Rio 2016 (Coffret)

Rio 2016 (Coffret)

Quatrième de couverture

Le rêve semblait impossible à atteindre. Qui aurait parié sur les Français, accablés par les coups du destin dès le début de ces Jeux olympiques de Rio ? Mais les chevaux en ont décidé autrement. Ces quatre-là avaient de l'or sous leurs sabots. Au bout du tunnel, l'équipe est allée chercher une médaille d'or olympique pleine d'émotion. Le premier titre des cavaliers tricolores depuis 40 ans. Retour en images sur un rêve devenu réalité où ces cavaliers et chevaux sont entrés dans la légende. Coffret comprenant 4 ouvrages : Un rêve en or-Rio 2016, Pénélope Leprévost, Kévin Staut et Bosty

Extrait de Rio 2016 (Coffret)

INTRODUCTION

«Champion olympique, c'était le rêve que l'on ne pouvait pas atteindre et on l'a réussi»
Roger-Yves Bost

L'histoire de cette équipe de France de saut d'obstacles à Rio est assez incroyable. Comme l'a dit si bien Philippe Guerdat, entraîneur national, «On pourrait écrire un livre sur ce qu'il s'est passé». Alors que la sélection française semblait l'une des plus armées pour aller chercher une médaille, les ennuis se sont accumulés... Les cavaliers seront passés par bien des émotions pendant cette quinzaine. Certains coups durs donnent la rage, l'envie de se battre plus fort. Quelques jours après le triomphe des Bleus au concours complet, les 4 fantastiques du jumping les ont imités pour écrire une formidable page de l'équitation française.

*

CHAPITRE PREMIER

L'ami cheval

Sur la table basse, des revues d'équitation montrent le même cavalier, un champion, celui du moment, d'Europe, le vice-champion du monde. Ce champion, c'est moi, alors mon portable ne cesse de vibrer. Je viens de passer des heures au téléphone avec tous ceux que ma victoire concerne ou intéresse d'une manière ou d'une autre.

Depuis Lexington, je me rends compte de ce qui a changé. Être champion, c'est stressant parce qu'il faut le rester... Ça prend du temps, plus encore que d'être cavalier... Alors, quand mon téléphone sonne encore une fois, malgré l'heure matinale, je suis un peu las. Au bout du fil, c'est Henk, mon entraîneur, qui a essayé de me joindre sans succès depuis un bon moment. Il m'engueule :
- Tu devrais profiter du fait d'être chez toi pour lâcher ton téléphone !
- Oui, mais c'est compliqué, tu comprends...
- La seule chose que je comprenne c'est que tu es devenu numéro 1 mondial en montant à cheval, si tu veux le rester, continue à monter !

Il a raison, Henk, il a toujours raison. Monter, être avec son cheval, passer le plus de temps possible avec lui. C'est là que tout se joue, dans la relation que l'on instaure, le couple que l'on est capable d'entretenir. Sans ce duo que nous avons formé avec Kraque Boom, je ne serais pas champion d'Europe. Il faut du temps pour en arriver là, des heures à ^observer, écouter, soigner, monter, parler à son cheval... À Lexington, j'ai gagné parce que j'étais soutenu par une équipe et porté par Silvana avec laquelle j'ai établi des liens de confiance que la pression des événements n'a pas le pouvoir d'entamer.

Revenir toujours à son cheval, c'est comme ça que je dois me retrouver, après l'excitation des concours. Revenir chez soi, retrouver son cocon avec l'animal, ce qui me donne le souffle, l'énergie vitale... La phrase de Henk m'est restée, je retrouve dans ses mots le sens de l'équilibre, le repère absolu du cavalier : son cheval...

Elle s'appelait Mignonne. Une gentille jument vouée à tirer des roulottes pour le bon plaisir de gens comme nous. Elle acceptait sa mission sans rébellion et son air sympa avait suffi à convaincre l'enfant de cinq ans que j'étais alors de l'aimer. Avec maman, nous étions partis d'une ferme et c'est là que la rencontre avec Mignonne s'était faite naturellement. Dès les premières minutes, j'avais adoré notre voyage : la simplicité de la roulotte, de cette vie au grand air, la présence de la jument, celle de ma mère, m'offraient une sensation de confort, de chaleur, si agréable que j'aurais voulu qu'elle dure toujours. Malgré les conditions rudimentaires de couchage, je goûtais un luxe, celui de se sentir à l'abri et aimé. Parce qu'à la maison, au contraire, une rupture couvait. Mes parents allaient se séparer.