Les extraits de livres

La France des solutions : ces citoyens qui bâtissent l'avenir
de Jean-Louis Etienne, Reporters d'espoirs

Extrait de l'introduction de Jean-Louis Etienne À l'âge de 14 ans, j'ai fait la liste du matériel dont j'aurais besoin pour partir en expédition dans les Pyrénées en hiver. Je ne savais pas à l'époque que les expéditions structureraient ma vie. Le message que j'aime donner à tous, et particulièrement à la jeunesse, est de persévérer, de résister à la tentation de l'abandon, de cultiver ses ambitions. Poursuivre la voie de nos rêves, même si le chemin est difficile. À cela, on me répond parfois que ce fut plus facile pour moi parce que je suis un passionné. Mais la passion c'est comme le feu, comme l'amour, si vous ne mettez pas de bûches, elle s'arrête ! Et les bûches ne sont pas forcément au fond du jardin, il faut parfois aller loin pour les trouver. À tous les jeunes qui m'interrogent, j'explique que l'aventure professionnelle progresse par seuils et qu'il ne faut pas se décourager. Lorsque, animé par une envie profonde, l'on s'enflamme à l'idée d'avoir trouvé sa voie, le chemin est encore long. L'apprentissage est plus compliqué que nous l'imaginions. On se heurte nécessairement à la concurrence et aux pessimistes qui expliquent qu'il n'y a pas d'avenir dans ce domaine... Porteur d'une envie pure, le soutien et la compréhension, parfois, manquent cruellement. Malgré toutes ces difficultés, il ne faut pas renoncer à son objectif et continuer à croire en la flamme qui nous porte, la rendre plus forte pour résister à la tentation d'abandonner ! Croire en soi, telle pourrait être ma devise, pour réveiller en chacun de nous l'envie de faire quelque chose de sa vie. Je dis souvent aux jeunes : «Votre capital c'est vous. Faites une part du chemin, la vie va faire le reste pour vous» C'est en substance ce que je disais à mes patients lorsque j'exerçais la médecine : «Je vais vous aider mais c'est à vous de faire l'autre part du chemin vers la guérison. Ne croyez pas que la seule prescription d'une boîte de médicaments résoudra tout.» C'est bien ma part de chemin que j'ai suivie dans ma rencontre avec Éric Tabarly en 1976. En revenant de Patagonie, alors que je fais escale à Rio, j'ai envie de rentrer en France par bateau. Je tente d'offrir mes services de médecin à un équipage en escale. Personne ne réagit, mais on me conseille d'aller voir Éric Tabarly : il a un bateau pour la prochaine course autour du monde. Je tremble à l'idée d'interpeller le grand navigateur. Mais je le cherche quand même, en vain. À l'aéroport, alors que je m'apprête à embarquer, je vois une silhouette qui pourrait bien être la sienne. Malgré ma timidité, je me décide à l'interpeller : «Je suis médecin, si vous en cherchez un pour la prochaine course autour du monde, j'y consacrerai du temps. Je ne suis pas navigateur mais je suis sportif.» Je lui parle des montagnes de Patagonie où j'ai séjourné pour faire quelques ascensions. Il m'écoute, silencieux, puis me demande de lui laisser mes coordonnées. Quelques mois après, je reçois une lettre manuscrite de Tabarly, qui me propose d'embarquer pour un an. Sans hésiter, je lâche tout, j'y vais ! Ma part de chemin a fonctionné. Il faut savoir provoquer nos chances et donner le sentiment à notre interlocuteur que nos qualités sont multiples et dépassent ce pour quoi nous discutons.

Machines à voir : pour une histoire du regard instrumenté (XVIIe-XIXe siècles)
de Delphine Gleizes, Denis Reynaud

Extrait de l'introduction «Machines à voir» : c'est ainsi que Jean Paulhan caractérise les papiers collés cubistes. «Machines à voir (comme l'étaient l'appareil à perspective de Brunelleschi, la vitre et la tringle d'Albert Durer et toutes les chambres claires)», similaires dans leur principe et pourtant antagonistes dans leur manière de saisir le monde et son étendue : ici les faux-semblants d'une rationalité «froide» qui a fondé la tradition de représentation occidentale à partir de la Renaissance ; là, sans luxe de moyens, une «émouvante» pauvreté d'effets. Lire le texte de Paulhan, c'est découvrir le dialogue qu'il établit entre des considérations esthétiques et la pensée philosophique contemporaine : une commune manière de construire le regard du sujet sur le monde. C'est de cette approche qu'entend s'inspirer cette anthologie. A l'image de son titre, elle repose sur le principe d'un assemblage singulier Sont évoqués ici des objets en apparence fort divers. Certains sont des instruments d'optique destinés à augmenter la vue humaine tels le microscope ou le télescope ; d'autres enregistrent et produisent de l'image, fixe ou en mouvement à l'instar du phénakistiscope, du praxinoscope, ou de la photographie et de ses multiples déclinaisons comme la chronophotographie ; d'autres encore s'apparentent à des spectacles optiques comme la lanterne magique, la fantasmagorie, le diorama ou le panorama. Ces dispositifs se distinguent également par leurs usages, individuels ou collectifs, scientifiques ou de divertissement, qui mobilisent, de la part de l'opérateur ou du spectateur des stratégies d'appropriation bien différentes. De multiples travaux, anthologies, recueils et catalogues ont déjà été consacrés de manière monographique à une technique - la photographie par exemple - ou à un type de spectacle comme la lanterne magique ou le cinématographe. D'autres ont interrogé ce même corpus dans la perspective d'un genre littéraire ou d'une pratique d'écriture spécifique comme la vulgarisation. D'autres encore ont abordé la question sous l'angle historique, établissant une origine et une «généalogie» de ces dispositifs optiques. D'autres enfin envisagent ces objets selon un angle qui tient de l'histoire culturelle et de l'archéologie des médias. L'originalité de la présente anthologie réside dans son empan chronologique volontairement restreint aux XVIIIe et XIXe siècles, ainsi que dans la volonté d'interroger l'invention et la diffusion des machines à voir en croisant les apports contemporains de différents domaines artistiques et disciplines scientifiques. La perspective, de surcroît, n'est pas chronologique. Il s'agit certes de rendre compte d'évolutions, de progrès, de ruptures, de «premières fois» plus ou moins mythiques : à quoi s'attache particulièrement le premier chapitre qui passe en revue les innovations techniques, du télescope aux rayons x. Mais le propos contribue moins à une histoire des machines qu'à une histoire du regard ou plus précisément du regard instrumenté. Car la période envisagée a non seulement produit des inventions importantes dans le domaine de l'optique mais a vu aussi leur diffusion massive. Les XVIIIe et XIXe siècles sont ainsi comme une parenthèse historique entre un âge où les instruments de la science étaient rares, aux mains de quelques génies singuliers, et un âge - le nôtre - où ces instruments, proliférants, sont redevenus étrangers, parce que trop chers ou trop complexes : nous en connaissons certes le mode d'emploi mais n'en comprenons plus la construction ni n'en maîtrisons les usages. En 1770, à la fin de ses Nouvelles Récréations physiques et mathématiques, l'abbé Guillaume Germain Guyot proposait à la vente des instruments tels que «chambre obscure» (60 livres), «lanterne magique» (18 à 24 livres), «les 3 lunettes magiques» (48 livres) ou la «lunette incompréhensible» (12 livres), mais il venait de consacrer des centaines de pages à en expliquer le principe et même la fabrication. «Je veux que nous fassions nous-mêmes nos machines», écrivait Rousseau quelques années plus tôt. Guyot est représentatif d'une familiarité avec les objets scientifiques, particulièrement dans le domaine de l'optique. Cette culture partagée est un facteur essentiel : sans elle, il est difficile d'affirmer que des instruments nouveaux ont changé la façon dont l'homme regarde le monde. Les objets sont donc indissociables de leurs usages : usage scientifique premier; mais également usages sociaux, en quelque sorte seconds. Cette anthologie entend recueillir les traces de ces pratiques. Afin de restituer la physionomie intellectuelle d'une période, nous avons retenu certains textes célèbres, moments forts dans l'histoire des représentations. Nous avons cependant mis l'accent sur des extraits moins connus, relevant d'une production plus ordinaire, en privilégiant le vecteur principal de savoirs et d'opinion, le support médiatique dans toute sa variété : journaux du XVIIIe siècle, mémoires secrets, mémoires de l'Académie des sciences, magasins pittoresques et autres revues de vulgarisation scientifique au XIXe siècle.

Pliage pour enfants
de Yumika

Que choisir ? Tu peux utiliser toutes sortes de papiers. À toi de donner libre cours à ton imagination pour transformer n'importe quel morceau de papier en un magnifique et rigolo papier à lettres. Papier origami Il existe un très grand choix de motifs et de couleurs. Tu peux également utiliser un papier origami double-face. Cahier, feuille de papier Faciles à trouver à la maison ou à l'école. Papier imprimé Il existe divers papiers avec de jolis motifs. Découpe-le au format que tu veux. Papier à lettres Si la feuille est en A4, il est conseillé de la couper en 2 avant de commencer le pliage. Bloc mémo Son format carré est utile pour faire de l'origami. Post-it Eh oui ! Même avec un Post-it, tu peux réaliser des pliages. Amuse-toi avec les formats carrés ou rectangulaires (voir p. 64) ! (...)

Le quilling : d'inspiration chinoise
de Musée des arts du papier Zhu Liqun

Nombreux sont ceux qui voient le quilling comme un simple loisir créatif occidental, divertissant et décoratif. L'équipe de designers du Musée des arts du papier Zhu Liqun (Zhu Liqun Paper Arts Museum) a pourtant transformé ce passe-temps en véritable pratique artistique, inspirée de la culture traditionnelle chinoise. Maîtriser les bases de cet art est un jeu d'enfant ! Celles-ci vous permettront de personnaliser vos créations. Ce livre doit son originalité à ses influences orientales, notamment aux arts et au symbolisme chinois. Grâce aux connaissances approfondies de l'équipe en art et en littérature, de simples bandes de papier se métamorphosent en signes du zodiaque ou en présages de bon augure. Certaines des oeuvres d'art présentées ici sont inspirées des expressions idiomatiques chinoises, telles que : Une grenouille au fond d'un puits, Une libellule effleurant la surface de l'eau, Un bonheur parfait, etc. Les fleurs sont réalistes ou imaginaires. Les paysages peuvent quant à eux être monochromes et nuancés ou abstraits et exotiques. Dans les leçons de perfectionnement d'un niveau plus élevé, la singularité des caractéristiques du quilling chinois est parfaitement démontrée. Les légendes, proverbes et paysages sont représentés grâce à l'assemblage de multiples éléments produisant des compositions complexes. Ces créations tiennent compte du relief - créé par la superposition de plusieurs couches -, de l'organisation de l'espace et de l'équilibre des couleurs. Le quilling est un art minutieux qui stimule vos talents et laisse s'exprimer votre créativité. Nous vous encourageons vivement à sortir des sentiers battus.

Peindre sur tablette : créer des paysages incroyables
de Matthew Palmer

Introduction En tant qu'artiste professionnel et enseignant depuis vingt ans, j'ai plaisir à utiliser toutes formes d'expression picturale. J'aime réaliser des esquisses et des peintures lorsque je suis dehors, en promenade. À cet égard, l'outil numérique me facilite beaucoup les choses - en effet, il me suffit d'une tablette et d'un doigt pour pouvoir pratiquer mon art où que je sois. La sensation éprouvée en travaillant sur écran tactile est étonnamment similaire à celle ressentie sur un support traditionnel et, si vous utilisez un stylet pinceau, elle est encore plus proche. D'ailleurs, j'adopte la même approche vis-à-vis de la peinture numérique que vis-à-vis : de l'acrylique ou de l'aquarelle. Hormis le fait qu'il présente l'avantage évident de ne nécessiter ni eau ni peintures, l'art numérique obéit aux mêmes principes que l'art «classique». Vous pouvez travailler par couches successives, comme en aquarelle, par exemple en en réalisant une première pour le ciel, une deuxième pour les montagnes de l'arrière-plan et une troisième pour le premier plan. Le principal atout de la peinture numérique, c'est que vous pouvez modifier chaque couche à n'importe quel moment, voire la transformer entièrement. Si vous jugez qu'une montagne au fond est trop imposante, par exemple, vous pouvez changer sa couleur, sa taille ou la supprimer totalement. Ou peut-être venez-vous de peindre un voilier au large, mais voudriez-vous en ajouter un deuxième - l'art numérique vous permet non seulement de dupliquer votre bateau, mais aussi de modifier sa taille, sa position et sa couleur. À l'instar des diverses techniques picturales, les différentes applications pour peindre ont chacune leurs propres caractéristiques, et toutes ont leurs adeptes et leurs détracteurs. De nouvelles se développent et d'autres fonctionnalités viennent enrichir celles qui existent... C'est donc le moment idéal pour vous lancer dans l'aventure ! L'art sur tablette devient vite addictif ; vous pouvez être dans le train ou dans un café et produire un tableau sans eau, sans peinture et sans faire de saleté. Formidable, non ? J'encourage tout le monde a en faire l'expérience ; et vous verrez qu'une fois que vous aurez testé cet outil vous ne pourrez plus vous en passer ! Peindre sans peinture est une forme d'art en soi.