Des fleurs sauvages dans mon jardin : les choisir, les cultiver, les associer... : des auxiliaires indispensables pour une vraie biodiversité

Des fleurs sauvages dans mon jardin : les choisir, les cultiver, les associer... : des auxiliaires indispensables pour une vraie biodiversité

Quatrième de couverture

Comment accorder une place de choix aux sauvageonnes du jardin, auxiliaires indispensables pour le jardinier.
Comment les reconnaître et découvrir leurs vertus, comme par exemple :

° les indications qu'elles apportent sur la nature du sol et ses éventuelles carences, qui vous aideront à sélectionner les techniques culturales appropriées ;
° le «travail» qu'elles font à votre place : plantes pionnières. «pansement vert» qui vient au secours d'une terre dégradée, plantes messicoles à croissance rapide qui protègent le sol du lessivage, engrais verts qui enrichissent le sol en azote, plantes qui soignent... les autres plantes, une fois transformées par macération, infusion ou fermentation ;
° le gîte et le couvert qu'elles apportent aux insectes et aux oiseaux, autres auxiliaires indispensables à l'équilibre, à la pollinisation et à la bonne santé du jardin.

Vous découvrirez dans ce livre tous les conseils techniques nécessaires pour les préserver, les choisir, les installer, les entretenir, les associer, les limiter si nécessaire.

Asphodèle, reine des prés, digitale, nielle, mélilot, scabieuse, cardère... De quoi transformer votre jardin en un havre de diversité végétale et animale, repaire d'un équilibre écologique préservé.

Brigitte Lapouge-Déjean est jardinière en bio, auteure d'une vingtaine d'ouvrages sur le jardinage et l'écologie et collaboratrice du magazine Les 4 Saisons du jardin bio.
Serge Lapouge est paysagiste-conseil et photographe. Ensemble, ils ont créé en Dordogne les Jardins de l'Albarède, classés «Jardin remarquable» et «Jardin de Noé» (www.jardins-albarede.com).

Extrait de Des fleurs sauvages dans mon jardin : les choisir, les cultiver, les associer... : des auxiliaires indispensables pour une vraie biodiversité

Avant-propos

La révolution verte, qui prend enfin de l'ampleur et culminera en 2019 avec l'interdiction de vente et de détention de tous les pesticides pour les jardiniers amateurs, induit une prise de conscience globale jamais égalée jusqu'ici sur les grands équilibres qui président à la bonne santé de l'environnement. Nullement isolés dans notre jardin «bulle verte», nous voici tous co-acteurs et, à ce titre, responsables du vivant.
Si nous commençons à reconnaître le rôle que tiennent les insectes, les oiseaux, les petits animaux dits «auxiliaires», dans le maintien de ces équilibres, celui des plantes sauvages reste à peu près méconnu. Pourtant, sans elles, tout ce petit peuple affairé à protéger le jardin des ravageurs n'existerait tout simplement pas. La vie animale est entièrement liée à la vie végétale, elles ont co-évolué au fil des millénaires et sont devenues indissociables, pour la pérennité de chacun.
Que deviendraient les plus beaux papillons de l'été sans le feuillage de l'ortie pour nourrir leurs chenilles, les syrphes ou les coccinelles sans les colonies de pucerons installées sur les plantes relais ?
La disparition des plantes sauvages au profit d'une production potagère ou d'espèces horticoles jugées plus brillantes détruit ces fragiles équilibres. Ne parlons même pas des campagnes où la généralisation d'une agriculture intensive a détruit le cortège floristique qui accompagnait chaque spécificité de sol et de climat, engendrant la raréfaction de la biodiversité végétale et animale.
En 1870, François Ayasse, un savant inspiré, écrivait une Étude agricole, conseillant d'enchanter la campagne en plantant partout un maximum de fleurs «pour lutter contre les fléaux, les maladies et la stérilité de l'agriculture». L'idée ne fit pas recette et ses contemporains conclurent à une folie douce. Pourtant, sa vision «florissante» n'est pas si loin des conclusions des recherches actuelles et pourrait devenir la base d'un jardinage bucolique, sans pesticides.
En effet, nous connaissons bien, à présent, l'importance des plantes à fleurs dont la quantité de pollen et de nectar influe dès le printemps sur le nombre des futurs auxiliaires en tout genre, prêts à nous aider. La pollinisation dépend aussi de l'activité intense des abeilles, mouches, papillons, tous insectes portant une «balayette» et circulant d'une fleur à l'autre. Et nous nous soucions de leur fournir des plantes mellifères.
Mais on sait moins que les plantes sauvages travaillent pour nous à bien d'autres choses ! Pour commencer, elles nous donnent de précieuses indications sur l'état de notre terre ; elles savent protéger le sol, l'enrichir, extraire du sous-sol oligo-éléments et sels minéraux, éviter l'érosion, activer les micro-organismes. Mais ce n'est pas tout : elles pansent la terre malmenée, mise à nue, polluée, s'installent sur les espaces détruits, s'adaptent aux milieux les plus défavorables, recréent des sols favorables aux cultures. Et puis elles sont le seul moyen de fidéliser les auxiliaires au sens large, fournissant le gîte en plus du couvert à tous les étages, au pied des arbustes, dans les prairies, dans les haies...
Lorsque nous manions la débroussailleuse puis la grelinette pour installer le jardin de nos rêves, bien malgré nous et sans y prendre garde, ce sont tous ces petits écosystèmes issus du génie de la nature que nous perturbons. Pour les rétablir, une seule solution : ressemer, planter, adopter des fleurs sauvages car pour qui sait les utiliser, elles simplifient la vie et enrichissent le jardin gratuitement.
Cet ouvrage vous convie à explorer la palette colorée de plantes devenues rares et pourtant accessibles aux débutants. Tout d'abord classées par milieux, elles répondent aux problématiques de résidence des sols. Vite pris au jeu et guidés sur le terrain par les pages pratiques qui vous expliquent les gestes essentiels (voir p. 106-115), vous découvrirez pas à pas le lien qu'elles entretiennent avec les auxiliaires, les pollinisateurs, les oiseaux, tous les êtres vivants qui rendent un jardin unique.
Une sélection de plantes indique les atouts des sauvageonnes au jardin pour le sol, la faune, les associations. Ce choix privilégie des espèces faciles à cultiver, que ce soit à la campagne ou à la ville, certaines pouvant même s'envoler si on les y autorise vers d'autres jardins, d'autres lopins jardines ou délaissés.
Au fil des ans, vous verrez votre jardin se transformer, s'enrichir de nouvelles espèces, perdre de sa rigidité pour prendre des couleurs. Vous oublierez la notion de «mauvaise» herbe pour vous pencher avec attention sur la nouvelle venue, la «vagabonde», et découvrir le rôle de ces vies qui entrent au jardin.