Réveiller le désir d'apprendre

Réveiller le désir d'apprendre

Quatrième de couverture

À six ans, il posait mille questions. Adolescent, il va en classe mais, accro à ses écrans, sa vie est ailleurs.
Les jeunes Français pourraient apprendre beaucoup plus si les méthodes utilisées, de l'école primaire à l'université, tiraient mieux parti de la curiosité innée et de l'élan naturel qui poussent chacun, depuis la petite enfance, à expérimenter, comparer, interroger.
Des centaines de chercheurs en sciences cognitives et en psychologie étudient dans le monde les méthodes les plus efficaces pour apprendre. Nourrie de leurs travaux, Agnès Baumier-Klarsfeld, journaliste, a interviewé élèves, parents, professeurs, étudié les pratiques asiatiques, enquêté au Canada et dans les pays nordiques. Et elle montre notamment comment le numérique est en train de transformer l'acte d'apprendre, partout dans le monde.
Non, le rejet de l'enseignement n'est pas une fatalité. Sans attendre une hypothétique révolution pédagogique, ce livre aidera les parents et les enseignants en quête d'idées à transmettre aux jeunes enfants les clés de leur réussite. Pour que (re)naisse et grandisse le désir d'apprendre.

Agnès Baumier-Klarsfeld, journaliste (L'Étudiant puis L'Express, en charge des sujets liés à la jeunesse et l'éducation) a publié Pourquoi vos enfants s'ennuient en classe (avec Marie-Danielle Pierrelée chez Syros-La Découverte).

François Taddei, le préfacier, directeur du Centre de recherches interdisciplinaires, directeur de recherches à l‘INSERM, membre du Haut conseil de l'éducation, milite activement pour l'innovation dans l'éducation.

Extrait de Réveiller le désir d'apprendre

Extrait de l'introduction

«Le plaisir scolaire avait sa source principale dans le privilège, alors indiscuté, de l'école : dans un monde de la rareté, elle était la seule à promettre le dépaysement, à faire entrevoir une vie plus large et moins prosaïque, à étaler sous les yeux enfantins de modestes merveilles.»

Mona Ozouf

À 6 ans, il posait mille questions, s'émerveillait du monde, voulait tout comprendre, tout savoir, épuisait l'entourage de ses interrogations incessantes. Mais que s'est-il passé ? Pourquoi cet être de passions s'est-il ainsi éteint ? Il va en classe par obligation, mais l'on sent bien qu'il y est sans y être. Les parents s'alarment. Que devient-on aujourd'hui sans diplôme ? Ils discutent, paient des petits cours, punissent : plus de sorties, plus de smartphone, plus de console...
Entre la classe de 6e et la 3e, le nombre d'élèves qui rejettent ainsi les apprentissages scolaires passe de 7% à près de 30 %, soit dans chaque classe près d'une dizaine d'élèves si l'on en croit des recherches récentes. Un chiffre qui affole parents et professeurs. La faute aux écrans, à leur attrait si puissant ? L'école en concurrence frontale avec les jeux vidéo, les réseaux sociaux ?
Ces distractions addictives jouent sûrement un rôle dans l'incapacité croissante des jeunes à fixer leur attention, à mémoriser les connaissances. Pas facile non plus d'étudier sereinement quand tant de familles vacillent, quand l'avenir semble si opaque. Mais l'organisation de notre Éducation nationale joue un rôle majeur dans ce repli préoccupant. Les méthodes communément utilisées en France, des classes élémentaires à l'université, ne sont pas, et de très loin, les plus efficaces pour transmettre aux jeunes la flamme, la persévérance qui les feront aller au bout d'eux-mêmes.
Fatalité ? Notre système a prouvé sa qualité, produit des élites remarquables, le mal vient des réformes successives, du déclin de l'autorité, du laxisme, de l'égalitarisme, tempêtent les uns. Des moyens sont nécessaires, aucune amélioration à attendre sans investissement. Il faut plus d'enseignants, et mieux payés, des équipements plus modernes, réclament les autres. Débats sans issue. Devrait-on dire hors-sujet ?
Quelques escapades hors des frontières amènent à changer de perspectives. La France a ses spécificités, un État centralisé et puissant, une école qui a joué un rôle majeur dans la construction de la nation en diffusant une culture commune et en sélectionnant, génération après génération, une élite de fonctionnaires. Mais les défis auxquels font face les enseignants du monde entier sont aujourd'hui largement communs : retenir l'attention, susciter l'effort, tirer les élèves vers le haut en aidant chacun à se construire... Et certains pays semblent réussir mieux que d'autres dans ce combat pour la diffusion des connaissances.