Retrouver un ancêtre soldat de la Révolution ou de l'Empire

Retrouver un ancêtre soldat de la Révolution ou de l'Empire

Quatrième de couverture

Nous avons tous des ancêtres qui ont participé aux guerres de la Révolution et de l'Empire : on a compté plus de huit millions de combattants et plus d'un million de morts sur vingt ans en Europe... pour une population française de 28 millions en 1789. Autant dire que toutes les familles sont concernées et que la saignée, étalée sur une plus longue durée de temps, a été aussi traumatisante pour le pays que celle de 1914-1918.
La littérature du XIXe siècle a largement vanté l'héroïsme des grognards et la dureté du quotidien. Des légendes sont parfois restées dans les familles (l'aïeul aurait combattu à Austerlitz, il serait allé jusqu'en Égypte...), des objets aussi (un sabre, un reste d'uniforme...). D'autres fois, rien ne se devine : l'ancêtre s'est marié et est mort où il était né, il n'y a que les archives qui peuvent vous apprendre que, dans l'intervalle, il avait suivi la Grande Armée jusqu'à Moscou.
Ce petit livre est d'autant plus indispensable aux amateurs de généalogie que, si votre aïeul n'est pas officier, il n'est pas si facile de le retrouver à travers la masse d'archives militaires quand on les aborde pour la première fois.
Et même s'il n'a pas été enrôlé, les documents livrent bien des informations sur les dispensés ou les réformés. Ils permettent aussi, au-delà des conflits, de préciser une filiation, un lieu de naissance ou de décès, une délocalisation qui conduit à un mariage...
À travers ce guide riche d'exemples concrets, Jérôme Malhache permet à chacun de retrouver ses ancêtres dans les guerres de la Révolution et de l'Empire, ainsi que leurs tribulations au quotidien.

Généalogiste professionnel, Jérôme Malhache est un passionné des questions militaires de la fin de l'Ancien Régime et du XIXe siècle. Il intervient régulièrement dans la presse spécialisée (Revue française de généalogie, Généalogie Magazine...) et donne aussi des cours et des conférences sur les méthodes de recherche.

Extrait de Retrouver un ancêtre soldat de la Révolution ou de l'Empire

Introduction

Lorsqu'il remonte le temps, le généalogiste s'attarde parfois sur la période de la Révolution et du Premier Empire. Un quart de siècle qui l'amène à se poser de nombreuses questions sur le sort de ses ancêtres. Il cherche à les situer dans ces temps de bouleversements et de guerres. Plusieurs générations ont parcouru l'Europe l'arme à l'épaule. Comment retrouver un lointain parent parmi la multitude ?
Ce n'est pas seulement l'unique épisode glorieux d'une vie qui est en question. Le travail sur cette période apporte beaucoup plus dans une généalogie. Souvent par ricochets. Les documents consultés enseignent bien autre chose que le parcours militaire de l'ancien grognard. Bien sûr on saura exactement où et quand il a combattu. Et comme on aura découvert dans quelle unité il servait, on pourra se faire une idée de la couleur de l'uniforme qu'il portait et s'il était coiffé d'un casque ou d'un shako. Mais au-delà, ce sera l'occasion de préciser une filiation, un lieu de naissance ou de décès, une délocalisation qui conduit à un mariage. Ce sera l'occasion de découvrir un métier d'avant l'incorporation, d'expliquer un changement de statut social. Et les archives ne nous parlent pas seulement de ceux qui sont partis à la guerre. Le dispensé, le réformé, grâce au recensement militaire, vont peut-être retrouver leur place dans la généalogie. Car le recrutement militaire devient à l'époque une affaire... civile. Les autorités locales recensent des jeunes gens dont certains, pas tous, vont porter l'uniforme. Et avant de se tourner vers le Service historique de la Défense (SHD), le généalogiste commence souvent son enquête aux archives départementales ou aux archives communales. Mais pas systématiquement. Tout dépend par quel bout il attaque la recherche. Tout dépend du profil du personnage étudié. Et si chaque cas est un cas particulier, nous allons justement essayer de signaler les pistes.

Avertissement
Dans ce guide de recherche il est fait référence à des archives. Elles y sont désignées en fonction du cadre de classement en vigueur dans les institutions qui en assurent la conservation. De nombreuses références concernent les fonds conservés par le Service historique de la Défense (SHD). Depuis la création du SHD et le regroupement en une seule entité de différents services (en particulier le Service historique de l'armée de Terre et celui de la Marine), il est d'usage de faire précéder les cotes «Terre» du préfixe GR et les cotes «Marine» de MV (pour Marine Vincennes, car les fonds conservés à Brest auront pour préfixe MB, et ailleurs M et l'initiale des autres ports). Nous avons fait le choix de ne pas faire figurer ces préfixes pour ne pas alourdir le texte, considérant que les thèmes abordés dans chacun des chapitres ne prêtent pas à confusion sur l'origine ou la localisation des fonds.
De la même façon la transcription est évolutive. Ainsi pour les contrôles collectifs de l'armée de Terre, selon les guides et les instruments de recherches consultés, on trouvera par exemple le libellé 21YC 180 ou 21Ye 180, alors que, pour ce même article, dans les inventaires les plus récents, la sous-série est indiquée en majuscules (YC). C'est ainsi qu'elle doit être saisie dans l'interface de réservation des documents sur le site Internet du SHD, et ainsi qu'on la retrouve sur le bordereau de communication. L'utilisation des majuscules évite d'éventuelles confusions, mais leur emploi incertain peut en créer, comme avec les sous-séries Xi et XI autrement écrites XI et XL.
Les cotes «Marine» combinent aussi majuscules et chiffres, parfois en exposant, comme dans BB4 125. Une nouvelle fois on note une distorsion entre des instruments de recherche anciens et la nouvelle syntaxe. S'agissant de la Marine, le phénomène est accentué par la répartition des fonds entre différents services. Ainsi, dans la salle des inventaires virtuelle (SIV) des Archives nationales, les dossiers individuels (jusqu'à la fin du XVIIIe siècle) sont classés dans une sous-série libellée avec des barres de fraction (MAR/C/7). Là encore nous avons fait le choix d'un format unique pour désigner des fonds comparables (C7 et CC7).