Le trotteur français : histoire des courses au trot en France des origines à nos jours

Le trotteur français : histoire des courses au trot en France des origines à nos jours

Quatrième de couverture

TROTTEUR est le premier livre paru en France consacré uniquement au trot dans notre pays. Véritable «bible» dans la spécialité, il aborde tous les sujets :

- Histoire des courses au trot depuis les premières courses attelées dans l'Antiquité jusqu'à nos jours ;
- Origines et naissance du Trotteur Français et résumé de près de 200 ans d'élevage avec de nombreux tableaux généalogiques sur les différentes lignées mâles ;
- Biographie des plus grands champions depuis le XIXe siècle ;
- Biographie des hommes, qu'ils soient éleveurs, propriétaires, entraîneurs ou pilotes, qui ont permis au trot de se développer depuis sa création.
- Résultat de toutes les grandes courses à l'attelé ou au monté et classement des propriétaires, éleveurs, entraîneurs, jockeys, drivers, amateurs et étalons.

Cet important ouvrage illustré de plus de 400 photos, dont certaines inédites, est le fruit de plusieurs années de travail et comblera les sportsmen les plus difficiles. Il peut d'ores et déjà être considéré comme le livre de référence du trot français.

Extrait de Le trotteur français : histoire des courses au trot en France des origines à nos jours

1 Genèse des courses attelées

Aujourd'hui malgré tous les moyens modernes d'investigation dont nous disposons, il est impossible de déterminer avec précision où et quand furent disputées les premières courses. Il est fort probable qu'elles virent le jour il y a 3500 ou 4000 ans dans les immenses steppes d'Eurasie ou les arides déserts d'Arabie, mais il ne s'agit là que d'hypothèses.

Grèce

Le premier récit connu relatant une course attelée nous a été laissé par Homère (IXe s. av. J.-C). Dans le chant XXIII de l'Iliade, le célèbre poète épique grec nous conte par le menu détail une course de chars organisée par Achille, lors des funérailles de son ami Patrocle tué par le Troyen Hector. Cette joute hippique avait pour toile de fond le siège de Troie (1190-1180). Même si elle a été considérablement embellie par le narrateur, cette manifestation prouve qu'il y a 3 000 ans, les courses revêtaient une importance certaine, puisqu'on les incluait dans le cérémonial funéraire des princes.
Contrairement à ce que d'aucuns pourraient penser, les courses attelées précédèrent sans doute les courses montées. En effet, après avoir été gibier, le cheval devint le compagnon d'armes et de chasse des nobles. Primitivement, les aristocraties mésopotamienne et égyptienne ne l'utilisaient qu'attelé et ne le montaient jamais, attitude jugée dégradante pour elles et laissée aux plus basses classes sociales, habituées à chevaucher des ânes... L'utilisation du cheval monté fut assez tardive et surtout propagée par les Grecs. Les premières courses organisées avaient plus pour but de démontrer la dextérité du pilote que la qualité des chevaux menés, qu'ils soient attelés ou montés.
Ce furent les Jeux Olympiques qui, les premiers, mirent en exergue le sport hippique. La première olympiade que l'on puisse dater avec certitude est celle de 776 av. J.-C. Ces jeux étaient alors célébrés toutes les cinquièmes années et donnaient lieu à une trêve sacrée permettant aux champions de chaque cité grecque de s'affronter sans danger. Les principales épreuves portaient sur la course à pied, la course en armes, le paie (lutte à main plate), le pancrace, le pentathlon, les courses de chars et les courses de chevaux montés. Le programme hippique varia considérablement au fil des olympiades. Les joutes disputées étaient généralement de quatre sortes :
♦ Les courses de chevaux de selle, les plus anciennes et qui durèrent jusqu'à la suppression des Jeux olympiques ;
♦ Les courses de poulains montés sans selle - exclusivement réservées aux jeunes gens, elles furent instituées assez tardivement ;
♦ Les courses acrobatiques, dénommées calpé et qui se déroulaient avec deux juments à poil dont le cavalier montait l'une en tenant l'autre par la main avant de changer de monture durant l'épreuve ;
♦ Les courses de chars.

Les dernières nommées recueillaient le plus les suffrages du public, Les biges, chars attelés de deux chevaux, ou les quadriges, véhicules à quatre chevaux, évoluaient sur une piste elliptique qu'ils devaient - suivant les olympiades - parcourir de cinq à douze fois. Les vainqueurs des différentes épreuves ne recevaient aucune somme d'argent, mais la gloire qu'ils tiraient de leur victoire était telle que de nombreux princes n'hésitaient pas à se joindre à la cohorte des concurrents. De plus, certaines cités, plus prodigues que d'autres, exemptaient d'impôts leurs champions.

Ces courses n'ayant pas pour but l'amélioration de la gent équine, les chevaux utilisés venaient indifféremment d'Asie, d'Égypte, du Caucase, de Perse ou d'Arabie, alors principales régions d'élevage. On les choisissait d'une couleur de robe identique et on leur demandait d'être rapides, de posséder de la tenue et de bien savoir négocier les virages, source de nombreux accidents. A chacun de ces virages, se tenaient plusieurs aides qui jetaient de grands seaux d'eau sur les roues pour éviter que, sous l'effet du frottement, celles-ci ne prissent feu.

(...)