Savoir reconnaître les photos et les cartes postales anciennes

Savoir reconnaître les photos et les cartes postales anciennes

Quatrième de couverture

Qui n'a pas trouvé un jour ces petits trésors empoussiérés dans des boîtes ou sagement rangés dans un album de famille ? Portraits de l'ancien temps, photos de proches que nous aimerions bien reconnaître...
Trop modeste pour intéresser les galeries et les théoriciens de l'image, la photo de famille a longtemps été négligée. Elle connaît depuis quelques années un regain d'intérêt grâce à l'essor de la généalogie. Cuivre, verre, papier... Ces différents supports racontent comment les évolutions techniques ont transformé les représentations de la famille. Mémoire ou loisir ? Comédie sociale ou intimité ? À ceux qui savent les regarder, ces photos, en apparence modestes, révèlent toutes une histoire singulière, prête à être transmise aux générations futures. Pour le généalogiste, perplexe devant la diversité des formats et des supports qu'il rencontre, ce guide indique d'abord comment dater ces images d'hier pour réduire le champ des possibles et mettre plus facilement un nom sur ces visages inconnus. Il lui apprend aussi à utiliser toutes les astuces de la datation relative en fonction du sujet traité et de sa présentation formelle. Les indices donnés par l'image ne sont pas seuls ; la façon dont celle-ci a été conservée peut donner une piste : dans les albums de photos d'avant 1914, le classement des images suit en effet un ordre traditionnel, en fonction du rang de parenté, donc utile à connaître. Enfin, ce guide vous indique comment conserver ces documents anciens donc fragiles, comment les numériser et les retoucher, comment les gérer, notamment grâce aux logiciels à la disposition des généalogistes d'aujourd'hui, et comment les partager avec ses cousins sur Internet. Des adresses utiles sont fournies en fin d'ouvrage.

Les auteurs, Sandrine Sénéchal et Thierry Dehan, sont consultants en conservation préventive et en valorisation des fonds d'archives audiovisuelles. Collectionneurs, ils ont déjà publié de nombreux articles, ainsi qu'un Guide de la photographie ancienne (Eyrolles 2004), un ouvrage sur Les Français sous le second Empire (Privat 2006) et sur Les premiers touristes (Sutton 2006). Ils ont participé à la revue Hachette Généalogie facile.

Extrait de Savoir reconnaître les photos et les cartes postales anciennes

PHOTOS DE FAMILLE : QUELLE(S) HISTOIRE(S) !

Petits trésors empoussiérés dans nos boîtes ou sagement rangés dans l'album de famille, qui ne les a pas croisées ces photographies ? Portraits de proches et d'autres que nous aimerions bien reconnaître...
Une familiarité, une intemporalité qui cachent une profonde méconnaissance. Trop modeste pour intéresser les galeries et les théoriciens de l'image, la photo de famille a longtemps été négligée. Elle connaît pourtant depuis quelques années un regain d'intérêt. Cuivre, verre, papier... Tous ces différents supports racontent comment les évolutions techniques ont transformé les représentations de la famille. Mémoire ou loisir ? Comédie sociale ou intimité ? A ceux qui savent les regarder, ces photos, en apparence modestes, révèlent toutes une histoire singulière... Prête à être transmise aux générations futures.

Les codes du studio
Vers 1860, les contraintes techniques qui freinaient la réalisation en masse de portraits ont été résolues. Les familles bourgeoises si sévères des daguerréotypes n'auront duré que vingt ans. La photographie, fille de la révolution industrielle, s'annonce populaire, entre art et commerce. Pour un coût devenu abordable, chacun peut expérimenter sa singularité et l'attrait narcissique pour sa propre image. Depuis quelques mois, le pays se passionne pour un nouveau tirage photographique, la «carte de visite», également appelée «portrait carte». A s'échanger ou à organiser dans un nouvel accessoire : l'album de famille. On pose en famille et, malgré une mise en scène codifiée, certains portraits tentent de traduire une évolution sociologique. Un nouveau désir d'intimité tant familiale que personnelle semble se diffuser au sein de la société d'autant que s'affirme la classe moyenne. L'époque découvre progressivement la spécificité de l'enfant et le place résolument au centre de la famille. La toute jeune photographie rompt avec l'illustration traditionnelle de la maternité bourgeoise pour présenter dans ses premiers portraits une facette du lien affectif et physique qui unit une mère à son enfant. Au point d'offusquer Émile Goncourt : «L'enfant [...] On le montre tout bambin. On est fier de la nourrice qu'on affiche. C'est comme un spectacle qu'on donne de soi et une ostentation de production», Journal, 26 mars 1860.

Petite chronique des moments heureux
Les premiers clichés familiaux étaient issus de studios commerciaux, mais, vers la fin du XIXe siècle, la technologie progresse au point que les particuliers des classes aisées peuvent s'approprier la pratique photographique. C'est une évolution rapide tournée vers la réduction progressive du temps de pose dans une quête de l'instantané que l'amélioration et la simplification des procédés ne permettront de réaliser qu'à la fin des années 1870. Un certain George Eastman lance le «Kodak». Son slogan, un des plus marquants de l'histoire publicitaire, est : «Appuyez sur le bouton, nous ferons le reste». Tout est dit...
Désormais, la mise en scène du bonheur familial passe par le naturel, la spontanéité, l'erreur (combien dans nos albums de photos ratées soigneusement gardées ?)... Qu'importe les maladresses techniques, il faut immortaliser les temps forts, les rites de passage et inscrire dans l'image la mythologie familiale.
Les années 1930 voient la diffusion à grande échelle de petits appareils pliables équipés de pellicules en rouleau... C'est le boom de la photographie de masse accessible à tous. Trente ans plus tard, l'avènement de la couleur et la généralisation d'appareils sans réglages ou mise au point, comme les Instamatic, confirmeront cet engouement jusqu'à la passion numérique que nous connaissons.
Avertissement : cet ouvrage rassemble des photographies anciennes à caractère documentaire ou familial. Sauf mentions contraires elles sont extraites de la Collection Avant-Demain. Nous nous sommes efforcés de rechercher les photographes et leurs ayants droit moraux, mais il nous a été impossible de les identifier tous afin de solliciter leurs autorisations de reproduction. Nous avons donc pris la responsabilité de la diffusion de ces photographies, persuadés que, ce faisant, nous respections la mémoire et le travail de ces photographes amateurs et de leurs sujets.