Mon Paris littéraire

Mon Paris littéraire

Quatrième de couverture

Les meilleures adresses de François Busnel
Dans quelles librairies se procurer ses livres ? Dans quel bar, quel jardin aller bouquiner ? En chemin, quels lieux littéraires allez-vous rencontrer ? D'adresses insolites en coups de coeur confidentiels, François Busnel invite à la flânerie dans les rues de son Paris.
Les adresses sont classées par arrondissements et accompagnées de plans.
«Où achetez-vous vos livres à Paris ?», «Où allez-vous les lire ?», «Où rencontrer des auteurs ?»... Ces questions que le public lui pose chaque semaine en marge de l'émission La Grande Librairie sur France 5, ont inspiré à François Busnel l'idée de ce joli carnet de route.
Fervent défenseur de la librairie indépendante, François Busnel y recense pour la première fois toutes les librairies parisiennes et met à l'honneur certaines d'entre elles pour leur caractère exceptionnel.
Il y propose aussi des itinéraires originaux et littéraires dans Paris.
À partir de chacune de ces librairies mythiques, il mènera le lecteur de bistrots en jardins où il fait bon lire. Aux maisons d'auteurs historiques en passant par les librairies de quartier et tous les lieux singuliers et livresques de la capitale (bibliothèques, bouquinistes...), au fil d'anecdotes littéraires, Paris se livre.

François Busnel est journaliste. Depuis 2008, il anime et produit «La Grande Librairie» tous les jeudis à 20h50 sur France 5. Il est également réalisateur de documentaires (Les Carnets de route ; Stephen Zweig, histoire d'un Européen ; Philip Roth, biographie d'une oeuvre ; Tolkien, le Seigneur des écrivains...). Il a dirigé le magazine Lire de 2003 à 2016 et a été rédacteur en chef puis éditorialiste à L'Express de 2001 à 2016. Sur France Inter, il a animé l'émission «Le Grand Entretien» de 2010 à 2013.

Les coups de coeur de la presse

Ce livre est recommandé par :
Bernard Pivot - Le Journal du Dimanche du 18 décembre 2016

Extrait de Mon Paris littéraire

Préface

Dès que l'on prononce le nom de «Paris», les clichés tombent en avalanche. Mieux vaut s'en remettre aux écrivains, qui savent trouver les mots justes. Prenez Sacha Guitry, par exemple. «Être parisien, ce n'est pas être né à Paris mais y renaître», disait-il. Je ne suis pas né à Paris, j'y suis re-né. Paris est une ville redoutable, arrogante, stressante, une ville de bruits et de fumées. C'est aussi une ville frivole, légère, charmante. Sa folie est sa sagesse. J'arpente Paris depuis que je suis en âge de marcher. Depuis toujours, j'aime ses trottoirs, ses squares, ses ruelles, ses porches d'immeubles, ses bistrots, ses vieux magasins, ses places, ses façades abîmées par le temps, ses fantômes, ses gens. Mais il y a une chose que j'aime par-dessus tout. Une chose qui fait de Paris une ville unique : ses librairies. Sans elles, Paris ne serait pas tout à fait Paris.
Il y a les librairies que l'on trouve facilement, parce que l'on bute dessus dès que l'on se promène sur les grands axes, et puis il y a les librairies confidentielles, blotties dans des endroits que peu connaissent et qui ne se découvrent que parce qu'un ami vous en a parlé. Il y a des librairies de toutes les formes, de toutes les tailles, de tous les âges. Elles offrent leurs merveilles à la curiosité du chaland et leurs conseils à l'oreille des indécis. Une librairie, c'est un endroit où l'on trouve ce que l'on n'est pas venu chercher. On peut y passer des heures, à flâner, fureter, feuilleter. On hésite entre diverses tentations. On écoute. On discute. On ne réussit jamais vraiment à choisir... Et on repart les bras chargés de livres !
Une librairie, c'est un lieu de vie et non un espace de consommation. Il est bien loin le temps des libraires en blouse grise, au regard sévère et à la mine hautaine (a-t-il jamais existé, d'ailleurs ?). Aujourd'hui les libraires pratiquent l'art de la joie, multiplient les échanges, organisent les rencontres entre l'écrivain et son public, prennent le temps de vous écouter, transforment leurs boutiques en cavernes d'Ali Baba, en bar à bouquins ou en grottes aux trésors. Il n'y aurait pas de lecture possible sans les libraires. Les lecteurs leur doivent tout : conseils, découvertes, nuits blanches, petits et grands bonheurs, et même -paraît-il - fiançailles et ruptures... Dotés d'une inépuisable énergie, ils font revivre leurs quartiers. On ne le dira jamais assez : la librairie indépendante est indispensable au renforcement du lien social. Pas de démocratie sans grandes librairies.
Voici donc une promenade à la recherche des librairies de Paris. Une balade totalement subjective, faite d'itinéraires en zigzag, qui donne la part belle aux lieux qui me parlent et m'inspirent. Parmi eux, quelques immeubles où reste gravée la trace du passage des écrivains que j'aime ou des personnages qu'ils ont créés (tout aussi vivants que leurs auteurs, mais ceci est une autre histoire...). Ces adresses m'émeuvent. Elles vibrent de la présence des disparus. Dans un livre remarquable, L'Invention de Paris, Eric Hazan invite les pouvoirs publics à débaptiser les rues actuelles, trop souvent affublées du patronyme de crétins notoires (hommes politiques ou militaires), au profit de héros de romans : avouez que descendre la rue Prince-Michkine pour emprunter le pont Jean-Valjean, flâner sur la butte Manon-Lescaut ou sur les trottoirs de l'impasse Nana, ça vous aurait une drôle de gueule, non ? Lançons le mouvement !
Les librairies sont des espaces de résistance. Grandes surfaces anonymes, froides tablettes numériques, ventes sur internet : les menaces s'accumulent mais ne signent pas - loin s'en faut - la fin des librairies indépendantes. Elles n'ont pas dit leur dernier mot. À nous, lecteurs, de les faire vivre en y passant le plus souvent possible. Il en existe plus de 3 260 en France. Voici celles qui animent Paris.