Histoire de l'islam radical et de ceux qui s'en servent

Histoire de l'islam radical et de ceux qui s'en servent

Quatrième de couverture

Il s'agit ici, de proposer une histoire de l'Islam radical, sans concession pour ceux qui s'en servent pour atteindre leurs objectifs stratégiques ou qui n'ont pas été capables d'évaluer à sa juste mesure la menace qu'il représentait pour la sécurité des français. Ce travail de synthèse couvre une période de près de trois siècles. Il est basé sur une très riche bibliographie française et étrangère. Mais c'est aussi le regard d'un officier parachutiste devenu chef d'entreprise, homme de terrain et de réflexion qui connait ces pays du Moyen-Orient et du pourtour méditerranéen. L'auteur, en citoyen libre et responsable, réfute les explications sommaires de commentateurs soucieux de sensationnel, dévoile les signaux faibles et les facteurs porteurs d'avenir qui déterminent révolution de cette guerre totale que mène l'islamisme radical pour instaurer partout dans le monde des États islamiques fondés sur la Charia. Il propose une stratégie globale pour y faire face après avoir répondu à la question suivante : l'Islam est-il compatible avec la république ?

L'AUTEUR
Général (2S), officier parachutiste, instructeur commando, Jean-Bernard Pinatel est un dirigeant d'entreprise et un consultant international, expert reconnu en intelligence économique et en gestion des risques. Titulaire de plusieurs titres de guerre, blessé en opérations, il est breveté de l'École Supérieure de Guerre et ancien auditeur de l'IHEDN. Docteur en études politiques, diplômé en physique nucléaire, il est l'auteur de quatre livres sur les questions géopolitiques.

Extrait de Histoire de l'islam radical et de ceux qui s'en servent

La paix est le temps où l'on dit des bêtises, la guerre le temps où on les paie.»
Robert De Saint-Jean

Introduction

Nos responsables politiques et militaires déclarent à l'envie «nous sommes en guerre». Mais, pour la plupart d'entre eux, ils n'ont pas compris ou ne veulent pas comprendre la nature du conflit dans lequel nous sommes engagés. Nous ne sommes pas confrontés à une guerre asymétrique, concept si cher aux américains. Nous faisons face à une guerre révolutionnaire mondiale à finalité religieuse, menée par les wahhabites de l'État islamique et d'Al-Qaida qui se voient comme des moudjahidines et par les Frères Musulmans qui veulent, par la prédication et par une action coercitive de long terme, installer des États islamiques fondés sur le droit (la Charia) et les pratiques de l'Islam du temps de l'Hégire.
Coulibaly et les frères Kouachi ont explicitement déclaré à leurs victimes qu'ils étaient musulmans et qu'ils appartenaient à l'État islamique et dans une vidéo publiée après sa mort, Coulibaly explicitera sa motivation religieuse. Mais tant à l'Élysée que sur les plateaux de télévision tout s'est passé comme si le tout Paris politique et médiatique s'était bouché les yeux et les oreilles : «Barbares, énergumènes, psychopathes, tous les qualificatifs étaient bons pour écarter la référence à la foi.»
La publicité gouvernementale «stop djihadisme» diffusée en décembre 2016 sur tous les médias français et dont le message principal est : «se radicaliser, c'est détruire sa famille, sa vie et celle des autres» est une preuve de plus de l'incapacité de notre République laïque à décrypter ou à vouloir admettre la réalité de la menace à laquelle nous sommes confrontés. Elle a dû faire bien rire les imams en charge de cette daw'a. Pourquoi ? Parce que leur logique n'est pas de recruter mais de convertir des polythéistes ou des apostats au wahhabisme, dont les deux fondateurs des Frères Musulmans Al-Banna et Al-Qubt partageaient les croyances. Et ceux qu'ils convertissent ne se voient pas comme des radicaux mais comme des fidèles à Allah, des «soldats de Dieu» pour qui le djihad est normal. C'est exactement comme si une publicité traitait les protestants de «radicaux» alors qu'ils sont avec les orthodoxes et les catholiques une des principales branches du christianisme.
Entre 2000 et 2014, le nombre de morts par attentat dans le monde a été multiplié par 95 et était en 2014 d'environ 35 000, avec un nombre de blessés qui a probablement dépassé les 100 000. 57% de ces morts sont géographiquement localisés dans 5 pays : Afghanistan, Irak, Nigeria, Pakistan, Syrie, pays musulmans dans lesquels le wahhabisme, une déviance du courant hanbalite de l'Islam, s'efforce d'installer des entités territoriales baptisées États islamiques, en essayant de convaincre les musulmans des autres courants de l'Islam par la prédication et par le djihad armé. Puis à partir de ces bases, ces «soldats de Dieu» et leurs imams veulent soumettre, dans les autres parties du monde, les apostats et les non croyants que nous sommes à leurs yeux, en s'appuyant sur les musulmans qui y sont installés et qu'ils essaient de convertir à leur daw'a et à leur djihad par la prédication, par la persuasion coercitive et par la terreur.
Ce courant intégriste de l'Islam mène depuis trois siècles une guerre révolutionnaire à finalité religieuse. Nous n'avons pas seulement affaire à des citoyens radicalisés qui peuvent l'être pour de multiples raisons : marginalisés économiquement dans nos sociétés d'abondance ; incapables de se projeter dans une civilisation de libertés, en manque de repères ; scandalisés par la politique des deux poids deux mesures des États-Unis dans le conflit israélo-palestinien, etc.
Les plus dangereux, ceux qui sont le bras armé de cette guerre dans cette nébuleuse aux origines et contours multiples et qui se sacrifient dans l'acte terroriste, sont des convertis qui se voient comme des «soldats de Dieu», fidèles à la prédication d'une déviance du courant le plus traditionnaliste de l'Islam et qui reproduisent ce qu'ont fait trois siècles plus tôt les premiers croyants de ce radicalisme islamique.
(...)