Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie

Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie

Quatrième de couverture

Oeuvre maîtresse de John Maynard Keynes (1883-1946), La Théorie générale de L'emploi, de L'intérêt et de La monnaie a marqué dans La pensée économique une véritable révolution et a profondément influencé les gouvernements occidentaux.
Keynes y affirme que tout doit être mis en oeuvre pour assurer le plein emploi de la main-d'oeuvre grâce à une redistribution des revenus telle que le pouvoir d'achat des consommateurs croisse proportionnellement au développement des moyens de production.
Telle est la condition, dans une société libre, de l'équilibre politique et social.

Les coups de coeur de la presse

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Pierre Ivorra - L'Humanité du 9 mars 2017

Extrait de Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie

PRÉFACE À LA PRÉSENTE ÉDITION
par Hélène de Largentaye

La traduction française de la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie fut l'objet d'un échange dense et parfois vif dont témoigne la correspondance d'une quarantaine de lettres (disponible aux archives de King's Collège, Cambridge, Royaume-Uni) d'avril 1938 à fin 1939, entre John Maynard Keynes et son traducteur, Jean de Largentaye. Parmi toutes les traductions - notamment les traductions allemande ou japonaise, qui, avec la française, sont les seules préfacées par Keynes -, la traduction française apparaît comme le fruit d'une collaboration unique entre l'auteur et le traducteur.
Keynes avait cinquante-trois ans lors de la publication de la Théorie générale en 1936. Il était first bursar principal (gérant), de King's College et résidait la plupart du temps dans son collège ou à Tilton, sa maison dans le Sussex. Victime d'une crise cardiaque en 1937, il dut ménager ses forces pendant plus de deux ans. Ce ne fut qu'à la veille de la Deuxième Guerre mondiale qu'il se rétablit complètement, pour contribuer alors à l'organisation de l'économie de guerre. Il consacra principalement sa longue convalescence à défendre la Théorie générale, oeuvre révolutionnaire, en répondant aux critiques et aux demandes d'éclaircissement de ses condisciples (Arthur Cecil Pigou, Berthil Ohlin, Ralph George Hawtrey, John Richard Hicks, Dennis Holmes Robertson...). De 1936 à 1939, de nombreux articles et lettres complètent ou même infléchissent l'interprétation de la Théorie générale. Or c'est précisément pendant sa convalescence, en 1938-1939, que Keynes allait s'impliquer dans la traduction française de son oeuvre majeure.
Jean de Largentaye (1903-1970) n'avait pas trente-cinq ans lorsqu'il se lança dans la traduction de la Théorie générale, en 1938. Inspecteur des finances, ancien élève de l'École polytechnique, il était affecté, depuis 1936, au Mouvement général des Fonds du ministère des Finances, que dirigeait Jacques Rueff. Il travailla en liaison avec le cabinet de Vincent Auriol (ministre des Finances du premier gouvernement de Léon Blum, juin 1936-juin 1939) puis, pendant trois semaines, du 13 mars au 8 avril 1938, avec la même équipe dont faisait partie Gaston Cusin, pendant l'éphémère second gouvernement Blum. Il fut mobilisé plusieurs fois en 1938 et 1939 (affecté au ministère de l'Armement à Paris fin août 1939), interrompant son activité professionnelle et retardant la traduction qu'il poursuivait en même temps.
L'année de la publication de la Théorie générale en Grande-Bretagne (février 1936) fut en France celle de la victoire du Front populaire (mai 1936). Au début de l'année suivante, en 1937, c'est à l'occasion d'une question parlementaire relative à une prétendue asphyxie monétaire qui aurait entravé le bon fonctionnement de l'économie française, que Jean de Largentaye, chargé de rédiger la réponse du ministre des Finances, avait découvert la Théorie générale dans sa version anglaise d'origine. Cette théorie fournissait un diagnostic différent de celui qui prévalait dans les milieux politiques et économiques de l'époque à propos du mal dont souffrait l'économie, à savoir une activité réduite par le sous-emploi de ses facteurs de production. La cause première de ce mal était non l'insuffisance du crédit mais l'insuffisance de débouchés pour les entreprises, lesquelles n'étaient dès lors pas incitées à investir. Cette analyse, certainement inspirée de la Théorie générale (et en particulier du chapitre, «L'efficacité marginale du capital»), figure dans la note au ministre, datée du 27 mai 1937, signée par le directeur du Mouvement général des Fonds et dont on sait qu'elle fut rédigée par Jean de Largentaye.
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