Le trotteur américain : origines, histoire

Le trotteur américain : origines, histoire

Quatrième de couverture

Journaliste, écrivain et historien, Jean-Pierre Reynaldo est bien connu tant dans le domaine du livre que dans celui de la télévision pour la quelle il a longtemps travaillé comme conseiller technique.
Passionné de nature et de peinture, il a rédigé de nombreux ouvrages sur le cheval, mais aussi sur l'art cynégétique, bien qu'il n'ait pas été lui-même chasseur.
Avec «Le Trotteur Américain», il nous emmène dans un univers qu'il connaissait bien, mais que beaucoup d'entre nous ignorent. Il nous conte non seulement l'histoire du trot aux U.S.A. et nous présente les champions et les grandes figures qui le créèrent, mais il aborde également bien d'autres sujets comme la fondation de la race du Standardbred, l'élevage et les courses ou bien encore l'impact du sang américain sur le Trotteur Français.
«Le Trotteur Américain» est actuellement l'un des très rares ouvrages en langue française traitant de ce sujet. Ce livre a été rédigé par l'auteur peu de temps avant son décès en 2014.

Extrait de Le trotteur américain : origines, histoire

ORIGINES DU CHEVAL AUX U.S.A.

L'ancêtre du cheval, l'Hyracotherium ou Eohippus, ne mesurait pas plus d'une cinquantaine de centimètres, pour une hauteur au garrot de 20 cm, soit la taille d'un renard. Il avait cependant des pattes plus courtes, la tête plus longue et une dentition plus complète (44 dents) que les équidés d'aujourd'hui. Il possédait trois orteils aux pattes postérieures et quatre aux antérieures. La plante du pied était munie d'un coussinet comme chez le chien. L'éohippus vivait il y a environ 55 millions d'années. Bien que ce petit ancêtre du cheval ait également vécu en Europe et en Asie, ce fut sur le continent nord américain qu'il se développa pour déboucher sur l'équidé actuel. Il disparut d'Amérique sans qu'on en connût la raison (épidémie ou catastrophe naturelle). Certains de ces animaux émigrèrent cependant en Asie par le détroit de Behring et se répandirent ensuite en Europe.

Donc, contrairement à une idée généralement admise mais absolument fausse, le cheval n'apparut pas en Amérique avec l'arrivée des conquistadors... La venue du cheval moderne, ou Equus caballus, en Amérique, se fit au XVe siècle. En 1493, Christophe Colomb amena une trentaine de chevaux qui firent souche aux Grandes Antilles. Hernan Cortés emmena avec lui plusieurs chevaux qui, pour la plupart, prirent la fuite pendant les combats contre les Aztèques et devinrent sauvages. Leur propagation fut cependant assez longue. Les voyageurs de la fin du XVIe siècle n'en signalent que très peu ou pas du tout. Ce furent certainement les fermiers européens qui commencèrent à s'établir au début du XVIIe siècle qui en peuplèrent le nord de l'Amérique. En effet, beaucoup de leurs animaux s'échappèrent ou furent tout simplement volés par les Indiens. Les diverses races importées donnèrent par la suite, après croisement, le fameux mustang. Au XIXe siècle, on assista à une intensification de l'élevage équin et à la formation de la plupart des races connues aujourd'hui, dont le Standardbred.

*

ORIGINES DES COURSE AUX ÉTATS-UNIS

L'origine des courses aux États-Unis est assez confuse en ce sens qu'il est difficile d'établir une chronologie exacte dans un pays aussi vaste et où de nombreux États peuvent revendiquer sinon la paternité de ce sport du moins le fait d'avoir fait courir très tôt et ce dans des paris particuliers dont l'existence, sans être douteuse, ne peut être sérieusement contrôlée...

Les premières tentatives de courses au trot connues avec certitude remontent à la seconde moitié du XVIIIe siècle et eurent lieu en Angleterre. Les échanges entre ce pays et sa lointaine colonie d'Amérique du Nord étaient alors très nombreux. Les Américains achetaient ainsi dans la mère patrie les chevaux qu'ils ne parvenaient pas à élever en assez grand nombre, du moins au niveau de la qualité. S'ils importèrent des pur-sang et des hunters, ils achetèrent également des chevaux de type carrossier spécialisés dans une allure qui leur était propre : le trot.

Les Américains ne cherchèrent pas tout de suite à créer une race spécifique au trot. Ils se contentèrent pendant des décennies d'utiliser des trotteurs anglais, souvent d'origine Norfolk. Les routes des États-Unis étant à cette époque en fort mauvais état, les chevaux importés servaient d'animal d'attelage exclusivement en ville. A la campagne et sur les routes, ils étaient uniquement montés. C'était donc pour la selle que la plupart de ces chevaux furent achetés et ce fut donc au monté que les premières courses au trot eurent lieu.

Comme en France, celles-ci furent des paris particuliers entre jeunes fermiers ou riches citadins. Il n'en reste plus guère de traces qui soient fiables. Seuls quelques petits articles rédigés parfois dans des journaux locaux attestent qu'elles eurent bien lieu, même si les compte rendus laissent parfois rêveur quant à l'exactitude des temps ou des distances... Beaucoup de ces paris se déroulèrent dans l'État de New York, sans pour cela que celui-ci puisse revendiquer la paternité du trotting américain.

En 1806, Yankey, de New Haven, défraya la chronique sportive en trottant, sur route, le mile en 2'55". Un record pour l'époque !

Comme aucun hippodrome n'existait, les sportsmen montraient leur talent où ils le pouvaient. A New York, la Troisième Avenue, allant de Broadway jusqu'à Harlem River, devint rapidement un site idéal pour les amateurs de trotting. Sa longueur, sa largeur et surtout sa longue ligne droite permettaient les vitesses les plus folles et les paris les plus audacieux. Il en était de même à Long Island où la Jamaica Road servait de champ de courses.

(...)