Le saut de l'ange

Le saut de l'ange

Quatrième de couverture

«Lisa Gardner signe toujours des romans au suspense époustouflant.»
Harlan Coben

Nuit noire et pluvieuse sur le New Hampshire : au détour d'une route, une voiture fait une violente embardée. Au volant, Nicole ne se souvient de rien, sauf d'une chose : sa fille, qui était avec elle, a disparu. Si les recherches de la police confirment la présence d'une autre personne lors de l'accident, le mari de Nicole prétend que l'enfant n'a jamais existé... Qui croire ? Que s'est-il réellement passé cette nuit-là ?

La nouvelle enquête du sergent Wyatt Foster et de Tessa Leoni impose une fois de plus Lisa Gardner, Grand Prix des lectrices de Elle pour La Maison d'à côté, comme l'un des maîtres du thriller psychologique. En tête sur la liste des best-sellers du New York Times, Le Saut de l'ange ne laissera aucun lecteur indemne.

«Un roman d'une complexité admirable.»
Huffington Post

Grand Prix des lectrices de Elle Policier pour La Maison d'à côté en 2010, Lisa Gardner est devenue l'une des reines incontournables du suspense. Son dernier suspense, Preuves d'amour, s'est vendu à 30 000 exemplaires.

Extrait de Le saut de l'ange

Je suis déjà morte une fois.
Je me rappelle ce que j'ai ressenti, si tant est que je puisse me rappeler quoi que ce soit aujourd'hui. Une douleur intense, cuisante, suivie d'une immense et accablante fatigue. Je voulais tout laisser tomber ; ça, je m'en souviens parfaitement. J'avais besoin que ça s'arrête. Mais je ne l'ai pas fait. J'ai lutté contre la douleur, la fatigue, la lumière blanche à la con. Je me suis accrochée et, petit à petit, je suis revenue dans le monde des vivants.
Pour Vero. Parce qu'elle avait besoin de moi.
Qu'as-tu fait ?
Maintenant je flotte entre ciel et terre. J'ai l'impression que ce n'est pas normal. Les automobiles sont trop lourdes, elles ne sont pas faites pour voler, surtout les gros 4 x 4 de luxe. Il y a une odeur étrange, un truc acre qui m'agresse les narines. De l'alcool. Du whisky Glenlivet, plus précisément. Je ne bois que du bon, par principe.
Qu'as-tu fait ?
Je voudrais crier. Je fends les airs ; dans une seconde, je vais mourir une deuxième fois. Si je dois y passer, j'aimerais au moins faire entendre ma voix. Mais rien ne sort.
À la place, je regarde fixement à travers le pare-brise. Il fait noir comme dans un four. Et, comble de l'ironie, il pleut. Comme cette nuit-là. Avant que... Qu 'as-tu fait ?
Voler n'est pas si désagréable. Au contraire, la sensation est plutôt plaisante, jubilatoire même. Je défie les lois de la pesanteur, je laisse derrière moi les contraintes de la vie terrestre. Je devrais tendre les bras pour mieux étreindre cette deuxième mort qui s'annonce.
Vero.
Ma belle petite Vero. Et puis...
La force de gravité reprend ses droits. Dès qu'elle entre en contact avec le sol, ma voiture retrouve son poids d'origine. Un terrible fracas. Une onde de choc. Mon corps, si léger l'instant d'avant, heurte le volant, le tableau de bord, le levier de vitesse. Comme une poupée de chiffon. Le bruit du verre qui éclate. Mon visage qui part en mille morceaux.
Une douleur intense, cuisante, suivie d'une immense et accablante fatigue. Je veux tout laisser tomber. J'ai besoin que ça s'arrête.
Je pense : Vero.
Et puis : Oh mon Dieu, qu'ai-je fait ?
Mon visage est trempé. Je me passe la langue sur les lèvres. Elles ont un goût d'eau, de sel, de sang. Je lève doucement la tête. Un élancement me déchire la tempe. Je grimace. Par réflexe, je baisse le menton. Mon front endolori heurte une surface en plastique rigide. Le volant. Il est enfoncé dans ma cage thoracique ; ma jambe est bizarrement tordue, mon genou coincé sous le tableau de bord froissé. Je suis tombée, me dis-je, et je ne peux pas me relever.