La bataille de Stonne, mai 1940 : un choc frontal durant la campagne de France

La bataille de Stonne, mai 1940 : un choc frontal durant la campagne de France

Quatrième de couverture

La bataille de Stonne relate l'histoire des soldats français qui stoppèrent une avancée de l'offensive allemande dans la zone pré-ardennaise du sud de Sedan, à partir du 14 mai 1940.
Cet ouvrage tend à combler une grave lacune en faisant la lumière sur un épisode de la campagne de France complètement ignorée des Français d'aujourd'hui. Il prend ainsi le contre-pied des idées reçues et prouve de manière éloquente la bravoure et la combativité de ces soldats face à plusieurs divisions ennemies qui se relayèrent et se coordonnèrent pour tenter de percer ici la ligne de front. Terribles combats, parmi les plus acharnés de toute cette période de la guerre, ils étaient surnommés par les Allemands le «Verdun de 1940».
En retraçant, jour après jour, les affrontements, La bataille de Stonne décrit en détail les enjeux, les unités engagées de part et d'autre, les actions déclenchées et leur impact sur l'adversaire.
Le livre achevé, le lecteur aura pris pleinement conscience de la véritable dimension de ces luttes qui, malgré leur ampleur meurtrière, ne purent repousser la longue nuit qui recouvrit la France. Mais il aura reconnu la juste place des défenseurs de Stonne, celle de l'honneur.

L'AUTEUR

Jean-Paul Autant, l'auteur, est fils d'un combattant de Stonne. Docteur en sciences humaines, il étudie depuis de nombreuses années le rôle de la France dans la Seconde Guerre mondiale et s'applique ici à l'examen rigoureux, approfondi des circonstances et du déroulement de la bataille.

Jean-Pierre Levieux apporte ici son fidèle témoignage, ses informations spécialisées. Il a combattu durant toute la bataille au 242e régiment d'artillerie. Chevalier de l'ordre national du Mérite, il est président d'honneur à titre posthume de l'amicale des artilleurs de la 3e division d'infanterie motorisée.

«C'est un document très complet et de qualité. Il contribuera à mieux faire connaître cet affrontement de grande ampleur qui vous tient tant à coeur et ce, à juste titre.» Général Alain Pédron, président de la fédération nationale de l'artillerie.
«Cet ouvrage est remarquable par la qualité de sa présentation et le détail de son propos.» Général Gilles Robert, chef du service historique de la Défense, Vincennes.
«Excellent travail.» Commission de référencement de la Réunion des Musées Nationaux (RMN)
«J-P Autant contribue de façon magistrale à la compréhension d'un épisode trop peu connu des historiens de la seconde guerre.» Journal l'Union - L'Ardennais, Sedan.

Extrait de La bataille de Stonne, mai 1940 : un choc frontal durant la campagne de France

Extrait du prologue

LA MATIÈRE DE CET OUVRAGE

Qui a entendu parler de la bataille de Stonne ? Ou du Mont-Dieu ? De Tannay, peut-être ? Dans quel pays se déroula-t-elle ? À quelle époque la situer ? De quoi s'agit-il exactement ?

Cet ouvrage répond directement à ces questions qui laissent toujours sans voix la quasi-totalité de nos contemporains. Hormis les rares survivants, certains membres de leurs familles et quelques historiens souvent locaux, l'opinion publique méconnaît complètement ces combats. De nombreux spécialistes n'en ont même qu'une vague idée, sans parler de ceux qui, parmi eux, ignorent totalement ce point d'histoire.

Cependant, il s'agit bien là d'un événement majeur qui se déroula lors de la dernière guerre que la France livra sur son propre sol. C'était en mai 1940, au début des opérations militaires de la Seconde Guerre mondiale. L'enjeu n'en était pas mince : faire face, au sud de la ville de Sedan, à l'invasion déclenchée par Hitler. Parmi les conséquences vitales immédiates : l'accès aux routes vers Paris, vers le centre et le sud de la France.

Ce que les acteurs et combattants de ce haut fait d'arme appelèrent «la bataille de Stonne», du mardi 14 au samedi 25 mai 1940, est centré sur le village de Stonne (Ardennes), mais pas seulement. Si la position du village présente une valeur stratégique de première importance, point de passage et d'observation privilégié de cette région proche de la frontière franco-belge, les villages environnants sont nécessairement tout aussi impliqués.

Il est vrai que la situation de Stonne demeure toute particulière dans le site de cette bataille, au sein du massif pré-ardennais français. Mais elle s'intègre géographiquement dans un ensemble : celui du front tenu par les troupes françaises de la 3e division d'infanterie motorisée (3e DIM), front est-ouest de onze kilomètres de large sur cinq à six de profondeur. Là se situe le théâtre d combats décrits dans cet ouvrage.

Dans la zone attribuée à la 3e DIM, on trouve notamment le Mont-Damion, 1 villages de la Besace, Stonne, l'important bois du Mont-Dieu, les villages de Tannay, les Petites Armoises, Sy, les Grandes Armoises, la Berlière, Oches... et plus loin, Saint-Pierremont, Sommauthe... Nous y découvrons aussi des bois et des cours d'eau à l'intérieur de ce périmètre : le bois du Fay et le bois de Sy, les marécages au sud de Tannay, le ruisseau de l'Armoise qui partage en diagonale tout le site puis la rivière Bar et le canal des Ardennes qui longent et délimitent l'extrémité ouest de la zone d'action de la 3e DIM.
Mais le village de Stonne, quelques fermes perchées sur le sommet de la colline, face à la vaste étendue conduisant jusqu'à la frontière belge, est demeuré dans les mémoires à l'image de ce mont culminant qui émerge des collines pré-ardennaises. Son nom s'est ainsi gravé dans le souvenir des combattants pour désigner cette bataille qui se déroula ici, à une vingtaine de kilomètres au sud de Sedan.

On aurait pu désigner comme point emblématique de cette bataille le bois du Mont-Dieu qui, en pointe avancée, résista jusqu'au bout. Il fut d'ailleurs évacué, non sous la pression de l'ennemi, mais sur ordre de l'état-major français. Les villages martyrs comme Tannay, la Berlière, les Grandes Armoises ou de Sy auraient pu également être choisis pour titre. Mais l'esprit humain a besoin de simplifier et de nommer : il a choisi Stonne !

Cette bataille fut un terrible affrontement qui vit se battre entre quarante-cinq mille et soixante-cinq mille soldats environ, selon les différentes phases des combats. Formidable duel de camps en forte disproportion.