Terrorisme et sécurité : « ils nous prennent pour des cons... »

Terrorisme et sécurité : « ils nous prennent pour des cons... »

Quatrième de couverture

Entre terrorisme, fantasmes, désinformation et exploitation politique, la sécurité n'en finit pas d'alimenter la chronique médiatique et judiciaire, quels que soient les gouvernements et sous toutes les latitudes.
Terrorisme, drogue, délinquance financière, violences sociales, jamais l'industrie du crime n'aura autant prospéré que durant ces dernières décennies.
En France, l'État a beau jeu de répéter, à grands renforts de communication, qu'il maîtrise la situation, chacun peut mesurer combien la réalité est toute différente, tant l'actualité nous apporte, chaque jour, son lot de révélations sur les dysfonctionnements majeurs qui frappent notre appareil sécuritaire et judiciaire.
Daniel REMY fut l'un des premiers à l'avoir compris, lui qui, dès 1976, créa le premier grand groupe de sécurité privé français, exclusivement dédié à la protection des hautes personnalités et des manifestations à hauts risques.
Du milieu du show-business à celui de la nuit, en passant par les campagnes électorales et les conflits sociaux, Daniel REMY a vécu, bien avant l'heure, les attentats sanglants qui frappèrent la France, sans discontinuer, depuis les années 70 : terrorisme arabo-musulman, avec pour toile de fond le conflit israélo-palestinien, terrorisme révolutionnaire de type «anarcho-communiste» (Action Directe), terrorisme indépendantiste (Corse, Pays Basque, Bretagne).
A travers ce témoignage inédit, l'auteur nous fait pénétrer dans les coulisses d'un milieu où se mélangent, dans un désordre indescriptible, «gros bras», flics, privés, barbouzes et criminels de droit commun.
Accidents mortels, suicides inexpliqués, coups tordus, règlements de comptes, manipulations politiques, corruption, écoutes téléphoniques, cet ouvrage tranche singulièrement avec les discours officiels, parfaitement huilés.
A lire absolument, pour mieux comprendre l'actualité dramatique que nous traversons.

L'AUTEUR

Chef d'entreprise et «homme de terrain» avant tout Daniel Rémy a effectué de nombreuses missions à l'étranger (États-Unis, Amérique latine, Afrique, Moyen-Orient, Asie...) : à travers ses écrits, et sans jamais trahir aucun secret, c'est une partie de sa propre expérience qu'il nous livre, en nous faisant pénétrer dans un univers où les fantasmes le disputent souvent à la réalité objective-Daniel Rémy est auditeur de l'IHEDN - Institut des Hautes Études de la Défense Nationale) et auditeur de l'INHESJ (Institut National des Hautes Études de Sécurité et de Justice).

Extrait de Terrorisme et sécurité : « ils nous prennent pour des cons... »

Extrait de l'introduction

En préambule, je tiens à rendre ici un hommage appuyé à tous les fonctionnaires de police et de la Défense, avec ou sans grade, qui se dévouent sans compter et souvent au péril de leur vie pour le bien public, dans des conditions chaque jour plus difficiles. Dans le cadre de mes activités, j'en ai croisé beaucoup, allant jusqu'à recruter certains d'entre eux, après leur départ à la retraite, car j'ai toujours considéré que l'association des compétences (public/privé) était le seul véritable gage de succès de mon entreprise...
Qu'on ne compte donc pas sur moi pour opposer le secteur privé de la sécurité à celui qui relève de la sphère publique : les deux sont parfaitement complémentaires, dès lors que chacun en connaît les limites...
A cet égard, l'exemple donné par les sempiternels conflits opposant les différents services de police (RG,PJ, DGSI) et de la Défense (gendarmerie, DGSE), tout comme la lutte permanente entre ces mêmes services et l'autorité judiciaire, sont édifiants.
En réalité, les sphères publique et privée comptent autant de femmes et d'hommes de grande qualité.
Il est donc capital que les uns et les autres apprennent à se connaître et à se respecter, avec un seul et même objectif : lutter contre toutes les formes de violences et de délinquance, dans l'intérêt de la collectivité, particuliers et entreprises confondus...
Voilà plus de trois décennies que je tiens ce discours et que j'ai démontré, dans les faits, que cette «cohabitation» était non seulement possible mais que, de plus, elle donnait d'excellents résultats.
Si, aujourd'hui, les responsables politiques, de droite comme de gauche, s'accordent enfin à admettre que l'État ne peut pas tout, en matière d'offre de sécurité, allant jusqu'à parler de «coproduction de sécurité», en association avec le secteur privé, force est de reconnaître qu'il y a «loin de la coupe aux lèvres» et que la défiance et la résistance des syndicats policiers et de l'administration demeurent...
Nul ne peut nier que cette défiance est parfois fondée car, nous aurons l'occasion de le voir à travers cet ouvrage, un certain nombre d'acteurs du secteur privé se distinguent, le plus souvent, par leur incompétence, mais aussi, ce qui est plus fâcheux, en agissant comme de véritables délinquants.
De la même manière, faire croire ou laisser croire que, au sein de la sphère publique, il n'y aurait que des fonctionnaires compétents et intègres, respectant le droit en toutes circonstances, sans jamais franchir la ligne rouge (ou «blanche», quand il s'agit de cocaïne...), est tout aussi ridicule...
Chacun voit bien que ces querelles imbéciles et puériles ne mènent nulle part et qu'elles font, en revanche, le bonheur et les affaires des terroristes, criminels et délinquants de tous poils...
En fait, dans la pratique, le citoyen a parfaitement conscience que la sécurité est un exercice à hauts risques et que les réponses à opposer au terrorisme, à la criminalité et à la délinquance, dans un État de droit, sont particulièrement complexes.
Cet exercice n'a jamais été pour me déplaire, bien au contraire. Sauf que la multiplication de ce que les médias ont coutume d'appeler les «officines» ou les «barbouzes» a contribué à polluer une profession qui mérite infiniment mieux que les anathèmes dont elle est régulièrement frappée...
Ce que les mêmes médias oublient trop souvent de dire, c'est que ces fameuses ou «fumeuses» officines sont, pour l'essentiel, constituées d'anciens fonctionnaires, policiers, gendarmes ou militaires. Et que, si un grand nombre d'entre eux se sont reconvertis dans le privé, c'est aussi en important des méthodes qui prévalaient dans le public (accès aux fichiers, passe-droits, moyens de pression, affaires montées de toutes pièces ou «chantiers» visant à neutraliser ou à discréditer une cible,...), quand leur carte tricolore et leur arme de service constituaient de précieux arguments pour lever bien des obstacles...
Or, force est de constater que, si la plupart des policiers qui ont créé leur propre entreprise furent incontestablement de grands flics, il n'en demeure pas moins que, privés de leurs prérogatives, leur efficacité s'en est trouvée considérablement diminuée... En réalité, leur «valeur ajoutée» réside, en tout premier lieu dans les réseaux et les liens qu'ils ont soigneusement entretenus tout au long de leur carrière. Ce sont ces réseaux et ces liens qui leur permettent d'avoir accès à des informations qui, en théorie seulement, leur sont interdites.
Pour ma part, ceci ne me choque pas car j'en ai moi-même bénéficié et, dès lors qu'il s'agit de combattre la criminalité, sous toutes ses formes, ces fonctionnaires «défroqués» ne font rien d'autre que de poursuivre une mission «d'intérêt public», au sens large du terme...