Les extraits de livres

Courir comme on médite : entraîner le corps et l'esprit pour réaliser notre potentiel
de Sakyong Mipham

COURIR COMME ON MÉDITE Nous nous sommes réveillés tôt pour nous faufiler hors du monastère et faire notre course matinale avant le début des cérémonies. Nous avons roulé jusqu'à un bassin de retenue des environs, sommes descendus de la voiture et avons commencé nos étirements. Il n'était que 3 h 30, l'air était encore empli de la fraîcheur de la nuit, et la brume des aurores indiennes s'y accrochait. Nous étions tous un peu nerveux et excités, car nous allions emprunter un nouvel itinéraire. Après avoir glissé le long d'un talus et trouvé le chemin, nous avons commencé à courir à petites foulées - longeant le réservoir d'un côté et, de l'autre, des prairies ouvertes bordant une forêt de teck. Bien qu'aucun de nous n'ait beaucoup dormi la nuit précédente, nous nous sentions très éveillés. Comme nous courions dans l'herbe, Josh Silberstein, mon assistant, m'a demandé : «Devons-nous prendre garde à quoi que ce soit, Rinpoché ?» J'ai aussitôt répondu : «Oui : les cobras, les léopards, les éléphants en liberté. Oh, et puis, éventuellement, les meutes de chiens sauvages.» Josh a ri, puis a insisté : «Non, vraiment, à quoi devons-nous faire attention ?» Il a observé mon visage et a dit : «Oh, vous ne plaisantez pas.» J'ai rétorqué : «Pas sur ce sujet.» A cet instant, pour lui, la course a changé de nature. Nous avons franchi des trous larges de 1 mètre et d'imposants monticules, poussiéreux et odorants, réalisant rapidement qu'il s'agissait de pistes d'éléphants et de tas d'excréments. Nous avons traversé des étendues dégagées qui m'ont fait penser à la savane africaine. Puis le chemin s'est dirigé vers la forêt, luxuriante et dense, vestige de la grande forêt de teck qui couvrait autrefois la plus grande partie du subcontinent. De temps à autre, nous voyions passer quelqu'un portant un panier. Le mouvement cadencé de nos pieds engendrait aisance et détente dans nos corps, revigorés par l'air frais. Nous restions vigilants et constamment conscients de l'environnement, ce qui nous aidait à être présents dans l'instant. Même si nous ne parlions guère, il y avait entre nous une camaraderie au-delà des mots, un sentiment profond d'appréciation du fait d'être en vie et en bonne santé. Nous nous sentions chanceux de pouvoir courir. Ce n'était pas une course ordinaire : nous nous entraînions pour le marathon de Boston, qui aurait lieu seulement 2 mois plus tard. Heureusement, nous n'avons pas rencontré trop d'animaux sauvages en jouissant ainsi de l'Inde sauvage. (...)

Traduire le théâtre
de Céline Frigau Manning, Marie Nadia Karsky

TRADUIRE LE THÉÂTRE Une communauté d'expérience Céline Frigau Manning Marie Nadia Karsky La question de la traduction théâtrale fait l'objet, depuis les années 1970 au moins, de nombreuses études concentrées sur la spécificité d'une mission à l'interface entre le texte et la scène, entre les temps du traduire et du jouer. La dimension physique et matérielle du texte entre alors tout particulièrement en jeu, incarnée par l'acteur après avoir été sondée par le traducteur, dont le corps - voix, souffle, gestes ou encore déplacements -sert de premier vecteur à la matérialité du texte. «Projection dans l'utopie de la représentation», selon les mots d'Éloi Recoing, la traduction théâtrale est un appel à se projeter dans la bouche et le corps des acteurs. Cet élan vers le corps de l'autre que constituent la pratique traductive et la réflexion qui l'accompagne ne doit certes pas occulter le corps du traducteur, car traduire, c'est bien engager son propre corps face au corps du texte : Déjà tu t'engages à lire le texte à haute voix. Comprendre, entendre la tessiture d'une voix. Ne faut-il pas que le texte soit ouï ? Parole en acte que celle du théâtre. Tu voudrais que ton corps garde mémoire du rythme de l'écriture. Car tu pressens que c'est le rythme qui rend la forme visible. Ainsi commence le corps à corps avec l'écriture de l'Autre. [...] Tu remets tes pas dans les pas d'un autre, tu reconnais dans l'écriture étrangère la trace d'un corps écrit, tu respires au rythme de l'Autre ou du moins tu le crois. Une telle expérience suppose bien sûr de s'attacher à l'«oralité» du texte à traduire et du texte traduit, à condition que cette notion soit entendue dans toute sa complexité : le traducteur est à l'écoute de voix en puissance, anticipant les voix d'autrui, soucieux de dire avant de traduire, de dire pour traduire. Or trop souvent, l'accent est mis sur la performability : concept anglophone réputé difficile à traduire, généralement désigné en français sous le terme de «jouabilité», il est régulièrement réduit à celui de speakability, comme le regrette notamment David Johnston. Se demander, selon les expressions courantes, si le texte traduit «sonne bien» ou «juste», ou encore s'il «passe bien à l'oral», reste en effet limité. Patrice Pavis a justement souligné combien la traduction théâtrale résiste à toute catégorisation a priori : «la traduction théâtrale n'est jamais là où on l'attend : non pas dans les mots, mais dans les gestes, non pas dans la lettre, mais dans l'esprit d'une culture, ineffable mais omniprésente». La dimension corporelle, étroitement liée à une culture comme expérience partagée, n'intervient pas que dans un second temps, dans le passage du texte de la page à la scène, dans le transfert vers le corps de l'acteur : elle est au fondement même du geste de traduire. Respirant le corps de la pièce qu'il a face à lui, le traducteur ne s'efforce pas seulement de respirer au rythme de celle-ci, mais encore de lui donner le souffle qui, pour un Vilar, ferait justement défaut aux textes traduits. C'est là un travail corporel et spirituel à la fois, véritable «corps à corps avec l'écriture de l'Autre». Le titre du présent volume affirme le projet qui nous a réunis : interroger, y compris dans sa corporalité, la dimension plurielle de la traduction pour le théâtre, communauté d'expérience. (...)

Le rendez-vous
de Julie Colombet

Lapinou est assis sur un gros caillou. «Que fais-tu ? demande Écureuil. - J'attends», répondu Lapinou. Écureuil s'installe alors à son tour. «Que faites-vous là ? interroge Rouge-gorge. - On attend, répond Écureuil. Tu veux te joindre à nous ? - Chut !», dit soudainement Lapinou. Tous les trois attendent alors en silence.

The legend of Robin Hood
de Annie Sussel

Robin Hood was an outlaw who lived in Sherwood Forest with his Merry Men. In order not to be seen, they wore green clothes. Robin des Bois était un hors-la-loi qui vivait dans la forêt de Sherwood avec ses joyeux compagnons. Pour ne pas être repérés dans la forêt, ils s'habillaient toujours en vert. King Richard the Lionheart was away on a crusade. His younger brother John usurped the throne. He was very cruel to the poor. Alors que le roi Richard Coeur de Lion était parti en croisade, son jeune frère, Jean, s'empara du trône. Il était sans pitié avec les pauvres gens.

The tale of Alice in Wonderland
de Annie Sussel

On a hot summer day, Alice is reading a book under a tree with her elder sister. Suddenly, she sees a white rabbit run into a hole and she follows him. Par une chaude journée d'été, Alice lit un livre sous un arbre en compagnie de sa soeur aînée. Soudain, elle voit un lapin blanc entrer en courant dans un trou. Elle le suit.