Les extraits de livres

Enquêtomania : 16 énigmes à résoudre
de Valérie Sansonnet

Le dictionnaire Larousse junior, 7-11 ans, CE-CM
de Collectif

Le succès est en vous : identifiez et développez votre don véritable pour réussir votre vie
de Steve Harvey

Extrait de l'introduction Votre génie vous interpelle... Lui répondrez-vous ? À peine sorti du plateau de l'émission The Steve Harvey Show, je me suis retrouvé assis à côté de Cedric «the Entertainer» dans un jet privé. Bernie Mac, Ced et moi allions ressusciter «The Kings of Comedy» en tournée. Dans la cabine, tout le monde dormait. Par le hublot, je voyais les lumières de la ville étinceler au-dessous de nous. Soudain, mes larmes se mirent couler. À ce stade, je n'avais pas encore pris conscience de tout ce que j'avais réussi. Pouvoir voyager dans un jet privé commandé par les promoteurs de la tournée me remplissait de stupéfaction. J'ai songé au tour qu'avait pris ma vie. Dans ma jeunesse, on me disait que je n'arriverais jamais à rien. Mais j'avais réussi à survivre au chômage, à l'absence de domicile, aux petits boulots. J'avais dit adieu au nettoyage des moquettes et à la vente d'assurances. Soudain, un formidable sentiment de réussite m'a envahi et mes larmes ont redoublé. Mes rêves étaient en train de se réaliser. J'avais voulu être l'un des premiers humoristes du pays, et c'était le cas. L'annonce de la tournée nous présentait comme les rois de l'humour - The Kings of Comedy - et cela, nous l'avions prouvé. Les recettes étaient du jamais-vu. La tournée avait rapporté 58 millions de dollars ! C'est à ce moment-là, dans ce jet, que j'ai pris conscience de ce que signifiait le succès : la joie, la satisfaction, et le sentiment d'avoir accompli la volonté divine. Tout cela n'a rien à voir avec la voiture que je conduis, la maison que j'habite ou les costumes que je porte. Une partie de mon succès dépend effectivement de l'argent que je gagne et de l'usage que j'en fais pour ma famille et pour moi-même. Mais tous ceux qui me connaissent vous diront que c'est seulement la pointe de l'iceberg. Pour moi, le succès consiste à être marié à la femme de mes rêves, à qui je donne le meilleur de moi-même, à aimer mes enfants et à avoir la chance de collaborer avec eux dans mon métier, à travailler tous les jours d'arrache-pied à ce qui me passionne. Vous le diriez peut-être autrement mais nous désirons tous plus ou moins la même chose : la paix de l'esprit, des amis et une famille aimante, la santé et le confort matériel. Quelle que soit votre définition du succès, l'objet de ce livre est de vous mettre sur la bonne voie. Si vous avez pris la peine d'acheter cet ouvrage, c'est que vous voulez sérieusement changer votre vie et profiter de ce que le monde a à vous offrir. Et je ne vous laisserai pas tomber. Ces pages s'adressent à tous : étudiants, jeunes diplômés en recherche d'emploi, retraités en quête d'un nouveau but, quadragénaires au sommet de leur carrière. Elles vous sont destinées si vous débutez dans la vie, si vous avez cessé de lutter, si vous avez déjà fait votre trou et que la motivation vous manque pour continuer à avancer. Elles vous sont destinées si vous avez échoué, si vous avez déjà parcouru une bonne partie du chemin et que l'incrédulité vous gagne à l'idée que la vie n'ait rien d'autre à vous offrir. Mon premier livre, Soyez femme, mais pensez comme un homme, a aidé des millions de femmes à poser un oeil neuf sur leurs relations et sur leurs comportements amoureux. Celui-ci a pour but de vous aider à définir vos objectifs existentiels et à trouver les moyens de les atteindre. Mon livre précédent s'adressait aux femmes ; celui-ci s'adresse à tous, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, actifs et retraités. Quel que soit le stade où vous en êtes, vous trouverez dans les exercices que je vous propose de quoi enrichir votre expérience.

Thomas et Alexander Huber : à corde tendue
de François Carrel

Extrait de l'avant-propos Ce n'est qu'à quelques heures de sauter dans un avion en partance pour l'Himalaya pakistanais, ce 15 juin 2015, qu'Alexander et Thomas Huber m'ont donné, chacun à leur tour, leur accord formel à l'écriture de cette biographie, par deux e-mails laconiques. À 48 ans et 46 ans, ces deux Bavarois, chevelus, athlétiques, ouverts et dynamiques, à la fois frères et compagnons de cordée, n'étaient pourtant pas arrivés à l'heure de dresser un bilan final de leurs carrières : dans quelques jours, ils allaient s'attaquer ensemble à une fantastique muraille himalayenne, la sauvage face nord du Latok, devenue mythique pour avoir repoussé toutes les tentatives des plus grands alpinistes depuis près de quarante ans ! Le défi de ce livre ne s'arrête pas à cette dimension sportive. Ce n'est en effet pas d'une simple biographie dont il s'agit, mais bien de deux, conjointes et entremêlées. Thomas et Alexander sont frères, ils ne sont pourtant pas jumeaux, loin de là. Ils ne se confondent pas avec leur cordée, ils ont chacun leur personnalité et leur histoire bien distincte. Thomas, l'aîné et le plus grand des deux frères, le plus fougueux et expansif, est adepte d'un alpinisme instinctif et spontané. Enthousiaste, le corps tatoué et zébré d'innombrables cicatrices, il est attiré plus que tout par l'impossible et le défi physique et moral. Alexander, le cadet, plus réservé, est cérébral et méthodique, maître absolu de la performance technique, mentale et physique sur le rocher, adepte du solo intégral, âme généreuse et joyeuse mais secrètement cabossée. Ils ne seraient néanmoins jamais allés aussi loin s'ils n'avaient pas été deux, s'ils ne s'étaient mutuellement poussés en avant dès l'enfance, aiguillonnés sans relâche par un mélange détonnant de complicité et de concurrence fraternelle. L'histoire de leur cordée, autant que celle de leurs parcours individuels respectifs, est celle d'une longue, tumultueuse et féconde relation entre deux frères. Aussi proches que différents l'un de l'autre, ils oscillent depuis leur enfance entre fusion et autonomie, complicité et rivalité, admiration et jalousie. Frères d'arme, ils sont aussi souvent frères en armes, s'opposant l'un à l'autre. S'ils ont connu des phases de convergence exceptionnelles, leur permettant de réaliser ensemble des performances inédites, ils se sont souvent séparés, parfois abruptement, pour réussir de grandes ascensions chacun de leur côté, les succès de l'un provoquant souvent en réaction ceux de l'autre... Le troisième enjeu de ce récit est de parvenir à dépasser le fossé culturel qui nous sépare de Thomas et Alexander. Alpinistes professionnels, ils jouissent d'une large célébrité en terres germanophones où on les surnomme les Huberbuam, ou «garçons Huber» en dialecte bavarois. En Allemagne et en Autriche, mais aussi en Suisse et en Italie germanophones, des centaines de milliers de personnes ont assisté avec enthousiasme à leurs innombrables diaporamas. Les films réalisés sur leurs aventures ont été diffusés des centaines de fois à la télévision et ont rempli les salles de cinéma. Certains de leurs livres ont été vendus à des dizaines de milliers d'exemplaires. Hors des pays de langue allemande en revanche, et en France en particulier, les frères Huber restent méconnus. La société hexagonale de l'alpinisme et de l'escalade elle-même n'a, le plus souvent, pas montré de grande passion pour leur parcours et leurs personnalités. Aucun de leurs nombreux livres n'a été traduit en français. On leur reproche parfois leur professionnalisme dans la communication, porté à un degré presque sans équivalent chez nous. Il faut dire qu'on les a peu vus grimper en France et qu'ils ne parlent pas notre langue ; ils font de fait partie d'un monde alpin germanophone largement ignoré de notre côté des Alpes. L'immense famille des montagnards de langue allemande, à la superbe vitalité sportive, culturelle, économique et historique, nous reste étrangère. Question de langue, bien sûr, mais d'héritage historique aussi. Les traumatismes des deux guerres mondiales qui ont dressé les peuples allemand et français l'un contre l'autre n'ont pas totalement disparu et dans le champ alpin, tout nous sépare : nos références, nos histoires, nos héros, nos cotations de difficulté, nos sommets favoris... Le terrain de jeu de cette société montagnarde germanophone s'étend sur les massifs alpins de Suisse, d'Autriche, d'Allemagne et même d'Italie, puisque le versant nord des Dolomites, ou Tyrol du Sud, était autrichien jusqu'en 1918 et qu'on y parle toujours allemand. Les alpinistes de cette immense portion des Alpes, à la culture partagée, forment une forte communauté en montagne, se sont toujours associés pour faire progresser leur discipline et sont souvent restés entre eux. Les grands noms de l'alpinisme germanique, Paul Preuss, Hans Dülfer, Herman Buhl, Reinhold Messner, Wolfgang Güllich, Kurt Albert, Kurt Diemberger, Hans Kammerlander, Reinhard Karl et les autres ont tous réalisé leurs premiers faits d'arme sur les massifs germaniques, des Dolomites italo-autrichiennes au Frankenjura allemand, en passant par le Tyrol autrichien et le Valais suisse. Thomas et Alexander Huber, depuis leurs débuts, se sont toujours inscrits dans la référence à ces grands aînés et ont marqué à leur tour l'histoire de ces montagnes.

Qui a tué lady Di ?
de Jean-Michel Caradec'h

Chapitre 1 La planche semble sortie de nulle part, projetée dans le ciel de Sardaigne entre mer et nuées. Une femme est assise à son extrémité, suspendue dans le temps et l'espace, au bord du vide. Elle n'a pas vu la mouette, au-dessus de sa tête, colombe rapace que les Napolitains appellent gavina. Elle penche la tête sur son épaule, cassant la courbe parfaite de son dos cambré, maintenant l'équilibre de ses bras tendus, solidement arrimés aux rebords du plongeoir. Son regard est tourné vers l'arrière, en un mouvement de refus, saisissant geste de répugnance face à l'abîme. Ses jambes immobiles devenues inutiles pendent sans vigueur, prolongées par des pieds si grands et robustes qu'ils en deviennent incongrus. Le soleil sculpte les ombres de son corps, chauffe ses épaules et le casque doré de ses cheveux, peignant, à la manière d'un Sandro Botticelli, Vénus à l'été de sa vie. Un chaste costume de bain lisse sa silhouette d'une seule pièce, et souligne ses formes d'une savante indiscrétion, découvrant ses cuisses longues et ses genoux ronds ambrés de lumière. Un fragment du temps, saisi par le photographe James Andanson, au moment paradoxal où le corps de cette femme exprime, dans la même posture, le désir d'un élan audacieux, contrarié in extremis d'une soudaine contraction. Diana Spencer n'a plus que neuf jours à vivre. Si on élargit le cadre de ce cliché, figé pour l'histoire le 22 août 1997, l'écran s'anime comme un film de vacances. Le plongeoir est déployé depuis l'arrière d'un gros yacht de 63 mètres, le Jonïkal, propriété du milliardaire égyptien Mohamed Al-Fayed. Sur la gauche, des gardes du corps, embarqués sur une annexe, patrouillent jumelles aux yeux pour empêcher toute approche inopportune. Au large, chevauchant des jet-skis, les paparazzi montent la garde, cernant le navire d'une ceinture d'astéroïdes. Au loin sur le littoral, un photographe rampe dans les rochers, dérangeant une colonie de mouettes qui s'envolent en poussant des cris aigus. Au garde-à-vous sur le pont arrière, une ombrelle déployée à la main, un marin se tient prêt à satisfaire la moindre sollicitation. Le yacht ronronne sobrement, ses moteurs de 3 760 chevaux au ralenti rejettent l'eau et la vapeur de refroidissement par deux pots qui crachotent et hoquettent alternativement. Du métal surchauffé s'élève une brume tremblotante, parfumée des effluves d'herbes séchées qui arrivent par bouffées du littoral et des senteurs d'iode et de sel où persistent des traces tenaces de combustions incomplètes. Avant de s'installer en bout de planche, Diana a pris plusieurs poses : s'avançant façon mannequin sur un podium ; debout, méditant face à la mer ; assise, les bras croisés sur ses jambes repliées; allongée sur le côté en naïade. D'un naturel soigneusement apprêté, elle poursuit par l'entremise des photographes, et pour les yeux avides du public, un dialogue muet avec la famille royale. (...)