La phytoépuration : assainissement collectif et individuel, dépollution...

La phytoépuration : assainissement collectif et individuel, dépollution...

Quatrième de couverture

Qu'est-ce que ta phytoépuration ? Est-elle efficace ? Quels sont ses avantages et ses inconvénients ? Quel est le véritable rôle des végétaux ? Tous les dispositifs se valent-ils ?

Découvrez grâce à cet ouvrage exhaustif et pratique les mécanismes de l'épuration des eaux usées par les plantes, Les progrès réalisés ces dernières années dans ce domaine, les différents systèmes qui ont été mis au point, les perspectives et les limites de la technique. Les dispositifs de phytoépuration homologués sont décrits et illustrés par des dessins techniques, et une quarantaine de plantes phytoépuratrices sont inventoriées sous forme de fiches qui détaillent précisément leurs exigences,

Que vous soyez élu local attiré par la phytoépuration pour votre collectivité, propriétaire concerné par l'assainissement individuel et intéressé par une technique alternative, ou désireux de vous lancer dans une piscine naturelle ou un bassin de jardin, ou encore agriculteur soucieux de réduire votre impact sur les cours d'eau, cet ouvrage sera pour vous un véritable outil de décision et de compréhension, rassemblant toutes les démarches légales et administratives et les procédures d'intervention possibles.

AYMERIC LAZARIN diplômé en agronomie et en aménagement du territoire, est enseignant et paysagiste.
GUILLAUME LAZARIN, diplômé de biologie, est spécialiste de la phytoépuration et responsable d'un Service public d'assainissement non collectif (Spanc).

Depuis 35 ans, la Scop Terre vivante édite des livres d'écologie pratique, ainsi que le magazine Les 4 Saisons du jardin bio. Terre vivante a également ouvert des Jardins écologiques en Isère proposant des stages pratiques. www.terrevivante.org

Extrait de La phytoépuration : assainissement collectif et individuel, dépollution...

Introduction

Qu'est-ce que la phytoépuration et quels sont ses mécanismes ? La phytoépuration est-elle efficace ? Toutes les applications se valent-elles ? Quels sont les avantages et les inconvénients de cette technique ? Quel est le véritable rôle des végétaux ? Cet ouvrage a pour objectif de répondre à toutes ces questions et de percer les secrets de la phytoépuration. Nous avons souhaité présenter ce livre de façon accessible et pratique. Son plan doit vous permettre de naviguer selon vos attentes et vos problématiques, sans pour autant tout lire de façon linéaire. Ainsi, vous trouverez dans la première partie une présentation de la phytoépuration et de son intérêt vis-à-vis des systèmes traditionnels.
La deuxième partie, certes très technique, vous permettra de comprendre tous les mécanismes de la phytoépuration et le véritable rôle des végétaux. Nous conseillons la lecture de ces deux premières parties à tous : elles sont nécessaires pour mieux comprendre la suite. La troisième partie est une présentation de tous les dispositifs mettant en oeuvre la phytoépuration pour le traitement des eaux usées domestiques. Que vous soyez élu local attiré par la phytoépuration pour épurer les eaux usées de votre collectivité, ou propriétaire concerné par l'assainissement individuel (ou assainissement non collectif) et intéressé par une technique alternative, vous trouverez toutes les informations nécessaires pour vous lancer ! La quatrième partie est consacrée au traitement des eaux usées agricoles, grâce aux zones tampons.
La cinquième partie aborde les autres dispositifs de phytoépuration que vous pouvez mettre en place : piscines naturelles et bassins d'ornement. La sixième partie présente les limites au développement de la phytoépuration, mais aussi ses perspectives, à travers les domaines dans lesquels elle s'étendra vraisemblablement dans les années qui viennent.
Enfin, dans la dernière partie, nous présentons les principales plantes aquatiques et de berge qui peuvent être utilisées en phytoépuration, ainsi que leurs caractéristiques.

*

Qu'est-ce que
la phytoépuration ?

Définition

Dans le langage courant, le terme de «phytoépuration» désigne l'épuration par les plantes. Mais il s'agit en réalité d'un ensemble de techniques associant des processus naturels issus de la combinaison végétaux + substrat + micro-organismes réunie dans un écosystème artificiel doué d'une capacité d'épuration. L'épuration à proprement parler y est effectuée par les micro-organismes, tandis que les plantes et le substrat jouent un rôle complémentaire.
Par ailleurs, il est important de bien faire la distinction entre la phytoépuration, qui désigne l'utilisation des plantes dans l'épuration des eaux, et la phytoremédiation, qui désigne quant à elle la décontamination des sols pollués par les végétaux. Certains spécialistes considèrent que la phytoépuration est une composante de la phytoremédiation.

Un peu d'histoire...

L'idée d'utiliser les plantes pour épurer les eaux usées a germé dans les années 1950-1960 en Allemagne. Jusque-là, il était répandu de penser que ces dernières ne pouvaient pas se développer de façon normale dans des milieux pollués, qu'il s'agisse de pollution domestique, agricole ou industrielle. Ce sont les travaux d'une biologiste, Käte Seidel, qui ont permis de mettre fin à cette idée reçue. En effet, elle a été l'une des premières à mettre en évidence la capacité d'auto-épuration des zones humides, c'est-à-dire leur capacité à assimiler, accumuler et même à dégrader certains types de pollutions. C'est suite à ses travaux que différents dispositifs reproduisant artificiellement les zones humides ont été créés pour reproduire les processus naturels d'auto-épuration. La phytoépuration était née. En France, c'est le Cemagref, aujourd'hui devenu Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture), qui a été le premier organisme public à travailler sur le sujet dans les années 1970-1980.