansion multidirectionnelle de l'Europe. Il a fallu attendre l'histoire récente pour que des historiens de la colonisation moderne signalent la distinction essentielle entre les deux grandes périodes de la colonisation européenne à travers les mondes extra-européens, en réservant le concept d'«empire» à la seconde phase, soit des années 1830 aux prémices de la décolonisation, au milieu du XXe siècle. Ainsi, Jean Tarrade dans le volume I de l'Histoire de la France coloniale évoquait le domaine colonial français au XVIIIe siècle, pourtant à son apogée, en ces termes :
«Voici l'assemblage singulièrement hétéroclite que donne l'image du premier 'empire' colonial français en Amérique. Tout y est disparate : d'un côté, l'immensité vide, de l'autre, les petites plaines surpeuplées. D'un côté, la visée politique de faire échec à l'Anglais hérétique en le privant d'espace... de l'autre, une ambition économique qui ne vise, à travers le sucre et le café, qu'à une suprématie précise que l'on appelle, faute de mieux, mercantilisme. Est-ce là ce que l'on nomme, de nos jours, un 'Empire', et à fortiori, un 'impérialisme' ?... Il nous semble, à tort ou à raison, que non... tout n'était qu'esquisse, virtualité, promesse lointaine... La réalité profonde est le commerce, et le commerce seul. La colonie n'eût même pas existé sans lui. Il en est le seul justificatif, y compris les abominations.» Le titre de ce volume dont la signification globale est parfaitement claire, n'est donc pas sans ambiguïté si l'on tente d'appliquer le concept d'empire à l'ensemble de l'expansion coloniale enclenchée par les voyages de découverte de la fin du XVe siècle. Terme commode, il doit être cependant manié avec précaution au sujet de l'époque moderne, qui serait plutôt «pré-impériale».
(...)