Dictionnaire amoureux de la République

Dictionnaire amoureux de la République

Quatrième de couverture

«La France est une République, personne ne le conteste aujourd'hui. Mais il n'en a pas toujours été ainsi. La France fut une monarchie - légitimiste ou orléaniste -, deux fois empire, et il lui a fallu deux révolutions pour que la République s'impose, résultat d'un combat, avec ses héroïnes et ses héros.
Mais comment la définir ? Les historiens la qualifient de République des ducs, des camarades, des comités, des avocats, des instituteurs, des professeurs, des fonctionnaires et aujourd'hui des énarques. Pour nombre d'entre nous, la réponse est peut-être plus simple : la République signifie «Liberté, égalité, fraternité», notre devise nationale.
Connaître l'histoire de la République, le cheminement de l'idée républicaine, c'est se confronter à notre Histoire, la comprendre pour donner un sens à notre vie collective et politique. Ce dictionnaire, parce qu'il est amoureux, est personnel et non exhaustif. J'aime la République et les républicains. J'ai fait des choix. Ils peuvent surprendre, être contestés. Je les assume.»

Auteur de plusieurs ouvrages historiques sur des personnalités, souvent oubliées, qui ont contribué à construire notre modèle républicain, Jean-Louis Debré a été magistrat, député, maire d'Évreux, ministre de l'Intérieur, président de l'Assemblée nationale et président du Conseil constitutionnel. Il a placé toute sa carrière politique au service de la République.

Les coups de coeur de la presse

Ce livre est recommandé par :
Julie Malaure - Le Point,février 2017

Extrait de Dictionnaire amoureux de la République

Extrait de l'avant-propos

Nous n'avons que trop tendance à résumer l'histoire de notre pays à quelques grandes dates symboliques, à quelques conquêtes politiques ou sociales fortes.
Cette théâtralisation et cette sélection de l'histoire sont probablement nécessaires tant il est vrai que celle-ci s'incarne dans des personnages et dans le verbe. Mais elle ne saurait tenir lieu de viatique pour comprendre l'évolution des nations et les mutations des sociétés. L'histoire ne se résume pas à l'événement. Si on veut l'analyser et l'appréhender à sa juste mesure, il convient de resituer le spectaculaire dans ce que Marc Bloch appelait le «temps long».
Les Républiques se succèdent de mère en fille, comme les rois de père en fils, note avec humour Gaston Bonheur, même si pour la France ce ne fut pas toujours l'exacte réalité.
La France a hérité de cinq Républiques : La première, du 22 septembre 1792 au 18 mai 1804. Elle est la conséquence de l'onde de choc de la Révolution, de la fuite et de l'arrestation de Louis XVI à Varennes le 21 juin 1791, de l'insurrection parisienne du 10 août 1792. Elle n'a pas été formellement proclamée, c'est la royauté qui a été abolie. Elle existait déjà de fait. Elle a connu trois formes de gouvernement :
- La Convention nationale, du 22 septembre 1792 jusqu'au 26 octobre 1795, qui promulgue ses actes au «nom de la République française». La réalité du pouvoir est aux mains d'un Comité de salut public. Cette période est marquée par la dictature de Robespierre et la «Terreur» qu'il fit régner.
- Le Directoire, du 26 octobre 1795 (4 brumaire an IV) au 9 novembre 1799 (18 brumaire an VIII). Pour éviter les risques d'un retour à une dictature personnelle comme celle de Robespierre, la Constitution de l'an III (22 août 1795) institue une rigoureuse séparation des pouvoirs. Elle divise chacun de ces pouvoirs entre plusieurs corps ou individus. Les députés, élus selon un régime censitaire, pour trois ans, sont renouvelés par tiers chaque année. Les députés forment alors, par tirage au sort, le Conseil des Cinq-Cents et celui des Anciens. Les Cinq-Cents ont seuls l'initiative des lois que les Anciens ne peuvent qu'approuver sans amendement ou rejeter.
Le pouvoir exécutif est confié à un Directoire de cinq membres élus par les Anciens sur une liste de dix candidats présentée par les Cinq-Cents. Renouvelable par cinquième, tous les ans, ce Directoire ne peut dissoudre les Conseils.
- Le Consulat, de 1799 à 1804, issu du coup d'État du 18 brumaire an VIII, qui renverse le Directoire. Avec la Constitution du 22 frimaire an VIII s'installe un régime politique autoritaire dirigé par trois consuls (Bonaparte, Cambacérès et Lebrun), en réalité par le seul Premier consul Bonaparte. Le Consulat a duré jusqu'au 18 mai 1804 (28 floréal an XII). Peu à peu, Napoléon Bonaparte prend tous les pouvoirs en devenant consul à vie en 1802.